‹ Mémoires sur divers sujets de médecineChapitre 17 sur 21 · GS · texte numérisé non relu

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dotation vers la troisième direction de l’espace. Les muscles obliquer ne servent qu’à maintenir les méridiens verticaux et horizontaux des deux yeux dans un état de parallélisme constant, mais pas dans l’état horizontal ou vertical. Cela est nécessaire et suffisant dans la vision simple au môyen des deux yeux. Mais ni les muscles droits, ni les muscles obliques n’entrent pour rien dans la faculté d’accommodation de l’œil pour les objets distants ou peu distants.

« Les quatre muscles droits sont antagonistes des deux obliques : les muscles droits portent le globe en arrière, les obliques, en avant. Si un des quatre muscles droits est coupé, le globe proémine un peu hors de l’orbite ; si un des obliques est divisé, il s’enfonce plus profondément dans cette cavité.

a Les deux obliques sont, conjointement avec le droit externe, antagonistes du droit supérieur, de l’inférieur et de l’interne. Les muscles doivent constamment agir de manière que les axes visuels se croisent toujours sur un point de l’objet qu’on regarde et que la rétine soit toujours orientée verticalement et horizontalement vers cet objet.

« Il est nécessaire, pour le libre exercice de la vue simple et distincte, qu’il y ait disposition harmonique des axes visuels et des méridiens correspondants des deux yeux. Ceci ne peut résulter que de la fonction harmonique des deux yeux.

« Cette dernière est la suite secondaire et nécessaire de l’identité des points correspondants des deux rétines, mais n’est pas le résultat d’un consensus congénital dépendant de la distribution particulière des nerfs ou de tout autre rapport anatomique.

« Les mêmes muscles agissent, selon les besoins, tantôt comme congénères, tantôt comme antagonistes. »

Remarque. M. Szokalski, entre autres médecins, prétend que les. muscles rotateurs de l’œil ont une influence particulière sur la vision.

Rapport des muscles de l’œil. Les rapports de chacun de ces muscles doivent être étudiés isolément.

Article III.

Du muscle droit supérieur de l'œil.

Rapports. En avant il recouvre l’œil et le tendon du muscle grand rotateur, en arrière, le nerf optique, l’artère ophthalmique et le rameau nasal du nerf ophthalmique. A sa face externe, ce muscle est recouvert par l’élévateur palpébral.

Artères Elles proviennent de la branche lacrymale de de l’ophthal-

Clique ; de îa musculaire supérieure et parfois de la sus-orbitaire venant de la même source.

Veines. Ce sont des rameaux provenant de la division de la veine ophthalmique et des ciliaires.

Nerfs. Le muscle élévateur de l’œil reçoit ses filets nerveux du rameau supérieur du nerf moteur oculaire commun.

Article IV.

Du muscle droit inférieur de l'œil.

Rapports . Ce muscle correspond en bas au périoste de l’orbite, en haut, au nerf optique dont le sépare une branche de la troisième paire.

Artères. Ce sont des ramuseules de la branche lacrymale, de la nasale, de la musculaire inférieure Venant de l’ophthalmique , de la sou s-orbitaire de la maxillaire interne.

Veines. Le second rameau de la division de l’ophthalmique, ainsi que les ciliaires, donnent des veines à ce muscle.

Nerfs. Le muscle abaisseur de l’œil reçoit son stimulus du rameau moyen du nerf moteur oculaire commun, lequel rameau se distribue en même temps au muscle petit oblique et au droit interne.

Article V.

Du muscle droit interne de l'œil.

Rapports. Il correspond en dedans à l’orbite, et en dehors au nerf optique.

Artères. Les ramifications artérielles qui se rendent au muscle adducteur de l’œil proviennent de la branche lacrymale et de la muscur îaire inférieure venant de l’ophthalmique.

Veines. Ce sont les ramifications terminales de Tophthalmique et les veines ciliaires.

Nerfs. Ils émanent du rameau inférieur du nerf moteur oculaire commun ou troisième paire.

Article VI.

Du muscle droit externe de l’œil.

Rapports. En dehors, le muscle abducteur communique au périoste de l’orbite, à la glande lacrymale; en dedans, au nerf optique, au nerf moteur oculaire externe et au ganglion ophthalmique.

Artères. Elles partent de la branche lacrymale et de la musculaire inférieure venant de l’artère ophthalmique.

Veines . Le muscle abducteur reçoit ses veines du second rameau de la division de l’ophthalmique et des veines ciliaires.

Nerfs. Le muscle droit externe de l’œil tire ses nerfs du moteur oculaire externe ou sixième paire.

Article VIL

Des muscles obliques ou rotateurs de l'œil.

Ils sont au nombre de deux :

A. Un supérieur ou grand oblique ou grand rotateur.

B. Un inférieur ou petit oblique ou petit rotateur.

Du muscle grand oblique (grand rotateur).

Attaches. Ce muscle est très-long, recourbé et tendineux vers son milieu et à ses extrémités ; il part du côté interne du trGu optique et en partie du sphénoïde, pour se diriger en avant vers la poulie au côté interne et supérieur de l’orbite ( apophyse orbitaire interne ) ; de là, il prend une autre direction pour aller s’attacher à la partie supérieure et externe de la sclérotique et au facia sous-conjonctival voisin.

