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PREMIÈRE CATÉGORIE

De la conjonctive.

Situation. La conjonctive recouvre entièrement l’œil et la face interne dès paupières. Elle forme le repli sémi-lunaire nommé membrane

clignotante aux angles internes de cet organe, pénètre dans les points lacrymaux et se prolonge jusque dans le sac lacrymal. Cette tunique change de structure en partie, dans ses différentes situations et fonctions.

Faces. Cette membrane a deux faces, une libre, ordinairement humide, luisante, et une adhérente aux parties sous-jacentes. Dans sa partie sclérotidale la conjonctive est lâchement unie à l’œil pour en faciliter les mouvements, et dans sa partie cornéale, elle est très intimement adhérente à ce tissu.

Origine. Des auteurs regardent la conjonctive comme la continuation de la pituitaire, ou l’amincissement et le prolongement de la peau. 11 en est d’autres qui pensent qu’elle naît de toute pièce indépendamment d’autres tissus, c’est-à-dire quelle a son individualité propre, elle serait alors sui-generis ; c’est aussi notre avis.

Organisation. D’après les diverses altérations morbides de la conjonctive, et instruit par les dissections d’anatomistes distingués, on peut admettre que cette membrane est muqueuse, dense, rougeâtre, veloutée ou folliculeuse, mince et composée de plusieurs couches superposées dans s,es parties palpébrales et lacrymales, seules susceptibles de reproduction. C’est cette partie qui se recouvre particulièrement de granulations.

La portion de la conjonctive scléroticale est une muqueuse modifiée ; car cette membrane a des caractères qui appartiennent aux séreuses. Elle est très-élastique, blanchâtre, et se laisse fortement distendre dans son état pathologique (chémosis).

La partie de la conjonctive qui recouvre la cornée est une espèce d’épithélium spécial, que l’on peut considérer comme fibro-vasculaire, translucide, très-résistante, et qui sert de soutien à la cornée qu’elle protège contre les influences extérieures. Ce qui nous fait croire que la conjonctive est fibro-vasculaire sur le miroir optique, c’est que la phlegmasie de la conjonctive sclérotidale vient se briser, en quelque sorte, autour de la cornée et que, dans quelques cas, l’injection se continue sur cette dernière membrane, sans interruption de continuité.

Artères. La conjonctive reçoit une grande quantité de vaisseaux sanguins qui, s’anastomosant ensemble, forment un réseau. Ses artères sont, l’ophthalmique, la lacrymale, l’oculo-musculaire, la palpébrale supérieure et l’inférieure. Des anastomoses de la palpébrale supérieure avec la sourcilière, la temporale antérieure et la lacrymale, résulte l’arc tarsien supérieur. La sous-orbitaire, la nasale et la palpébrale

inférieure, forment l’arc tarsien inférieur. De l’extrémité de ces trois dernières, naissent les artères ciliaires longues, qui concourent à la formation du grand arc irien.

Au pourtour de la cornée, ce lacis vasculaire forme une espèce de couronne qui, dans l’état pathologique, devient appréciable. De cette couronne partent une quantité innombrable de ramifications sur la surface cornéale. La connaissance de ce réseau est très importante dans le diagnostic et le traitement des ophthalmies.

Veines. Des extrémités capillaires artérielles, naissent les veines qui prennent une marche rétrograde. Ce sont les veines tarsiennes, palpébrales, faciale antérieure, temporale, frontale et orbitaire inférieure.

Vaisseaux lymphatiques. L’existence des vaisseaux lymphatiques dans la conjonctive a été depuis longtemps admise par Mascagni et par Ruyscb ; et dans ces derniers temps constatée par les belles injections de Fohmann.

Nerfs. La conjonctive palpébrale et particulièrement la supérieure , doit son extrême sensibilité au grand nombre de nerfs dont elle est pourvue. *

Ce sont, d’après Meckel, des nerfs venant :

i° De la branche nasale externe ;

2° Du nerf frontal interne ;

5° Du nerf sous-orbitaire.

