CHAPITRE PREMIER
Du globe de l'œil en général.
L’œil est l’organe immédiat de la vision.
De l’avis de plusieurs auteurs, l’organe visuel n’est qu’un microcosme dans le grand tout de l’individu. Il peut être considéré comme le plus précieux don que le créateur nous a fait.
Situation . Le globe de l’œil est situé à la partie supérieure et latérale de la face, en dedans et un peu en devant d’une cavité appelée orbite.
Développement. Chez le fœtus, l’œil est le plus développé proportionnellement aux autres organes ; mais il y a entre l’encéphale et l’œil, une proportion de croissance rigoureuse, qui met ce dernier en rapport exact avec le centre essentiel de l’intelligence.
L’œil est doué d’une exquise sensibilité, et a beaucoup de sympathie avec les autres parties de l’économie.
Sa grande mobilité dépend de l’action coordonnée de ses six muscles.
Organisation. L’œil est composé :
1° De membranes très-variables par rapport à leur structure, leur
siège, leurs fonctions, leur consistance, leur sensibilité, leurs sympathies respectives et leurs connexions ;
2° D’humeurs, de nature et de quantité variables;
3° De corps particuliers, tels que le cristallin et le cercle ciliaire ;
4° De canaux ;
5° On y trouve aussi des nerfs, des artères, des veines, des vaisseaux lymphatiques et du tissu cellulaire particulier.
Forme. En regardant l’œil de profil, on voit que chez l’homme il est à peu près sphéroïdal, d’un aspect lisse et éclatant, légèrement déprimé vers l’implantation de ses muscles droits, et qu’il représente deux portions de sphères distinctes, mais unies, dont l’une forme les quatre cinquièmes postérieurs de l’organe appartenant particulièrement à la sclérotique et aux membranes sous-jacentes : cette portion de sphère offre une blancheur très-marquée. L’autre portion, plus petite, offre en avant une convexité transparente plus prononcée d’ordinaire chez les myopes, chez les jeunes sujets et les adultes, que chez les presbytes et les vieillards, et forme à peu près le cinquième antérieur du globe oculaire. Cette convexité appartient uniquement à la cornée.
Dimension. Le grand diamètre de l’œil, ou l’antéro-postérieur chez l’adulte est de neuf à onze lignes d’étendue : les autres diamètres transverses et verticaux ont une ligne en moins.
En général, ses dimensions sont moins fortes chez la femme que chez l’homme.
L’Arabe a l’œil tant soit peu plus petit que nous ; de plus ce dernier est constamment en mouvement.
Pesanteur. Le bulbe de l’œil seul, pèse en général chez les Européens cent trentre trois grains ; chez les nègres, il en pèse huit de plus.
Direction. L’homme a les yeux dirigés en avant. Les axes des yeux ne sont point en rapport avec les axes orbitaires qui sont obliques en dehors; mais l’axe d’un œil est ordinairement parallèle à son congénère.
L’implantation du nerf optique n’est point au centre de l’œil, mais un peu plus en dedans vers le nez.
Rapports. En devant, le globe oculaire est recouvert par la membrane conjonctive. Dans ses deux tiers postérieurs, il communique avec les muscles qui y prennent insertion en même temps que la capsule fibreuse ou facia-orbilaire ; il est en rapport aussi avec des vais-.
seaux artériels, veineux et lymphatiques, de plus avec des nerfs, de la graisse, avec la glande lacrymale et la caroncule du même nom.
La couche épaisse de tissu cellulaire graisseux est destinée à combler les vides péri-oculaires et à faciliter les fonctions de l’œil. Cette couche graisseuse est séparée de l’organe visuel, par la capsule fibreuse sus-mentionnée.
Généralités. « Le professeur Beer, croyait que l’œil était le résultat d’un prolongement sacciforme de la cellule cérébrale antérieure qui, poussée insensiblement en avant, formait d’abord une vessie unique pour les deux yeux, et se partageait plus tard pour en former deux. »
« Huschke et autres savants admettaient que le globe oculaire se formait en partie par une rentrée tégumentaire semblable à celle qui produit les cryptes des muqueuses et les bulbes pileux et sébacés de la peau. »
Cette dernière théorie a paru assez satisfaisante jusqu’à ce jour. Il y a aussi des auteurs contemporains qui ont considéré l’œil comme «tant un prolongement du cerveau, mais modifié d’après sa position et la fonction qu’il devait remplir.
Ils l’ont comparé au cerveau parce que trois fortes membranes superposées en forment la principale charpente et sont, pour ainsi dire, de même nature que celles du cerveau. Quoiqu’il en soit, l’œil peut être comparé à un instrument de dioptrique, divisé en deux parties :
A. Appareil optique de l’œil, comprenant les différents milieux réfringents de cet organe, le squelette oculaire et les parties qui l’environnent.
B. Appareil recevant l’impression de la lumière, composé de la rétine, du nerf optique et de la partie du cerveau qui préside à la vision. (Adelon.)
Plusieurs corps réfringents sont placés successivement dans l’intérieur de l’œil, les uns convexes, les autres concaves, propres à modifier les rayons lumineux. Leur consistance n’est pas la même chez tous.
L’aspect lisse et éclatant de l’œil est dû à la conjonctive, car quand on enlève celle-ci, ces qualités disparaissent. Les yeux n’ont pas toujours la même couleur à droite et à gauche. Leur teinte uniforme peut changer suivant les individus pendant les dix premières années de l’âge.
La grandeur des yeux est sujette aussi à des variétés chez la même personne.
Quant à la force visuelle, elle peut également varier aux deux yeux ; en effet, il n’est pas rare de rencontrer, dans la pratique, des sujets qui se plaignent d’avoir un œil plus fort que l’autre, ou bien ils sont myopes d’un côté, et presbytes de l’autre.
Quelquefois on naît avec un seul œil (cyclopie). Roy, Deroubaix et Gluge ont publié des cas de cette anomalie.
Dans l’embryogénie, la cornée, l’iris, le cristallin, le nerf optique peuvent s’arrêter dans leur développement ou manquer totalement.
Il peut arriver aussi qu’il se dépose de la matière osseuse ou pierreuse dans différentes parties de l’œil, soit congénitalement, soit accidentellement.
Toujours est-il que jamais l’œil n’est entièrement ossifié.
Enfin, disons que Rau et plusieurs autres praticiens distingués ont rencontré des cas d’absence des deux yeux.
Ophthalmographie .
Indiquons d’abord sommairement et d’une manière méthodique suivant leur ordre de superposition de dehors en dedans, les différentes parties constituantes du globe oculaire, pour en bien apprécier l’ensemble, avant que de les étudier séparément.
Nous les divisons en trois catégories :
Première catégorie. Celle-ci comprend la conjonctive, le facia sousconjonctival, la membrane de Thénon, la sclérotique, la membrane de Jacobson,la choroïde, la membrane de Jacob et la rétine.
Deuxième catégorie. La cornée, la membrane de l’humeur aqueuse , l’humeur aqueuse, l’iris, la membrane pupillaire, la cristalloïde divisée en antérieure et postérieure, l’humeur de Morgagni, le cristallin, la membrane hyaloïde et le corps ou humeur vitrée.
Troisième catégorie. Le cercle ou anneau ciliaire, les muscles ciliaires, les procès ciliaires, le canal de Fontana, le canal de Petit, le canal hyaloïdien, enfin les chambres de l’œil.
Article Irr.