Rapports et situation. Dans sa portion charnue, le grand rotateur correspond en dedans à l’orbite; en dehors, au nerf optique; en haut, à l’élévateur ; en bas, à l’adducteur. Son tendon est placé entre la conjonctive, l’élévateur et le globe de l’œil.

Fonctions. Agissant isolément, ce muscle fait exécuter à l’œil un mouvement de rotation en dedans sur son axe sans se déplacer.

Artères. Elles sont ordinairement des ramifications de la musculaire supérieure, de la palpébrale inférieure venant de l’ophthalmique. Parfois aussi, la frontale fournit quelques ramuscules.

Veinés. Elles émanent d’un rameau provenant de la division de l’ophthalmique.

Nerfs. Le grand oblique reçoit des rameaux du nerf pathétique, et un fdet du rameau externe du nerf nasal de l’ophlhalmique.

Article VII I.

Du muscle petit oblique (petit rotateur).

Attaches. Ce muscle est grêle, plus court que le précédent, prend attache à la partie antérieure et interne du plancher de l’orbite ; de là, il se dirige vers la partie inférieure et externe de l’œil.

Rapports et situation. 11 est situé sur le devant de la paroi inférieure

âe l’orbite entre le globe de l’œil qui est en haut, le plancher de la cavité orbitaire et l’abducteur qui sont en bas.

Fonctions. Le petit rotateur porte l’œil en avant et la pupille se tourne en haut et en dehors.

Ce muscle imprime au globe oculaire un mouvement de rotation en dehors sur son axe sans déplacer l’œil.

Artères. Le petit oblique est alimenté par un rameau inférieur de l’artère musculaire inférieure venant de l’ophthalmique et par un rameau de la sous-orbitaire venant de la maxillaire interne.

Veines. Un rameau de l’ophthalmique fournit les veines au petit oblique.

Nerfs. Ce sont des filets du rameau externe, du nerf moteur oculaire commun. De plus, le petit rotateur de l’œil reçoit parfois quelques filets du rameau lacrymal.

Le filet nerveux de la troisième paire qui se rend au petit oblique, fournit à sa naissance un autre filet qui concourt à la formation du ganglion ophthalmique ou lenticulaire.

Article IX.

Des paupières .

Situation. Ces organes sont placées dans un plan perpendiculaire et situés à la partie antérieure latérale et supérieure de la face, au devant des yeux et de la base des cavités orbitaires.

Faces. Les paupières ont deux faces : une externe, cutanée, globeuse et convexe, présentant des rides plus ou moins prononcées. L’autre, interne, conjonctivale, muqueuse, lisse, concave, libre vers le centre et adhérente à la circonférence.

Figures. On peut les comparer à deux rideaux mobiles, plissés transversalement, à direction opposée, dont un supérieur et l’autre inférieur, affectant la forme du globe de l’œil pendant leur occlusion, et formant aux extrémités du diamètre transversal de l’orbite, des commissures ou angles.

L’angle interne est le plus grand (nasal) ; le plus petit est l’externe (temporal).

Ces deux rideaux sont contigus par leurs bords libres.

Bords. Chaque paupière a son bord, plan du côté temporal, courbe au centre, et horizontal dans le grand angle de l’œil.

Les bords des paupières sont coupés obliquement d'avant en arrière, le supérieur de bas en haut, l’inférieur de haut en bas, de manière à former par leur rapprochement sur la surface de l’œil, un sillon triangulaire destiné à rouler les larmes vers legrand angle. À une trèspetite distance de celui-ci on remarque sur le bord libre de chaque voile un orifice blanchâtre nommé point lacrymal, et dans leur étendue transversale, une rangée de poils roides appelés cils, à la base desquels et du côté cornéal, on voit une infinité de petits trous régulièrement placés, qui sont les orifices excréteurs des glandes de Meibom ius ouverts du côté de l’œil.

La nature de ces glandes est encore contestée.

Ouverture. L’ouverture palpébrale n’est pas également constante chez tous les individus ; elle est marquée par la portion temporale et nasale du rebord orbitaire. C’est principalement suivant le diamètre vertical que se fait l’écartement: ce sont les diversdegrés de contraction du muscle élévateur qui mesurent ce diamètre.

L’ouverture variable des paupières sert à faire apprécier le volume de l’œil.

Organisation . Les parties constituantes des paupières sont hétérogènes, formées par la superposition de couches distinctes par leur nature, par leur vitalité et par leurs fonctions ; elles sont intimement adhérentes les unes aux autres par du tissu cellulaire très-dense et très-mince. La composition anatomique des paupières est d’avant en arrière ou de dehors en dedans :

4° Elle se forme d’une couche cutanée, dermoïde, de même structure que la peau mais plus sensible, plus mince, plus lâche et presque transparente ; elle est étendue depuis les sourcils jusqu’aux cils. Le tissu cellulaire des paupières est très-lâche et peu abondant.