Le nerf palpébral inférieur provient du sous-orbitaire, ainsi que les filets zigomatiques du facial.

• Les nerfs de la conjonctive oculaire proviennent des quatrième, cinquième et septième paires.

Cette membrane reçoit encore un filet sympathique du ganglion cervical supérieur.

Fonctions. La conjonctive est le manteau de l’œil, elle facilite les mouvements du bulbe oculaire par sa manière d’être, et sécrète constamment un liquide bienfaisant qui rend l’œil luisant. Quant à sa portion cornéale, elle joue un certain rôle dans l’acte de la vision, comme organe de la réfraction.

L’altération ou l’enlèvement partiel de la conjonctive cornéale détermine de suite une kératite aiguë avec trouble fonctionnel.

Généralités. L’inflammation de la muqueuse palpébrale a des sympathies pathologiques avec la muqueuse des voies digestives, génitales, et avec la peau j et vice -versa. De là, les conjonctivites si variées.

L’immortel Winslow, avait admis l’existence de la conjonctive sur la cornée ; cette assertion a été appuyée par Scarpa, à l’aide de ses injections. Dans ces dernières années, Carron du Villards est venu confirmer le dire des deux savants ophthalmologues. Il a fourni les preuves suivantes :

« 1° Dans la dissection du fœtus humain, la conjonctive se sépare facilement de la cornée dès l’époque de la complète formation de l’œil.

2° Dans les phénomènes qui se manifestent souvent en vingt-quatre heures dans i’ophthalmie purulente des adultes et des nouveauX-nés.

3° Les développements vasculaires lents et phlébectasiques dans le ptérygion chronique.

4° Enfin le soulèvement de la conjonctive par l’application de l’eau bouillante sur les yeux des cadavres. »

Nous avons obtenu un soulèvement de la conjonctive sur le cadavre à l’aide de l’acide nitrique passé légèrement sur le miroir de l’œil.

Article IL

Du facia sous-conjonctival.

' ( Capsule fibreuse facia oculaire. )

Situation. La capsule fibreuse est située entre la conjonctive et la couche graisseuse de l’orbite ; elle s’inserre autour de l’extrémité antérieure du nerf optique, embrasse les deux tiers postérieurs de l’œil, va se perdre en avant dans des prolongements qui se rendent aux cartilages tarses, aux paupières, et fournit des gaines coniques aux muscles jusqu’à leurs attaches respectives sur la sclérotique.

Faces. Le facia sous conjonctival a une face antérieure et une postérieure.

La première, concave, est en rapport avec l’œil sans y adhérer intimement, et avec la portion antérieure des muscles oculaires.

La seconde, convexe, est en rapport avec la couche graisseuse de l’orbite et les portions musculaires postérieures ou extra-capsulaires. Vers l’ouverture palpébrale, elle est recouverte par la conjonctive.

Forme. Cette membrane représente la capsule du gland de chêne; concave en avant et convexe en arrière.

Organisation. M. Bonnet, de Lyon, s’est occupé de cette tunique d’une manière toute spéciale dans son écrit sur la strabotomie. Cet

auteur ainsi que plusieurs autres, ont reconnu que c’était une membrane éminemment fibreuse.

Ouvertures. Le facia sous-conjonctival a deux ouvertures. Une postérieure entourant le nerf optique, et l’autre antérieure plus large, se partageant en deux feuillets distincts, dont l’antérieur forme la capsule fibreuse ainsi que la gaine des muscles droits ; et l’autre se rend aux cartilages tarses.

Vaisseaux et nerfs. Ils proviennent de ceux qui se rendent à la coque oculaire et aux faces internes palpébrales.

Fonctions. Le facia sous-conjonctival sépare l’œil du coussinet graisseux, le maintient en place en lui facilitant toutes ses actions. Il sert encore de point d’appui aux muscles, leur fournit une gaine tendineuse et vient en aide aux mouvements des paupières. De plus, il donne attache à une partie de la bifurcation musculaire.

Article III.

De la membrane de Thénon .

Situation. Elle est placée directement sur la sclérotique et sous le facia-oculaire.

