TROISIÈME CATÉGORIE
Du cercle ciliaire.
(Anneau, corps ou plexus ciliaires).
Situation. L’anneau ciliaire est placé dans la cavité de l’œil, à une demi-ligne du limbe cornéal, entre la choroïde, la sclérotique et l’iris qu’il circonscrit par sa petite circonférence ; en dedans il est recouvert par les procès ciliaires.
Figure. Sa forme est celle d’un anneau ou cercle creux, de couleur grisâtre, pulpeux, ayant une ligne à peu près de largeur, et se trouvant intimement adhérent aux parties contiguës.
Organisation. Quelques anatomistes considèrent le cercle ciliaire comme étant de nature ligamenteuse, d’autres, comme vasculaire. Ces opinions ont été prouvées fausses. L’anneau ciliaire est une substance particulière qui peut être envisagée comme nerveuse, vu le grand nombre de nerfs qu’il reçoit. Cette substance existe par elle-même indépendamment des autres parties ; telle n’est point l’opinion de Winslow.
Artères. Elles viennent des artères ciliaires longues, postérieures, antérieures et de la musculaire, puis se rendent de ce corps à l’iris, pour former le grand, le moyen et le petit cercle irien.
Veines. Leur origine est la même que celle des artères, à l’exception quelles marchent en sens contraire.
Nerfs. Le cercle ciliaire doit sa sensibilité, en partie, à la branche nasale et au ganglion ophthalmique (nerfs ciliaires).
Fonctions. Jusqu’aujourd’hui, rien n’est positif à l’égard des fonctions de l’anneau ciliaire.
Généralités. C’est l’anatomiste Fallope qui a découvert le cercle ciliaire.
Chez l’homme le corps ciliaire est creux, il renferme le canal de Fontana, qui est très-difficile à injecter. Ajoutons que Kepler,
Portefield et d’autres médecins, disent y avoir découvert des fibres musculaires ; c’étaient peut-être les muscles ciliaires que nous allons décrire.
Article XX.
Des muscles ciliaires.
Il n’y a que quelques années, que le docteur W. Clay-Wallace, de New-York, a publié l’existence de deux muscles ciliaires. Nous extrayons le paragraphe suivant du journal de médecine, de chirurgie et de pharmacologie, publié par la société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles, année 1848.
« Il existe deux muscles ciliaires. En disséquant le ligament ciliaire et la choroïde, on trouve le muscle ciliaire externe adhérent à la choroïde, l’interne seul demeure accolé à la portion du corps ciliaire dépourvue de fibres.
« Le muscle ciliaire externe est en rapport avec la sclérotique et le ligament ciliaire; l’interne avec la membrane celluleuse qui réunit les procès ciliaires ; tous deux sous-insérés à la choroïde, à la ligne de terminaison de la rétine. Le muscle ciliaire externe est séparé du muscle ciliaire interne par le canal central de Fontana.
« L’usage de ces muscles serait : pour l’externe, de produire la tension des procès ciliaires qui sont attachés à la cristalloïde antérieure et d’attirer ainsi le cristallin en avant pour accommoder cet organe à la vision d’objets rapprochés ; et pour l’interne, son action serait de porter le cristallin en arrière et de produire aussi l’ajustement de l’organe pour la vision d’objets éloignés. »
Notons que l’action de ces deux muscles n’a lieu que par voie indirecte, c’est-à-dire, par la correspondance ou la contiguïté de leurs attaches.
Article XXL Des procès ciliaires.
Situation, Ils sont situés entre l’iris, le corps vitré et derrière le cercle ciliaire, auquel ils adhèrent, circonscrivant le cristallin sans cependant avoir des unions avec lui dans l’état normal.
Quelques anatomistes pensent que les procès ciliaires sont attachés par des membranes délicates, à la partie antérieure de la capsule du cristallin et à la paroi antérieure du canal de Petit. Cette opinion^ n’est point admise aujourd’hui.
Forme. Leur forme est celle de petits plis, fusiformes, longitudinaux, et disposés de telle façon qu’ils peuvent être comparés aux disques d’une fleur radiée. Chaque pli est libre d’union et a une ou deux lignes de longueur. On compte de soixante-dix à cent et plus de ces plis, alternativement plus longs et plus courts.
Organisation. Ces plis membrano-vasculaires ont la même structure que la choroïde, ils sont très-extensibles et recouverts d’un enduit noirâtre très-abondant ; l’enduit étant enlevé, leur tissu propre est rougeâtre.
Artères . Elles abondent dans les procès ciliaires ; elles ne sont que le prolongement de celles qui se rendent à l’iris et au ligament du même nom venant des artères ciliaires.
Veines. Les veines vont se décharger dans le vasa-vorticosa de la choroïde.