2° D’une couche musculaire, commune aux deux voiles mobiles, appartenant au muscle orbiculaire ou palpébral, que nous décrirons plus loin.

3° D’une couche fibreuse, très-distincte, élargie sur la face externe de chaque paupière, se fixant d’un côté à la base de l’orbite, et de l’autre, au bord du cartilage tarse correspondant, puis à un entre-croisement réciproque de fibres depuis l’angle de réunion de ces fibro-cartilages jusqu’à l’angle temporal de l’orbite. Cette disposition de la couche fibreuse a fait supposer à quelques anatomistes que c’étaient deux ligaments nommés ligaments larges , ou bien, que c’était une continuation du périoste de l’os frontal. C’est le facia palpebralis de

Blandin, facia qui concourt à la formation du tendon palpébral.

4° Des fibro-cartilages tarses, lames plus épaisses que les autres couches qui concourent à la formation de ces voiles mobiles, élastiques, aplaties, et allongées transversalement. Chacune d’elles commence à l’extrémité bifurquée du tendon du palpébral, et se termine en dehors en s’unissant avec l’opposée sous un angle aigu vers la commissure externe de l’œil; ces lames sont placées sur le même planque la couche fibreuse , recouvertes en devant par le muscle orbiculaire, et tapissées en arrière par la conjonctive; elles sont séparées de cette membrane par les glandes de Meïbomius.

Leur forme et leur volume sont différents. Le cartilage de la paupière supérieure, plus étendu, très-rétréci en dedans et en dehors, offre vers son milieu une largeur sensible. Le cartilage de l’inférieure conserve une largeur uniforme, mais moins grande .que celle du cartilage supérieur. Un des bords de la paupière adhère à la couche fibreuse, au muscle orbiculaire et au feuillet antérieur du facia sous-conjonctival. L’autre, qui est libre, correspond à l’endroit où la peau se fond avec la conjonctive ; ces fibro-cartilages maintiennent la forme des paupières et concourent à la formation du canal triangulaire dont il a été fait mention.

5° Des glandes de Meïbomius qui sont plus nombreuses à la paupière supérieure qu’à l’inférieure. Elles représentent de petits follicules sébacés, très-nombreux, arrondis, jaunâtres, logés dans des sillons entre les fibro-cartilages tarses et la conjonctive; ils sont tantôt droits, tantôt flexueux, placés les uns à côté des autres. Ces glandes se trouvent superposées et ont chacune un pertuis ouvert du côté de la conjonctive, pour livrer passage à la sécrétion nommée chassie. Celle-ci mélangée aux larmes sert à lwbréfier l’œil. Tous ces conduits excréteurs s’ouvrent à un quart de ligne de la base des cils.

6° Enfin d’une membrane muqueuse, nommée conjonctive, qui, près de l’angle interne de l’œil, forme un repli appelé membrane clignotante. C’est encore la conjonctive qui forme les follicules ciliaires, sorte de cæcums étranglés de distance en distance, situés perpendiculairement dansles paupières et ouverts à la base des cils.

Pour plus de détails, voyez l’article conjonctive décrit séparément.

Artères. Les paupières reçoivent ensemble leurs artères de la maxillaire externe, de la temporale profonde et superficielle, delà lacrymale, de la palpébrale supérieure et de la sus-orbitaire. Quelques-uns de cesvaisseaux s’anastomosent avec la faciale.

Veines. Elles viennent de l’ophthalmique de Willis, et des veines voisines, et suivent le trajet des artères.

Vaisseaux lymphatiques. Ils sont très-nombreux et se portent presque tous vers les ganglions parotidiens ; quelques-uns seulement suivent l’artère faciale et se rendent dans les ganglions sous-maxillaires.

Nerfs. Les nerfs émanent du rameau ophthalmique ; ce sont : le nerf frontal, le maxillaire supérieur et un rameau du nerf auditif, portion dure. Ce filet se rend à la paupière supérieure seulement.

Fonctions. Les paupières découvrent volontairement l’œil pendant la veille, et le couvrent involontairement pendant le sommeil. La supérieure est presque seule chargée, de recouvrir l’organe de la vue, aussi s’abaisse-t-elle au dessous du diamètre transverse de l’œil.

Les paupières aident au transport des larmes, et lubréfient avec elles le globe oculaire, facilitent ses mouvements, et entretiennent le poli de la cornée. Elles protègent l’œil contre les circumfusa, elles modèrent l’action de la lumière de l’air, et maintiennent un certain degré de chaleur et de mollesse dans l’organe, facilitent la cicatrisation des plaies de l’œil, expulsent les corps étrangers et le superflu du produit lacrymal ; elles complètent la cavité orbitaire, donnent de la beauté à la figure et ont une large part d’influence sur l’accommodation de la vision aux diverses distances, etc.

Généralités. Les paupières semblent être une continuation de la peau. Les premiers rudiments de ces voiles mobiles deviennent visibles à deux mois et demi de la vie utérine. D’après Meckel, à trois mois les paupières sont arrivées au point de se toucher. Elles sont très-contractiles et semi-transparentes, quand elles sont rapprochées de façon à amener la cécité momentanée. Néanmoins le globe oculaire perçoit une vague lueur de jour, née des rayons lumineux qui pénètrent les paupières.

