CHAPITRE HUITIÈME
Des annexes de l'œil.
Les parties accessoires de l’organe visuel se composent des six muscles de l’œil, des paupières (organes composés), de l’appareil lacrymal, du muscle orbiculaire, du muscle élévateur palpébral, du muscle sourcilier, du muscle dilatateur du sac lacrymal, des cils, des sourcils, de nerfs, d’artères, de veines et de vaisseaux lymphatiques, etc.
Article I.
Myographie oculaire.
Aperçu général. Le système musculaire du globe visuel peut être
divisé en interne et en externe : l’interne comprend les muscles ciliaires déjà décrits ; l’externe se compose de six muscles qui ont reçu des noms différents suivant leur direction, leur siège, leurs fonctions, suivant l’expression qu’ils donnent aux regards, et les passions qu’ils peignent.
Tels sont le muscle droit supérieur ou réléveur ou superbe ;
» droit inférieur ou abaisseur ou humble ;
» droit interne ou adducteur ou liseur ;
» droit externe ou abducteur ou dédaigneux ;
» oblique supérieur ou grand oblique ou grand
rotateur;
» oblique inférieur ou petit oblique ou petit rota-
teur.
Par exception, quelques-uns de ces muscles peuvent manquer originairement (Bonnet, Sepulchr ont rencontré cette anomalie chez les anencéphales et les hydrocéphales de naissance).
Seiler a constaté dans plusieurs autopsies l’absence de quelques muscles de l’œil chez des personnes bien constituées du reste.
Article II.
Des muscles droits de l’œil .
Considérés collectivement les quatre muscles droits sont des faisceaux charnus, minces, allongés, tendineux à leurs extrémités, de forme semblable et ayant une même direction.
Situation . Les muscles droits sont situés dans l’orbite, depuis le trou optique jusqu’au miroir oculaire et circonscrivent l’œil.
Attaches. Bonnet de Lyon a démontré, par des travaux récents, que les muscles droits de l’œil avaient trois insertions distinctes. Ces muscles prennent attache postérieurement au pourtour du trou optique, par une aponévrose annulaire, mince ; de là, ils se dirigent autour du nerf optique, et après un petit trajet, ils s’élargissent pour se bifurquer.
Une des bifurcations s’attache à la capsule fibreuse, {fada sous conjonctival ), et l’autre à la sclérotique, aux endroits correspondant à leurs noms, à Une ou à deux lignes de la cornée. Cette double insertion antérieurement ou cette disposition anatomique fait connaître pourquoi, après l’opération du strabisme, lorsqu’un muscle a été coupé, une partie de son action est encore manifeste. Dans ces sortes de cas, Tinsertion scléroticale seule a été divisée, tandis que l’insertion à la
fibreuse a échappé au tranchant ; delà persistance dans les contractions du muscle entamé ; ces contractions musculaires se transmettent encore à l’œil par l’intermédiaire du facia-oculaire, mais elles sont affaiblies. Ainsi, pour que la myotomie oculaire réussisse dans les indications voulues, il faut couper à la fois les deux attaches antérieures du muscle que l’on veut diviser.
Fondions. Les quatre muscles droits de l’œil agissent tout à la fois sur la direction et sur la forme de cet organe. Meyer de Zurich admet que la position de l’œil a de l’influence sur son changement d’accommodation. Ainsi, dans ses expériences à l’aide de l’optomètre, il a trouvé sur lui-même, que la position de l’œil en dedans donnait la distance la plus rapprochée (40 lignes).
Lorsque ces quatre muscles fonctionnent séparément, ils attirent l’œil de leur côté. Mais si les six muscles de l’œil agissent ensemble, ils accommodent cet organe aux objets plus ou moins distants, ils lui impriment divers changements de forme, de direction, ils attirent l’œil vers le fond de l’orbite, et le rendent presque immobile : dès qu’ils se relâchent, l’œil est porté en avant ; s’ils agissent successivement, l’œil exécute un mouvement de circumduction.
Tous ces muscles ont encore une action prononcée sur les paupières par l’intermédiaire du facia-orbitaire. Nous devons ajouter que l’action du muscle droit supérieur est d’autant plus évidente qu’il fonctionne avec l’élévateur palpébral.
Voici maintenant l’opinion du docteur Ruele de Gôttingen sur les fonctions des six muscles de l’œil ; (traduction du docteur Binard, dans le 18me volume des Annales d' oculistique.
« Le principe qui doit servir à apprécier les mouvements de l’œil * repose entièrement sur la mécanique : c’est celui d'après lequel on calcule la rotation d’une sphère se mouvant librement mais fixée dans l’espace et pouvant se diriger dansles trois dimensions.
« La sphère, pour se tourner vers toutes les dimensions de l’espace, doit avoir trois axes de rotation. En effet, la rotation d une sphère se fait d’autant mieux et s’accomplit avec d’autant moins de dépense de forces, que celles-ci sont disposées de manière que les axes de rotation se rencontrent à angle droit.
« Les quatre muscles droits de l’œil suffisent complètement pour imprimer à l’axe visuel une direction désirable quelconque, s’il s’agit de la rotation du globe oculaire vers deux directions de l’espace, savoir: la verticale et l’horizontale ; les obliques, au contraire, affectent la