Faces. Cette membrane à deux faces : l’une concave scléroticale, adhérent au pourtour de la cornée; l’autre convexe, en rapport avec le facia sous-conjonctival, et se confondant avec les gaines fibreuses des muscles.

Organisation. Thénon, qui l’a découverte, la considère comme fibreuse, elle est entièrement distincte de la capsule fibreuse ou faciaoculaire.

Vaisseaux et nerfs. Ce sont les prolongements de ceux qui sont distribués aux tissus contigus.

Fonctions. La tunique dont il est question sert à unir les muscles entr’eux, et forme une couche intermédiaire entre la sclérotique, la conjonctive et une partie du facia sous-conjonctival.

Article IV.

De la sclérotique .

Situation . La sclérotique occupe les quatre cinquièmes postérieurs de l’œil, sous la conjonctive oculaire, depuis le nerf optique jusqu’à la cornée.

Faces. Elle a deux faces, une externe convexe, striée, offrant parfois des taches naturelles d’un rouge bleuâtre. Cette même face donne attache aux muscles de l’œil, et est recouverte par le facia-oculaire et la conjonctive de cette région.

Sa face interne concave, lisse, est tapissée par la membrane de Zinn ou d’Arnold.

Forme. Sa forme est celle d’une sphère achevée par la cornée. Son épaisseur, qui est d’une demi-ligne moindre que la cornée, est la même dans toute son étendue, quoiqu’en disent certains anatomistes.

Elle a plusieurs diamètres, le transversal est le plus grand.

Origine . Les anciens croyaient que la sclérotique provenait de la dure-mère qui enveloppe le nerf optique ; d’autres anatomistes plus modernes la supposaient formée par la réunion des aponévroses tendineuses des muscles de l’œil. Et, d’après Arnold, c’est du tissu cellulaire condensé en forme de membrane qu’elle serait organisée. Il est probable que c’est une membrane fibreuse innée, qui existe par ellemême. Telle est l’opinion la plus généralement admise aujourd’hui.

Organisation. La sclérotique est une membrane fibreuse ordinairement opaque, très-résistante dans son état normal ; mais qui devient extensible dans son état pathologique. Elle est composée de filaments et de lamelles et perforée en plusieurs endroits pour donner passage aux vaisseaux et aux nerfs ciliaires.

Artères. Ses artères sont très nombreuses, fines, courtes, occupant particulièrement le pourtour de l’ouverture antérieure, où, dans leur état de congestion, elles représentent une espèce d’anneau rougeâtre plus ou moins complet. La sclérotique reçoit ses artères de la musculaire supérieure et inférieure, des sous-orbitaires, des ciliaires postérieures et des autres artérioles des parties environnantes.

Veines. Elles sont aussi nombreuses que les artères qui se rendent à cette membrane albuginée.

Vaisseaux lymphatiques. Quant à ceux-ci, la sclérotique en possède fort peu.

Nerfs . Cette tunique fibreuse reçoit beaucoup de filets nerveux dont l’existence ne peut plus être contestée aujourd’hui. Ils proviennent du nerf nasal et du moteur commun qui communique avec le ganglion ophthaîmique (ou ciliaire). Elle sympathise avec la rétine, Je nerf optique, le cerveau, la cornée, l’iris et avec la choroïde par le plexus choroïdien. L’expérience a aussi démontré la sympathie de la sclérotique avec l’urètre.

Fonctions. L’albuginée forme la principale partie de la charpente oculaire, c’est une membrane protectrice ; elle jouit d’une grande propriété vitale.

Généralités. La grande sympathie dont est douée cette tunique, tient à son état particulier qui, dans le cas d’anormalité, réagit sur toutes les autres parties de l’œil avec lesquelles elle a des rapports soit directs soit indirecls, et à sa structure individuelle jouissant d’une certaine résistance et d’une grande vitalité.

Chez l’embryon, la sclérotique a peu d’épaisseur. Chez le fœtus, , elle est d’un blanc semi-transparent et acquiert alors sa perfection.