Les rides rayonnées qui se voient sur la face externe des paupières, sont un effet de ses contractions ; celles-ci sont dues à l’action de deux muscles pour le rideau supérieur seulement ; l’inférieur n’en a qu’un ; aussi, ses mouvements sont plus faibles.

Les paupières peuvent manquer complètement. D’autres fois il y a excès ou même défaut de longueur. Dans l’excès, il y a phimosis ou ptosis congénital ; dans le défaut, c’est le lagopbthalmos.

Il est encore nécessaire d’ajouter que la réunion anormale congénitale peut être complète ou incomplète, que les paupières peuvent

adhérer au globe de l’œil; de là ankyloblépharon et symblépharon. Ltf bord libre des voiles mobiles peut être renversé en dedans ( entropion ), ou en dehors (exlropion). Chaque paupière est parfois paralysée séparément.

Enfin, chez les oiseaux, il y a une troisième paupière qui n’existe qu’à l’état de vestige chez l’homme; nous la nommons repli semilunaire ou membrane clignotante.

De l'appareil lacrymal.

C’est un ensemble des organes qui ont pour fonction de sécréter les larmes, de les répandre sur l’œil ou de les transmettre à des cavités naturelles. Cet appareil se compose de la glande lacrymale, de ses conduits excréteurs, du canal triangulaire dont il a été fait mention en parlant des bords des paupières ; de la caroncule lacrymale, des points et des conduits lacrymaux, du sac lacrymal et du canal nasal.

Article X.

De la glande lacrymale.

Situation. Elle est située dans l’orbite, à sa partie antérieure et supérieure, sous l’éminence orbitaire externe du coronal.

Figure. C’est un petit corps ovoïde ayant beaucoup d’analogie avec une amande, légèrement allongé d’avant en arrière, sa face supérieure est convexe, rugueuse et sa face inférieure, concave et lisse.

Rapports. La glande lacrymale a ses rapports en dehors et en haut, avec le périoste orbitaire ; en bas et en dedans, avec du tissu graisseux, avec le globe visuel, avec son muscle droit externe, et tout à fait en avant, avec le rebord de la cavité osseuse.

Organisation. Cette glande est composée d’une quantité innombrable de glandules blanchâtres assez dures, adhérentes les unes avec les autres par du tissu cellulaire très-dense, sillonnées en tous sens par des vaisseaux excréteurs, des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques, des nerfs, le tout enveloppé par une membrane fibro-celluleuse. Ses conduits excréteurs se réunissent dans sa texture et ne sont plus qu’au nombre de six ou huit, qui vont s’ouvrir par autant de bouches béantes, à la face interne de la paupière supérieure près de son cartilage tarse, à une bonne ligne au devant des glandes de Meïbomius, De ces pertuis suintent constamment les larmes.

Artères. Elles naissent de la temporale profonde, de la lacrymale venant de l’ophthalmique.

L’artère maxillaire interne en fournit aussi : cette dernière émerge de la carotide externe. ^

Veines . Ses veines émanent delà première branche du sinus ophthalmique (lacrymales).

Vaisseaux lymphatiques. On n’est point encore parvenu à démontrer leur existence.

Nerfs. La glande lacrymale reçoit ses filets nerveux du troisième rameau de l’ophthalmique de Willis, branche de la cinquième paire, nommée nerf lacrymal. Duval d’Hégésippe dit qu’elle en reçoit encore de la première branche de la cinquième paire.

Fonctions. Cet organe est chargé de sécréter un fluide limpide, visqueux, salé, et qui, mélangé aux autres sécrétions des parties accessoires de l’appareil lacrymal, prend alors le nom de larmes. Celles-ci sont transportées par l’intermédiaire des canaux capillaires excréteurs de la glande sur la surface de l’œil, où elles servent à humecter cet organe, pour le rendre plus apte à remplir sa fonction et à conserver son poli.

Le produit lacrymal a pour action de délayer certains corps étrangers pour s’en débarrasser , de plus il accélère la guérison des plaies oculaires.

Généralités. Il y a des auteurs qui prétendent que la glande lacrymale n’est pas l’organe immédiat de la sécrétion principale des larmes; nous ne pensons pas comme eux. On a même proposé son extirpation dans l’état sain, dans le but de guérir des tumeurs et fistules lacrymales. Le temps et l’expérience décideront de cette opinion.

Les larmes sont plus abondantes chez les enfants et les vieillards, parce que chez eux les tissus sont plus flasques, et sont aussi plus sensibles aux causes excitantes externes. Dans les grandes émotions de l’âme, la sécrétion lacrymale est augmentée.

Les larmes sont étendues sur l’œil par les clignements; delà, elles sont dirigées vers les points lacrymaux par les contractions fréquentes du muscle orbiculaire et par le rapprochement des paupières qui engendrent alors la gouttière triangulaire résultant de leur contact et découvert par Ferrein. L’air enlève une partie des larmes par évaporation.

Article X!.

De la caroncule lacrymale .

