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DEUXIEME CATÉGORIE

De la cornée.

Situation. La cornée occupe le devant de l’œil, et constitue le cinquième antérieur de cet organe.

Faces . Elle a deux faces, une antérieure externe, convexe, et recouverte par la conjonctive translucide ; une postérieure interne, concave et en rapport avec la membrane de Descemet et la chambre antérieure.

Figure. La cornée représente un segment d’une sphère surajoutée à une plus grande. Sa circonférence a sept à huit lignes de diamètre. Elle est bifurquée afin de recevoir l’ouverture antérieure de la sclérotique, à l’instar d’un verre de montre dans son cadre. Son diamètre vertical est le plus petit. Son épaisseur a un cinquième de ligne, et est plus prononcée vers le centre.

Origine et organisation. L’origine et la structure de la cornée ont été fortement débattues. Arnold, la croit une continuation de la sclérotique ; Mackensie, la suppose spongieuse ou celluleuse ; Scarpa la considère comme ligamenteuse ; Wardrop la dit sui generis , Sœmmering l’envisage comme un tissu corné; et enfin, plusieurs anatomistes d’autrefois la regardent comme formée de vaisseaux lymphatiques réunis par du tissu cellulaire.

Quoiqu’il en soit, on s’accorde généralement aujourd’hui à regarder la cornée comme une membrane fibro-lamellaire ; elle est achromatique, transparente, lisse et poreuse. Le nombre de ses lames constituantes ne peut être strictement déterminé : des auteurs en admettent six superposées, d’autres augmentent ce nombre de beaucoup.

Artères. Les artères qui alimentent la cornée sont celles qui viennent de la conjonctive, de l’humeur aqueuse; telles que l’ophthalmique, la lacrymale, l’oculo-musculaire, les deux palpébrales et les ciliaires antérieures. Parfois ces vaisseaux sont très-visibles et restent longtemps hypérémiés, ce qui constitue le pannus.

Veines. La cornée possède comme tous les autres tissus, des veines qui accompagnent les artères.

Vaisseaux lymphatiques. Fohmann est parvenu à injecter les vaisseaux absorbants de cette membrane.

Nerfs. La cornée reçoit sa sensibilité de la cinquième paire. Schlemm dit qu’ils proviennent des nerfs ciliaires, lesquels en traversant le ligament de ce nom, se diviseraient en deux séries de filets : en filets postérieurs destinés à l’iris, et en antérieurs, destinés à la cornée.

Cette découverte a été ultérieurement confirmée par MM. Purkinje et Pappenheim.

Les belles expériences de Magendie, connues de tous les médecins, prouvent, d’une manière évidente, la coopération du nerf de la cinquième paire à la conservation de la cornée.

Fonctions. Ce miroir complète la coque oculaire en lui donnant la

forme convexe ou sphéroïdale. Il livre passage aux rayons lumineux et les concentre sur un seul point.

Gêfiir alités. La cornée est opaque dans la vie fœtale et ne s’éclaircit que vers le troisième mois. Elle est susceptible d’opacité congénitale; elle peut faire défaut. Le miroir de l’œil est resplendissant et plus saillant chez l’enfant que chez l’adulte, à cause de la plus grande quantité des humeurs. La cornée est aussi susceptible d’être transplantée ou de former une greffe animale (kérato-plastie). Cette membrane a une grande sympathie avec l’iris, car quand on la cautérise, la pupille se dilate ; elle en a encore une plus grande avec la sclérotique, exemple : il suffit d’une paillette de fer sur la cornée pour faire rougir l’albuginée.

Janin , affirme que la cornée laisse continuellement perspirer une sorte de sueur aqueuse provenant de l’intérieur de l’œil, pour venir se répandre à sa surface et se mélanger aux larmes. En effet, si on extirpe la glande lacrymale, l’œil n’en reste pas moins humide. De ces considérations on est tenté de conclure, que les taies cornéales, au lieu d’être des épanchements albumineux, pourraient fort bien n’être que le résultat de la stagnation de gouttelettes altérées du liquide précité.

La cornée devient parfois d’un gris cendré, et prend une apparence cartilagineuse ; elle s’applatit dans la vieillesse, et peut laisser apparaître un anneau plus ou moins complet à peu de distance de sa circonférence (arc-sénile). D’autres fois elle s’ossifie partiellement ou totalement. A. Darcet en a publié un cas.

D’après M. Furnari, la cornée est très-petite chez les kabyles, et chez la plupart des nègres d’Afrique. Les Africains ont cette tunique très-bombée, et cependant ils ne sont pas myopes; tandis que chez eux la presbytie est pour ainsi dire naturelle. Enfin après la mort, la cornée devient le siège d’une opacité évidente.

Article X.

De la membrane de l’humeur aqueuse

(De Descemet, de Zinn, de Demours).

Situation. Cette membrane tapisse la chambre antérieure de l’œil, et enveloppe l’humeur aqueuse.