Dans la puberté, cette membrane devient d’un blanc azuré.

Dans l’âge adulte, sa consistance augmente et sa couleur nest d’un blanc opaque.

Dans la vieillesse, elle est jaunâtre, peut s’hypertrophier et passer parfois à l’état cartilagineux et même osseux.

Chez quelques individus on remarque sur la sclérotique des taches couleur lie de vin rouge, qu’il ne faut pas prendre pour des symptômes de maladies. (Desmarres.) Assez souvent on y trouve des pinguecula .

Enfin, Fleishmann a rencontré un vice de conformation de cette membrane.

Article V.

De la membrane de Jacobson.

Situation . Cette membrane déliée est située sur la face concave de la sclérotique en guise de doublure, et sur la face convexe de la choroïde.

Faces. Elle en a deux, une convexe ou externe et une concave ou interne.

Organisation. D’après les expériences de célèbres anatomistes, elle est de nature séreuse, et est presque imperceptible, tant elle est ténue.

Vaisseaux et nerfs. Ils proviennent de ceux qui se rendent dans la sclérotique d’une part et dans la choroïde de l’autre. On ne sait rien de plus sur leur mode de formation.

Fonctions. La membrane de Jacobson sert de point d’union entre les divers tissus, et lubréfie ses parties contiguës.

Généralités. Dans l’état anormal, elle donne parfois lieu à une faible sécrétion qui devient appréciable aux investigations du bon observateur, par des phénomènes caractéristiques à travers le tissu sclérotidien.

Cette accumulation de sérosité dans cet endroit est nommée, par nous, hydropisie de la membrane de Jacobson, mais n’est réellement reconnaissable que dans son état chronique.

Disons aussi que cette sécrétion a été souvent confondue avec l’épanchement occasionné par l’altération de la membrane de Jacob située plus profondément.

La membrane en question a été découverte en premier lieu par Jacobson et presqu’en même temps par Zinn. Bichat et plusieurs autres en ont nié l’existence.

En 1832, Arnold a décrit cette membrane sous le nom d'arachnoidea-oculi. Une année plus tard, Poggi décrivait cette tunique sous le nom de idiachoroïdienne.

Article VI.

De la choroïde.

Situation. La choroïde est une membrane individuelle (existant par elle-même) très-mince, très-extensible, ayant la forme de la concavité de la sclérotique ; étendue depuis le nerf optique jusqu’au cercle ciliaire, entre les membranes de Jacobson et de Jacob. On l’a ainsi nommée à cause de sa ressemblance avec une enveloppe du fœtus appelée chorion.

Faces. La face externe de la choroïde est séparée de distance en distance de la sclérotique par les artères et par les nerfs ciliaires, et intimement adhérente, dans les autres points de son étendue, aux tissus contigus. Cette face est recouverte d’un enduit brunâtre, facile à enlever et qui, après la mort, rend la sclérotique marbrée.

L’interne est recouverte d’un enduit noirâtre, oléagineux, existant en plus grande quantité, mais ne colorant pas la rétine qui en est séparée par la tunique de Jacob. Cet enduit est nommé pigmentum, et paraît villeux par la macération de la choroïde dans l’eau.

Organisation. Son organisation est essentiellement vasculo-celluleuse. D’après les anatomistes les plus expérimentés, la choroïde paraît être un réseau inextricable de vaisseaux sanguins, dont la couche interne présenterait beaucoup plus d’artères que de veines, et la couche externe, au contraire, plus de veines que d’artères. C’est ce qui a fait supposer à plusieurs savants que cette membrane était composée de deux feuillets distincts, mais réunis par un tissu cellulaire des plus ténus.

Ouvertures. Il y en a deux. L’ouverture postérieure est ronde et livre passage au nerf optique et aux vaisseaux sanguins qui l’accompagnent.

L’antérieure, presque arrondie, plus large que la précédente, est adhérente au pourtour du cercle ciliaire (plexus choroïdien) ainsi qu’aux procès du même nom.

