CHAPITRE CINQUIÈME
Système nerveux ganglionnaire ou grand sympathique.
Les relations intimes existant entre les nerfs de l’organe optique et le grand sympathique nous obligent de décrire ce dernier pour ce qui a rapport à notre sujet.
Situation. Le grand sympathique est un chapelet de ganglions, étendu de chaque côté de la colonne vertébrale depuis la première jusqu’à la dernière vertèbre.
Structure. Les ganglions sympathiques sont autant de petits centres nerveux unis entre eux par des filets intermédiaires et résultant de nombreuses anastomoses arcadiformes et d’un certain nombre de filets nerveux de deux ordres moteurs et sensitifs , cérébro-rachidiens, mêlés à de la substance grise.
D’après Bichat et plusieurs autres anatomistes modernes, le grand sympathique n’est point un nerf continu, il est le résultat d’une série de ganglions qui, par leur réunion, forment des paires symétriques, comme les nerfs vertébraux et sont à la fois sensitifs et moteurs. Ce tronc ganglionnaire ne possède même pas de fibres primitives qui lui soient propres.
Le grand sympathique a une foule de connexions, il reçoit des fibres motrices et des fibres sensitives, des deux ordres de racines des nerfs rachidiens. Chaque ganglion est moteur et sensitif h la fois, et possède en outre un filet de liaison nommé sympathique qui communique avec les ganglions voisins ou bien avec des nerfs crâniens moteurs et sensitifs.
Les racines sensoriales du grand sympathique, c’est à-dire celles qui proviennent des racines spinales postérieures, présentent toutes des ganglions sur leur trajet.
Fondions du grand sympathiqtie. Le système nerveux ganglionaire n’est point indépendant du système nerveux de la vie de relations, au contraire son existence est indispensable au système nerveux céphalo-rachidien, et vice-versâ.
Il a principalement pour fonction de réunir le système nerveux de la vie végétative avec celui de la vie animale : en un mot, il préside à la vie nutritive des parties où il se rend.
Distribution. La distribution du grand sympathique se fait aux membranes muqueuses, aux organes glanduleux et aux parties douées de mouvements volontaires.
Chaussier et Ribes, ont démontré que ce système ganglionnaire envoyait des filets à la membrane rétine, et concourait aussi à former les nerfs de l’iris au moyen du filet qui va aboutir au ganglion ophthalmique. Cette anastomose normale fait comprendre le mécanisme de la dilatation pupillaire et de l’obscurcissement de la vue, qui surviennent après la section de la partie cervicale du grand tronc sympathique (Petit 1712).
Enfin, le grand sympathique communique encore avec le nerf moteur oculaire commun, le moteur oculaire externe, et le trijumeau.
Remarque. Les vomissements qui surviennent après une opération oculaire ne dépendent pas du grand sympathique, puisqu’il a été mis hors de doute par les expériences de Longet, que les contractions de l’estomac sont exclusivement sous l’influence nerveuse du pneumogastrique et du spinal réunis.
Article I.
Ganglion cervical supérieur.
Situation. Le ganglion cervical supérieur est un petit centre nerveux végétatif, d’une teinte gris-rougeâtre, situé sur la partie latérale supérieure du cou à deux ou trois centimètres au-dessous de la base du crâne, derrière l’angle de la mâchoire inférieure. Ce ganglion existe constamment. Il possède beaucoup de connexions avec des organes, des nerfs voisins, et avec les autres ganglions cervicaux opposés, moyens et inférieurs.
Volume. Il est très -variable.
Forme. Elle est ordinairement ovale.
Lobstein rapporte avoir parfois trouvé ce ganglion bifurqué, et même double.
Structure. C’est un amas de fibres ganglionaires inextricables, mêlées à de la substance grise pulpeuse.
Ramifications. Nous renfermant dans le cadre de notre sujet, nous disons que le ganglion cervical supérieur a des liaisons avec le moteur oculaire commun par l’intermédiaire des filets carotidiens du ptérygoïdien, le moteur oculaire externe, avec la branche ophthalmique, le ganglion semi-lunaire ou de Gasser appartenant à la division du trijumeau. Ce ganglion a encore des anastomoses<avCc le ganglion sphénopaïatin ou fie Meckel, le ganglion ophthalmique, le nerf facial et le pneumo-gastrique, etc.
Le ganglion cervical supérieur reçoit ses racines motrices du nerf moteur oculaire commun, du moteur oculaire externe, etc. Ses racines sensitives lui sont fournies par le trijumeau, le pneumo-gastrique et par d’autres nerfs : ses filets sympathiques établissent ses relations avec le ganglion ophthalmique et le Sphéno-palatin. Presque toutes ces anastomoses ont lieu dans le sinus caverneux. Ce même ganglion en* voie aussi par anastomose des filets à la conjonctive et à la glande lacrymale.
Article II.
Ganglion sphéno-palatin ou de Meckel.
Situation. Le ganglion sphéno-palatin est situé dans la fente ptérygomaxillaire, en dehors du trou sphéno-palatin.
Forme. Il est triangulaire.
Distribution. Ce petit centre nerveux végétatif fournit par ses angles antérieurs plusieurs filets distincts qui se distribuent aux parties voisines ; et, par son angle postérieur, il donne le rameau ptérygoïdien ou vidien lequel se divise en filets carotidiens qui vont jusqu’à la rétine. Ce ganglion communique aussi avec le nerf maxillaire supérieur, le moteur oculaire externe, le ganglion cervical supérieur par l’intermédiaire d’un filet carotidien venant du ramean ptérygoïdien sus-mentionné.
Remarque. Dans le sinus caverneux, le filet carotidien ou ascendant du ganglion cervical supérieur, avant de parvenir jusqu’au nerf moteur oculaire externe, offre souvent, sur ses divisions, de petits renflements
ganglionaires nommés par le professeur Burggrave et par d’autres, ganglions caverneux ou carotidiens. F. Petit, et C. Schmiedel avaient déjà décrit ces renflements. Ils n’existent pas toujours d’une manière constante.