Situation. Elle se rencontre dans le grand angle des paupières, a® devant de la partie interne de l’œil, sur le côté de la membrane clignotante, et derrière les points lacrymaux.

Figure. C’est un petit corps coniforme, rougeâtre, à base tournée en dedans et en arrière, et à sommet libre et rugueux.

Organisation. La caroncule lacrymale est une agglomération de follicules muqueux, tapissés par la conjonctive, qui forme après, le repli falciforme ou membrane clignotante.

Artères. Elles sont fournies : 1° par l’artère palpébrale supérieure et inférieure, par la branche ethmoïdale antérieure, par la musculaire inférieure venant toutes quatre de l’ophthalmique ; 2° par la branche faciale de la carotide externe ; et 5° par la sous-orbitaire de la maxillaire interne.

Veines. Elles sont aussi très-nombreuses et d’une distribution semblable aux artères, mais grossissant inversement.

Nerfs. La caroncule reçoit sa sensibilité des ramifications du nerf nasal externe, du palpébral inférieur et de l’angle postéro-inférieur du ganglion ophthalmique.

Fonctions. Ce petit corps est destiné à mêler sa sécrétion au produit de la glande lacrymale et des glandes de Meïbomius, pour donner aux larmes leurs qualités nécessaires, concurremment avec les autres sécrétions de l’appareil optique.

Généralités. L’absence de la caroncule lacrymale a été observée à un œil et même aux deux yeux ; parfois elle est plus saillante dans l’un que dans l’autre ; souvent elle est couverte de poils très-fins, presque transparents, qui irritent l’intérieur du grand angle des paupières et l’œil au point de déterminer une irritation locale permanente, et d’ordinaire un afflux de larmes qui pourrait faire croire à un larmoiement dû aux altérations des voies lacrymales. On doit extraire ces poils.

Article XII.

Des points lacrymaux.

Situation. On les rencontre sur le bord libre de chaque paupière, vis-à-vis l’un de l’autre, à une ligne et demie de la commissure interne des paupières.

Organisation. Ce sont de petits orifices infundibuliformes, béants, siégeant chacun au sommet d’une éminence conique ; il y en a un pour chaque voile mobile. Le supérieur est dirigé en bas, l’inférieur a une direction inverse. On peut les envisager comme étant l’embouchure des conduits du même nom.

Foncions. Cesbouches aspirantes sont chargées d’absorberles larmes pour les transmettre à l’aide de leur conduit respectif, au sac lacrymal.

Généralités. Quand les paupières sont fermées elles n’empêchent pas ces ouvertures absorbantes de fonctionner. L’absence congénitale ou accidentelle d’un ou de tous les points lacrymaux peut avoir lieu. Janin avance que chaque point lacrymal possède un muscle sphincter. Pure hypothèse !

Article XIII.

Des conduits lacrymaux.

Situation. Ils ont pour point de départ les orifices lacrymaux, ils sont au nombre de deux pour chaque œil et se trouvent distingués en inférieurs eten supérieurs, suivant qu’ils siègent sur l’une ou sur l’autre paupière.

Direction . OEil ouvert. Le conduit lacrymal inférieur descend obliquement de dehors en dedans, pendant une ligne de trajet, puis se courbe pour remonter un peu plus en dedans : le supérieur monte obliquement en se rapprochant de la ligne médiane, faisant ainsi une ligne et demie de chemin, puis il se coude plus fortement en dedans pour aller rejoindre le précédent. Ces deux conduits marchent alors réunis et vont s’ouvrir au même point du réservoir lacrymal, à sa partie moyenne et externe, derrière le tendon du muscle naso-palpébral.

Organisation. On prétend que ces conduits sont formés par un prolongement de la conjonctive palpébrale ; cette opinion nous paraît rationnelle.

Fondions. Ces canaux servent de siphons de transport au larmes, entre les points lacrymaux et le sac lacrymal.

Généralités. Les points lacrymaux ont, à peu près, trois lignes de longueur ; ils jouissent chacun d’une double direction et d’une capacité capillaire.

Si les paupières sont rapprochées, ils acquièrent alors une direction horizontale, ce qui n’embarrasse pas leur fonction ; au contraire, celleci en devient beaucoup plus facile. Parfois les conduits lacrymaux se

réunissent en un conduit unique qui a une ligne de longueur; dans celle circonstance, ils présentent la forme d’un Y.

C’est par des contractions péristaltiques de ces canaux, que le fluide qu’ils contiennent passe dans le sac lacrymal, et non par un mouvement vermiculaire, comme on l’a prétendu, c’est-à-dire d’extension et de froncement.

Article XIV.

Du sac lacrymal , ou réservoir des larmes.

Situation. On trouve le sac à la grande commissure des paupières devant l’angle interne de l’orbite, dans la gouttière formée par l’apophyse montante de l’os maxillaire supérieur, et par l’os unguis en très- grande partie.

Forme. Sa forme est celle d’un sac piriforme, légèrement aplati dans son état de vacuité.

Capacité. Le sac lacrymal peut contenir le volume d’une fève de café.

Rapports. Ses rapports sont en avant avec son muscle dilatateur , la peau et le tendon du muscle orbiculaire ; en arrière, avec la conjonctive, la caroncule lacrymale et la gouttière osseuse.