Nerfs. Ils émanent du ganglion lenticulaire ou opbthalmique.
Fondions. Il paraîtrait d’après Hueck de Dorpat, que les contractions des procès ciliaires pousseraient le cristallin en avant, dans l’ajustement des yeux, en chassant l’humeur aqueuse dans le canal de Petit.
Généralités. Plusieurs auteurs ont supposé que ces replis n’étaient rien autre que des muscles, des nerfs, des artères ou des veines. Si on enlève ces replis du corps vitré, ils laissent pour trace des dépressions circulaires, nommées zônes ciliaires de Zinn.
Article XXII.
Du canal de Fontana.
On doit à l’abbé Fontana la découverte de ce conduit capillaire qui est moins bien connu que celui de Petit. D’après les plus célèbres anatomistes anciens, le canal dont il est question, serait situé dans l’intérieur de la substance que constitue le cercle ciliaire, d’après des auteurs modernes, ce serait un sinus circulaire, situé au pourtour de l’iris, adhérent au cercle ciliaire et formé par la réunion de la cornée avec la sclérotique et la choroïde ; il recevrait une grande quantité de vaisseaux sanguins, venant des membranes précitées. Dans son état morbide ou d’engouement, il apparaîtrait bleuâtre ; dans ce cas, Beer l’appelle cercle arthritique, et Siebel, cercle veineux. Quoiqu’il en soit, nous ne faisons que le mentionner, et nous laissons à d’autres le soin d’éclaircir ce point de la science encore dans l’obscurité.
Article XXIII.
Du canal de Petit (Godronné).
Situation. Ce canal est situé vers la périphérie de la lentille cristal- Iineÿ au niveau et derrière les procès ciliaires*
Organisation. Il est formé par l’écartement des deux feuillets de la membrane hyaloïde ; ce conduit est triangulaire, à base reposant sur le pourtour du cristallin, son sommet correspond à la bifurcation de la tunique de l’humeur vitrée.
Le feuillet antérieur se rend sur la capsule cristalline antérieure, et se trouve recouvert par la zône ciliaire ; le postérieur se dirige jusque sur la capsule postérieure de la lentille achromatique.
Généralités. On ne connaît rien sur Futilité de ce canal ; il ne contient aucun liquide.
A l’aide d’une insufflation d’air, ce conduit circulaire devient apparent, bosselé, et représente dans cet état un chapelet, ou bien un ancien ornement nommé godron, de là le nom de canal godronné.
Suivant le docteur Ribes, il existe, entre le canal de Petit et le corps ciliaire, des canaux qui conduisent l’humeur aqueuse dans les chambres de l’œil et qui la ramènent de ses cavités, par une sorte de circulation.
Article XXIV.
Du canal hyaloïdien.
Situation. On le rencontre dans Pintérieur de l’humeur vitrée , en suivant la direction de l’axe visuel ou oculaire. J. Cloquet a fort bien décrit ce canal.
Organisation. Ce conduit est formé par un prolongement de la membrane hyaloïde, partant d’arrière en avant.
Fonctions. Il livre passage à l’artère et à la veine centrale de la rétine, ainsi qu’au nerf qui les accompagne, pour se rendre avec eux jusqu’à la cristalloïde et peut-être aussi jusque dans le cristallin même. Dans leur trajet, ces vaisseaux fournissent des ramifications au corps vitré; ils naissent des coronaires rétiniens.
Article XXV.
Des chambres de l’œil.
La cavité du globe oculaire peut-être divisée en deux compartiments
Inégaux : le plus petit compartiment est nommé chambre antérieure . L’autre, est nommé chambre postérieure.
Chambre antérieure. C’est l’espace compris entre la cornée et l’iris ; espace convexe en avant, plan ou vertical en arrière.
Du centre de la concavité cornéenne au bord pupillaire, la chambre antérieure a une étendue d'une à deux lignes. Comme nous l’avons déjà dit, cette chambre contient l’humeur aqueuse.
Chambre postérieure. Les auteurs désignent, par ce nom, l’espace existant entre la pupille et la capsule antérieure. Ils lui attribuent une profondeur d’un huitième de ligne. Quant à nous, nous disons que la chambre postérieure n’est autre que le grand espace compris entre la face postérieure ou pigmenteuse de l’iris et la face concave de la rétine.
Ce compartiment bulbaire renferme le corps vitré et l’appareil cristallinien.
Fonctions des chambres oculaires. Les cavités ou chambres de l’œil, servent, en partie, à donner une forme à l’organe optique, à maintenir fixes les corps réfringents séparés les uns des autres, et à donner à ces mêmes organes une certaine position qui les rend propres à modifier les rayons lumineux lesquels les traversent dans le phénomène de la vision.