Faces. Elle en a deux, une concave correspondant à l’humeur

aqueuse ‘quelle embrasse, l’autre convexe, en rapport avec la concavité de la chambre cornéenne sans aucune adhérence dans son parcours.

Organisation. C’est une tunique séreuse, pelliculaire, presqu’invisible dans l’état de santé.

Vaisseaux sanguins. Jusqu’aujourd’hui leur existence n’est pas objective, cependant il est présumable que cette tunique translucide en possède aussi bien que les autres tissus de l’œil, et qu’ils sont pour la plupart, la continuation de ceux qui se distribuent dans la cornée et dans la choroïde.

Nerfs. Des auteurs avancent que des filets nerveux de la branche nasale s’y rendent.

Fonctions. La membrane de Descemet contient l’humeur aqueuse, et elle est considérée comme organe secréteur de ce liquide.

Généralités. Quelques anatomistes prétendent que cette membrane tapisse la concavité de la cornée, ainsi que la face antérieure de l’iris, avec lesquelles elle aurait des adhérences, ce qui n’a pas été démontré.

Pour nous, c’est une enveloppe entièrement libre. Descemet , Demours et Zinn sont les premiers qui l’ont découverte.

L’opacité et même l’ossification partielle de cette tunique ont déjà été observées plusieurs fois.

Article XL

De l'humeur aqueuse.

Situation. Elle occupe l’espace compris entre la cornée et la partie antérieure de l’iris, que nous nommons chambre antérieure.

Forme. Sa forme est celle de la partie creuse qu’elle remplit exactement, convexe en avant et sur sa surface externe ; sa paroi postérieure correspond à la face antérieure de l’iris.

Organisation. C’est une humeur très-fluide, diaphane, visqueuse, maintenue dans une tunique propre, très-mince, nommée membrane de Descemet ou de l’humeur aqueuse.

Vaisseaux et nerfs. Ils sont encore inconnus.

Fonctions. L’humeur aqueuse est indispensable à la vision. Elle réfléchit les rayons lumineux ; maintient la convexité du segment antérieur de l’œil, et donne à celui-ci un aspect brillant.

Généralités. Chez les fœtus et les enfants nouveaux-nés, cette humeur est plus abondante que chez les adultes et chez les presbytes ;

elle a une couleur rougeâtre qui se dissipe environ un mois après la naissance. Chez quelques vieillards, elle perd naturellement sa transparence.

L’humeur aqueuse se régénère aussi promptement que le corps hyaloïdien, dont elle diffère sous le rapport de la consistance. Le liquide de la chambre antérieure jouit d’une faculté dissolvante trèsprononcée. Sa pesanteur ordinaire est de six à dix grains ; cette humeur est très-soluble dans l’eau.

On a avancé que les vaisseaux de la partie antérieure de l’iris étaient chargés de produire continuellement ce liquide, et que le superflu perspirait à travers les pores de la cornée, pour s’unir au produit lacrymal, en humectant constamment l’œil. Quoiqu’il en soit, l’humeur aqueuse ne franchit pas la pupille dans l’état normal ; en effet comment expliquerait-on les contractions si rapides de la prunelle. D’un autre côté les obstructions pupillaires accidentelles ou congénitales militent encore en faveur de cette opinion.

Enfin, l’ossification de l’humeur aqueuse a été reconnue par plusieurs praticiens.

Article XII.

De l'iris .

Situation. L’iris siège dans la partie interne et antérieure de l’œil, derrière l’humeur aqueuse, il est rendu visible par la transparence de ce fluide et de la cornée.

Faces. La face antérieure est séreuse, rayonnée, veloutée, diversement colorée suivant les sujets, bombée chez les jeunes gens robustes, recouverte par les artères et les veines ciliaires, qui, par leurs nombreuses anastomoses et circonyolutions forment des stries convergentes lesquelles deviennent apparentes sur le grand et sur le petit cercle irien. Cette face est en rapport médiat avec l’humeur aqueuse. La postérieure est floconneuse, noirâtre, en rapport avec les procès ciliaires, et vers son limbe cornéal, avec l’humeur vitrée dans sa capsule.

On a émis l’hypothèse que la rétine tapissait cette face, nommée uvée ou pigment.

Figure. Sa figure est celle d’un pessaire rond et aplati dans sa largeur (gemblette).

L’ouverture centrale est nommée pupille ou prunelle ; celle-ci est ordinairement ronde et a une ligne et demie, à deux lignes d’étendue.

Direction. L’iris est vertical. 11 a deux circonférences, la plus grande est adhérente au cercle et aux procès ciliaires, au point de réunion de la choroïde, de la sclérotique et de la cornée. L’autre, plus petite, ordinairement libre, est traversée par les rayons lumineux (Bord pupillaire). Le limbe pupillaire, ourlet ou petite circonférence de l’iris est ordinairement d’un rouge jaune, brunâtre ; il n’a pas la même teinte que celle du corps irien.