Artères Elles sont des plus nombreuses, puisque ce sont les principaux éléments organiques qu’on aperçoit dans cette membrane. Les artères émanent en grande partie de l’ophthalmique, des ciliaires postérieures, de plusieurs anastomoses des artères lacrymale, palpébrales, sous-orbitaires et musculaires, qui alimentent la conjonctive, la sclérotique, la rétine et les muscles orbitaires en se continuant avec la zône de Zinn.

Veines. Moins nombreuses que les artères, elles ont les mêmes noms, et accompagnent ces dernières dans leur distribution.

Vaisseaux lymphatiques. Bauer y a découvert des vaisseaux lymphatiques.

Nerfs. Ils émergent du ganglion ophthalmique, ils sont nommés nerfs ciliaires. La choroïde en reçoit encore de la branche nasale.

Fonctions. La choroïde sert spécialement à sécréter l’enduit dont il a été question plus haut. En outre, par sa face interne elle absorbe et réfléchit une partie des rayons lumineux qui ont impressionné la rétine. Enfin elle est encore envisagée comme modifiant le sang des parties internes de l’œil.

Généralités. Plusieurs auteurs recommandables avaient attribué l’origine de la choroïde à la pie-mère ou membrane interne du cerveau , et même à l’arachnoïde. Aujourd’hui on sait positivement que c’est une membrane distincte toute particulière.

L’enduit qui tapisse la face interne ou concave de la choroïde est noirâtre chez l’homme ; il est dû à de l’oxyde de fer suivant Gmelin et Elsaesser. Si on enlève cette substance, la membrane conserve une couleur rougeâtre très-sensible qui tient à son organisation même. Les albinos ont le pigmentum rougeâtre.

Chez quelques animaux, l’intérieur de la choroïde présente un peu en dehors du nerf optique, une petite tache luisante nommée tapis que Desmoulins avait considéré comme un miroir répléteur.

Scarpa, Walther et Günz ont observé des cas d’ossification partielle et même totale de la choroïde.

Article Ylï.

De la membrane de Jacob.

Situation . Cette membrane est placée entre la choroïde et la rétine elle est d’une étendue égale à ces deux tuniques.

Organisation. Elle est séreuse et excessivement fine.

Vaisseaux et nerfs. Ce sont les mêmes qui se rendent à la rétine et à la choroïde.

Fonctions. On suppose quelle sert à lubréûer et à unir les parties contiguës.

Mariotte et Brewster, la considèrent comme pouvant recevoir l’impression de la lumière, cumulativement avec la choroïde. Cette explication n’est plus admise aujourd’hui, depuis qu’il est prouvé que la rétine est l’organe immédiat de la vision.

Généralités. La membrane de Jacob peut s’enflammer isolément ou simultanément avec d’autres parties voisines. Lorsque sa phlegmasie est passée à l’état chronique, il en résulte souvent une sur-sécrétion anormale, connue en pathologie sous lesnomsdehydropisie sous-choroïdienne ou sous-rétinienne, et que nous conseillons de nommer hydropisie de la membrane de Jacob.

Enfin, son ossification partielle a été observée par Searpa, Morgagni, Haller et Rognetta.

Article VIII.

De la rétine.

Situation. La rétine occupe les quatre cinquièmes postérieurs de la concavité oculaire et affecte la même forme que la choroïde.

Étendue. Depuis l’entrée du nerf optique dans l’œil, jusqu’au ligament ciliaire, elle s’enfonce dans les intervalles des procès du même nom.

Origine. La rétine est l’expansion membraneuse du nerf optique. Des auteurs ont avancé qu’une lame se prolongeait jusqu’à la capsule du cristallin, tandis qu’une autre partie se rendait au bord pupillaire après avoir tapissé la face postérieure de l’iris. Cette opinion n’est point prouvée, que nous sachions.

Faces. La face postérieure convexe est en contact avec la membrane de Jacob, et une partie des procès ciliaires.

L’antérieure concave peut être considérée comme libre, attendu

que la membrane hyoloïde n’a avec elle aucune adhérence. En 4791, Sœmmering a découvert sur cette face, à deux lignes en dehors du nerf optique, une tache d’un jaune assez foncé chez quelques adultes, tache large d’une ligne et se trouvant dans la direction de l’axe de l’œil.