La moitié supérieure du sac en question correspond au tendon précité; tandis que l’autre moitié se confond avec le canal nasal auquel il donne naissance.

Organisation. Quoique son organisation ne soit pas encore connue d’une manière exacte, on s’accorde cependant généralement pour dire que le sac lacrymal est composé intérieurement du prolongement de la conjonctive; dans sa partie moyenne, d’une membrane fibro-aponévrotique très-dense et résistante, adhérente à la gouttière osseuse; et qu’il est extérieurement recouvert des fibres charnues du muscle dilatateur.

Artères. Ce sont des ramifications de l’artère palpébrale supérieure et inférieure, de la nasale, de la musculaire inférieure, de l’ethmoïdale antérieure venant de l'ophthalmique. 11 en vient encore de la carotide externe par la faciale, et de la maxillaire interne par la sous-orbitaire.

Veines. Elles proviennent des mêmes sources ; c’est-à-dire des mêmes vaisseaux à sang noir.

Nerfs. Le sac lacrymal reçoit son excitation nerveuse du rameau nasal de l’ophthalmique, et de l’angle postéro-inférieur du ganglion lenticulaire.

Fonctions. Cette poche sert à conserver les larmes pour les laisser ensuite circuler dans les narines, par l'intermédiaire du canal nasal.

Généralités. Le réservoir lacrymal reçoit par sa base les conduits lacrymaux. La membrane interne du sac est poreuse, légèrement rougeâtre, et susceptible de diverses altérations, La longeur du sac lacrymal est de près de six lignes.

Article XV.

Du canal nasal.

Situation. Il est situé dans la gouttière osseuse produite par l’apophyse montante de l’os maxillaire supérieur, i’os unguis, et une portion du cornet inférieur.

Étendue. Ce canal s’étend depuis l’os unguis, jusqu’au méat inférieur des fosses nasales. Il a de quatre à cinq lignes de longueur.

Direction. Il se dirige obliquement en bas, en arrière et en dedans.

Organisation. C’est un conduit membraneux, cylindrique, renfermé dans la gouttière décrite ; il est formé par un prolongement de la membrane qui tapisse le sac lacrymal. Ce tube est couvert intérieurement d’aspérités rougeâtres; extérieurement, il est très-adhérent aux os qui l’environnent, par l'intermédiaire d’une couche de tissu cellulaire très-solide. t

Son orifice de décharge est garni d’une soupape membraneuse, semilunaire, tandis que son orifice supérieur, plus étroit, est entouré d’un muscle sphincter.

Artères. Elles viennent de l’ophthalmique et de l’artère palpébrale inférieure.

Veines. Les vaisseaux à sang noir sont fournis par la faciale, la sous-orbitaire et les temporales, branches de l’ophthalmique.

Nerfs. Ce sont des ramifications du nerf nasal.

Fonctions. Le canal nasal doit verser les larmes dans la narine correspondante derrière le cornet ou coquille inférieure, afin d’empêcher le larmoiement. Ce produit lacrymal sert à lubréûer la membrane olfactive convenablement pour sa fonction.

Généralités. La soupape qui siège à l’orifice inférieur du canal nasal doit empêcher l’introduction de l’air ou d’atomes nuisibles dans les voies naso-lacrymales, qui pourraient altérer leur fonction.

La descente des larmes dans les fosses nasales s’effectue par les lois de la pesanteur.

Mécanisme . Le sac lacrymal, dans son état physiologique, est plus

ou moins rempli, il met obstacle au refoulement de son contenu. La muqueuse du canal nasal est, avons-nous dit, cripteuse; ces saillies sont constamment humides par la sécrétion spécifique de cette membrane, elles ont de plus une direction oblique de haut en bas, ce qui facilite l’écoulement des larmes.

Ce n’est donc pas à des dilatations spasmodiques du sac et du canal nasal, anatomiquement impossibles, qu’il faut attribuer cette fonction.

Article XVI.

Du muscle orbiculairc .

(Naso-palpébral).

Situation. II se trouve devant la base des cônes orbitaires dans l’épaisseur des paupières, occupant une grande partie des côtés supérieurs de la face.

Figure. Ce muscle est mince, large, à fibres cencentriques, fendu en deux parties suivant son diamètre, transversal à son centre, et arrondi à sa circonférence; ces parties servent à l'ouverture des paupières.

Ces deux demi-lunes charnues, se réunissent vers la région nasale pour donner naissance à un petit tendon très-résistant, blanchâtre, qui s’attache à l’éminence nasale ou apophyse coronale placée devant le sac lacrymal, au bord antérieur de la gouttière lacrymale et à la partie voisine de la base de l’orbite. Parfois ce tendon est bifurqué ou trifurqué.

L’autre extrémité temporale, arrondie, assez étendue, se fixe par sa grande circonférence au contour de l’orbite, et par sa petite circonférence ou ouverture aux fîbro -cartilages tarses.

Rapports. Il est en rapport en avant avec la peau, et le tissu cellulaire très-délié ; en arrière, il recouvre le muscle sourcilier, la couche fibreuse, le fibro-cartilage tarse de la paupière supérieure, l’os malaire, l’apophyse orbitaire externe, les muscles de la région maxillaire, l’aponévrose temporale et un peu du muscle grand zigomatique et de l’élévateur de la lèvre supérieure, le ligament et le fibro-cartilage de la paupière inférieure, l’apophyse ascendante de fos maxillaire supérieur et le sac lacrymal.

Artères. Ces vaisseaux sont très-nombreux et tirent leur origine de différents côtés : de l’artère temporale profonde et superficielle de la frontale, de la palpébrale supérieure et inférieure, de la nasale, de la sus et sous-orbitaire, de la lacrymale, de la transversale de la face et de la faciale.

Veines. Elles égalent les artères en nombre et les accompagnent dans leurs ramifications.

Nerfs. Les nerfs du muscle orbiculaire émanent du rameau supérieur de la troisième paire du maxillaire supérieur, du frontal, du nasal, du lacrymal, tous les quatre venant de la cinquième paire ; enfin du facial ou septième paire.

Fonctions. Le muscle naso-palpébrai sert à faire manœuvrer les paupières; il relève le voile supérieur de concert avec l’élévateur palpébral, tandis qu’il abaisse la paupière inférieure seulement, il étend les larmes sur la surface oculaire, et peut fermer les deux paupières à la fois.

Généralités. Des auteurs ont envisagé ces deux portions charnues comme deux muscles distincts, d’autres comme un seul muscle, parce qu’en général il n’y a qu’ün tendon commun.

L’occlusion de l’œil se fait différemment pendant la veille et pendant le sommeil. Dans la veille, la fermeture de la fente palpébrale est due aux contractions volontaires du muscle orbiculaire; ses fibres moyennes, de courbes qu’elles étaient, deviennent droites; c’est donc une action active. Tandis que dans le sommeil, le rapprochement des voiles protecteurs de l’œil s’opère par la paupière supérieure en grande partie, phénomène dû à sa pesanteur spécifique, et au relâchement involontaire de son muscle élévateur. C’est alors une action passive.

Article XVII.

Du muscle élévateur de la paupière supérieure .

(Orbito-palpébral).

Situation . Il siège à la partie supérieure et interne de l’orbite.

Figure. C’est un muscle assez grêle, aplati, long, a po névrotique à ses extrémités et charnu dans son étendue, plus large en avant qu’en arrière.

Attaches. Le muscle élévateur palpébral prend attache en arrière près du trou optique sur l’apophyse d’îngrassias, dans la bifurcation de la dure-mère ; de là, il se dirige horizontalement en avant, appliqué contre la voûte orbitaire, côtoyant le muscle droit supérieur de l’œil et le nerf optique ; puis il se courbe en dedans et en avant pour s’élargir et s’attacher au bord supérieur du cartilage tarse de la paupière supérieure; ce muscle concourt à la formation du ligament palpébral.

Rapports. Il communique en avant avec l’orbite et le nerf ophthah

mique; en bas, avec le muscle droit supérieur et la conjonctive. A la sortie de la cavité osseuse, il est recouvert par le muscle orbiculaire*

Artères. Elles sont fournies parla sus-orbitaire, par quelques ramifications de la lacrymale, par un rameau de l’artère frontale et de la musculaire supérieure.

Veines. Comme les artères que l’on connaît sous la même dénomination, elles sont fournies par l’ophthalmiquc.

Nerfs. Ils naissent des branches du nerf moteur oculaire commun ou troisième paire, et du nerf lacrymal, rameau externe de l’ophthalmique.

Fonctions. L’orbito-frontal relève la paupière supérieure et la maintient dans cet état ; il concourt avec le muscle orbiculaire à fermer l’ouverture palpébrale.

Généralités. C’est à Fallop que revient l’honneur d’avoir découvert ce muscle chez l’homme.

Le clignotement, est une action due aux contractions et aux relâchements alternatifs du muscle élévateur de la paupière supérieure.

M. Tavignot pense que le clignotement est l’effet d’une névralgie.

Article XVIII.

Du muscle sourcilier.

Situation. Il est situé dans l’épaisseur du sourcil, c’est-à-dire à la partie supérieure interne de la base de l’orbite.

Figure. Le muscle sourcilier a la forme d’une arcade ; il est composé de fibres charnues, minces et allongées.

Attaches. Vers l’angle interne des paupières, il s’attache à l’apophyse nasale ducoronal,par de petites fibres aponévrotiques; puis, ces fibres s’élargissent et suivent le contour supérieur de la cavité orbitaire pour se confondre extérieurement avec le muscle occipitofrontal, avec le palpébral et la peau de cette région.

Direction. Il est pour ainsi dire transversal, légèrement contourné.

Rapports. En avant, il communique avec l’orbiculaire, l’occipitofrontal et le pyramidal du nez ; en arrière, avec l’arcade sourcilière, les nerfs et les vaisseaux frontaux.

Artères. Ses artères viennent de la sous-orbitaire, de la frontale et de la temporale.

Veines. Elles sont fournies par l’ophthalmique et ses divisions.