Organisation. D’après les plus célèbres anatomistes, la rétine est l’épanouissement du nerf optique en forme de réseau membraneux, offrant des plis concentriques, d’une structure essentiellement nerveuse, plus épais au centre qu’à sa périphérie, transparent, mollasse et assez mince pendant la vie et dans l’état physiologique.

Ouvertures. 11 y en a une antérieure, ciliaire, très-large, et une postérieure très-petite qui livre passage à un filet nerveux, à l’artère et à la veine centrale de cette membrane en question.

Artères. Les artères de la rétine prennent ordinairement leur origine de l’oplithalmique dans le crâne, rarement des ciliaires ou des musculaires. Ce sont les artères centrales, elles traversent le nerf optique dans son centre, arrivées dans la cavité oculaire, elles forment une multitude d’anastomoses sur la face antérieure de la membrane sensitive, qui prennent le nom d’artères coronaires. De celles-ci en naissent d’autres qui traversent le canal hyaloïdien pour se distribuer au corps vitré, à la cristalloïde et au cristallin. Quelques-unes de ces artères s’anastomosent avec celles du corps ciliaire, de l’iris, de la choroïde et avec celles du pourtour de la cornée.

Veines. Elles accompagnent les artères dans leur distribution, portent les mêmes noms, seulement elles marchent en sens inverse des premières. Elles naissent du sinus ophthalmique.

Vaisseaux lymphatiques. On n’en connaît pas jusqu’à présent.

Nerfs. Outre les nerfs optiques fondateurs, la rétine reçoit des filets nerveux qui viennent de plusieurs sources.

C’est ainsi quelle en reçoit du nerf grand sympathique, du rameau carotidien provenant du ganglion cervical supérieur qui établit des relations entre ce dernier et le ganglion sphéno-palatin. Cette membrane reçoit encore des filets nerveux du trijumeau et du ganglion ophthalmique, par l’intermédiaire des nerfs ciliaires.

Fonctions. Descartes a reconnu le premier que la rétine était l’organe immédiat de la vision, en transmettant sa sensibilité au cerveau, par l’intermédiaire du nerf optique.

Généralités. Quelques' auteurs ont pensé que la rétine avait toutes les conditions de l’encéphale, et naissait en arrière autour du tuber »

cule que forme le nerf optique. D’autres, au contraire, ont cru que cette membrane était formée de trois couches superposées.

La 1,# cellulaire ou corticale ;

La 2me médullaire ;

La 3me vasculo-cellulaire.

Quoiqu’il en soit ; dans l’âge adulte et dans la vieillesse on voit souvent une tache jaunâtre sur la rétine (tache de Sœmmering), un peu en dehors du nerf de la seconde paire, laquelle tache dépend de quelques métamorphoses du cristallin, et fait quelquefois croire à l’existence d’une amaurose ou d’une cataracte pour les personnes peu habituées à l’ophthalmoscopie. Quand nous décrirons la lentille, nous en donnerons l’explication.

On a également observé que la rétine n’était pas uniformément sensible dans toute son étendue, et qu’elle formait des plis au fond de l’œil, décrits en premier lieu par Vésale. La rétine n’est donc que d’une sensibilité relative à la lumière, car elle est peu sensible à l’action des instruments piquants ou tranchants. L’expérience confirme ce fait ; en ce que les opérations par kératonixis sont plus douloureuses que celles pratiquées par scléroticonixis.

La paralysie complète de la rétine n’empêche pas d’une manière absolue la formation d’images subjectives dues surtout à des causes internes. Exemple, un homme chez lequel l’un des yeux n’existait plus, et que Humboldt galvanisait, n’en éprouvait pas moins de ce côté des sensations lumineuses. Ce fait acquis à la science est bon à noter dans certaines amauroses.

Enfin, la membrane sensitive est susceptible d’ossification partielle seule ou avec le nerf optique en même temps.

Article IX.

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