Nerfs . Quelques filets du nerf frontal forment son système nerveux*

Fonctions. Le muscle sourcilier imprime à la physionomie les divers caractères nés des affections de l’âme. En se contractant, il rapproche les sourcils, les fronce et les fait hérisser. En se relâchant, il met l’œil à découvert et le fait briller grand ouvert. Dans l’une et dans l’autre circonstance, il agit concurremment avec la portion extérieure du palpébral. Ce muscle a encore une action secondaire sur la dilatation des paupières.

Article XIX.

Du muscle dilatateur du sac lacrymal.

Son nom indique sa situation.

Ce muscle est composé de fibres musculaires, allongées, extrêmement fines, qui prennent attache, d’un côté, à la paroi interne de l’orbite et se dirigent ensuite en dehors pour se porter sur la paroi antérieure du sac lacrymal, où elles se confondent.

Artères. Elles naissent de la palpébrale inférieure, de la supérieure et de la lacrymale.

Veines. Leur origine est semblable à celle des artères.

Nerfs. Le sac lacrymal reçoit ses rameaux nerveux du nerf lacrymal, rameau de l’ophthalmique de Willis et du nerf nasal.

Fonctions. Dans ses contractions qui sont constamment en rapport avec celles du muscle orbiculaire, elles distendent plus ou moins le sac lacrymal dans sa partie inférieure, ce qui facilite l’écoulement du produit lacrymal dans le canal nasal.

Généralités. L’existence de ce muscle est encore contestée par plusieurs anatomistes modernes, cependant Duverney dit l’avoir découvert d’une manière bien distincte.

Article XX.

Des cils.

SiUialion. Us régnent sur toute l’étendue des bords libres et externes des paupières.

Figure. Les cils sont une quantité de filaments cornés ou poils durs et solides, plus ou moins longs, de diverses couleurs suivant les sujets; régulièrement plantés sur une rangée, pour chaque paupière; ceux du voile mobile supérieur, sont dirigés en bas se recourbant en dehors à leur extrémité. Une direction inverse s’observe pour ceux du rideau inférieur.

Fonctions. Ils modèrent l’intensité de la lumière sur l’œil et le préservent contre les agents extérieurs nuisibles.

Ils concourent à l’embellissement de îa physionomie et des yeux en particulier, et par leur rapprochement complètent la fermeture exacte des paupières.

Généralités. D’ordinaire leur couleur est semblable à celle des cheveux et de la barbe. Ils sont parfois versicolores à la même paupière, ou bien ceux d’un voile mobile diffèrent par la coloration de ceux du voile opposé. Les cils sont en plus grand nombre au rideau supérieur qu’à l’inférieur; ceux placés au centre de chaque rangée, sont plus longs que ceux des extrémités. Ces poils sont quelquefois vicieusement dirigés, par suite de leur implantation anormale ; d’autres lois, il y a deux ou trois rangées de cils à la même paupière ; on nomme ces anomalies distichiasis ou renversement en dedans ; tristichiasis ou phalangosis ; trichiasis ou trichosis. En général leurs bulbes sont assez profondément implantées. Rarement on rencontre leur absence congénitale.

Article XXL

Des sourcils.

Situation. Ils sont couchés sur les arcades surcilières de l’os frontal, à la partie antérieure et supérieure de la face au-dessus des paupières supérieures.

Forme. Ce sont deux éminences recourbées sur elles-mêmes, convexes en haut, arquées en bas, hérissées de poils roides plus ou moins longs, de la couleur des cheveux, à direction oblique de dedans en dehors. Le côté nasal plus prononcé est nommé tête du sourcil ; le côté temporal, queue du sourcil.

Organisation. Les éminences sourcilières sont constituées :

\ 0 Par les poils ;

2° Par la peau ;

5° Par du tissu cellulaire ;

4° Par de la graisse ;

5° Par le muscle sourcilier ;

6° Par l’arcade surcilière de l’os frontal ;

7° Enfin par des vaisseaux sanguins et des nerfs.

Artères. La plus grande partie de ces vaisseaux est fournie par l’artère ophthalmique, et îa plus petite, par la temporale.

Veines. Elles sont en tout semblables aux artères. La veine frontale et la faciale en fournissent beaucoup.

Nerfs. Les nerfs du sourcil proviennent principalement du nerf frontal externe, du rameau interne de l’ophthalmique et du nerf facial.

Fonctions. Les sourcils ombragent l’œil par l’action des muscles sous-jacents, le préservent indirectement des corps extérieurs. Enfin ses diverses positions expriment les différents mouvements de l’âme, et donnent une certaine symétrie au visage.

Généralités Les poils qui siègent sur les éminences sourcilières , naissent de bulbes assez profondément situées. Pendant les six premiers mois de la vie utérine, les sourcils sont dépourvus de poils ; parfois ceux-ci manquent congénitalement.

Les sourcils sont plus épais chez les personnes brunes que chez les blondes. Dans quelques particularités, les sourcils servent de retraite à une multitude d’insectes aptères parasites, ou bien ils sont le siège de loupes pileuses et de plusieurs autres altérations.

Pag.

Dédicace. Y

Avant-propos. YII

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