Organisation. La structure de l’iris a fait le sujet d’une foule de monographies intéressantes, où on l’envisage comme étant cellulo- Aasculaire, séreux, élastique, spongieux, érectile, vasculaire (ou plexus artério-sanguin), fibro-élastique, nerveux, vasculo- séreux et enfin sui generis.

C’est un organe particulier indépendant de ceux qui l’environnent, il leur est seulement contigu par sa grande circonférence, par de légères adhérences faciles à vaincre.

Le plus grand nombre des savants regardent cette barrière intraoculaire comme composée de plusieurs parties hétérogènes, réunies entr’elles par du tissu cellulaire très-fin. Ils ont encore admis dans cette membrane des fibres musculaires. Cette dernière opinion n’est pas la même pour nos contemporains, quoique Maunoir de Genève semble avoir confirmé leur existence.

Aujourd’hui on a reconnu à l’iris trois membranes juxta-posées ;

1° L’antérieure séreuse ;

2° La moyenne 'parenchymateuse ou vasculaire ;

5° La postérieure (uvée) cellulo-séreuse , (pigmenteuse de Sichel).

L’iris présente, comme nous l’avons déjà dit, vers son centre, mais un peu en dedans, une ouverture circulaire, très-mobile et à fond noir dans l’état de santé.

Sa ressemblance avec l’arc-en-ciel, sous le rapport de la coloration, lui a valu le nom d’iris.

Artères. Elles viennent des branches de l’ophthalmique et sont nommées ciliaires; elles sont très-nombreuses, s’anastomosent fréquemment, se distribuent particulièrement à la face cornéale de ce diaphragme oculaire, où elles constituent les arcs iriens, nommés grand, moyen et petit. L’iris peut encore recevoir des rameaux artériels partant parlois des artères ethmoïdale postérieure, lacrymale, musculaire inférieure, ou de la sous-orbitaire. Les artères de l’iris semblent n’ètre retenues à la face antérieure de cet organe que par des liens très-lâches.

Veines. Semblables aux artères, elles vont se porter dans le vasa voriicosa de la choroïde et dans les veines ciliaires longues.

Vaisseaux lymphatiques. Ils y sont peu abondants.

Nerfs. 11 y en a un grand nombre qui émanent du ganglion ophthaîmique de Willis (nerfs ciliaires). [Le ganglion précité communique avec le nerf moteur oculaire commun.] Il en arrive aussi du nerf nasal, subdivision de l’ophthalmique de la cinquième paire.

Fondions. L’iris est le régulateur des rayons lumineux, à l’aide de ses dilatations et de ses resserrements pupillaires. Cet organe divise l’œil en deux compartiments inégaux, fait communiquer les chambres entr’ elles et donne à la physionomie le cachet de la beauté et aux yeux les épithètes de noirs, bruns, gris, bleus, verdâtres, etc.

Généralités. Les couleurs primordiales de l’iris sont ; le bleu, le gris, le roux et le brun.

L’iris peut être d’une coloration différente à chaque œil ; il peut aussi parfois présenter des taches ferrées disséminées çà et là, dans son état normal; ou bien le même iris peut être mi-partie blanc et mi-partie bleu (veiron).

Pendant les premières années de la vie, les régulateurs de la vue peuvent changer de couleur, c’est-à-dire de gris ou de bleus qu’ils étaient, ils peuvent devenir verdâtres ou brunâtres, etc. D’ordinaire ces organes sont en rapport avec la couleur des cheveux et celle de la peau; il y a cependant des exceptions à cette règle. L’iris a une grande sympathie avec les membranes voisines.

Chez le fœtus, l’iris n’est pas solidement fixé par sa grande circonférence. Chez les albinos, l’iris paraît d’un blanc rosé, ce qui dépend de l’absence du pigmentum.

L’iris peut aussi offrir plusieurs pupilles à travers lesquelles l’individu qui en est porteur, distingue les objets ; d’autres fois, mais plus rarement, il y a colobôme ou l’iris manque totalement.

MM. Poenitz, Stæber, Renlzchel, Behr, Cazentre, Baratta, Luzardi, Prael, Guthrie, Rau et Focachon ont observé l’absence congénitale complète de l’iris. C’est une anomalie assez rare, mais beaucoup plus rare sur un seul œil. Son absence peut être héréditaire, et quand ce vice de conformation est le résultat de l’hérédité, c’est toujours du côté paternel que provient l’anomalie.

Plusieurs praticiens distingués ont aussi publié des cas d’ossification partielle de l’iris.

Quant aux contractions et aux dilatations de la pupille, il n’y a en-

core rien de bien avéré à cet égard ; les uns disent que les contractions et les dilatations sont sous l’influence des filets nerveux provenant du nerf moteur oculaire commun (troisième paire) ; tandis que d’autres avancent que ces mêmes phénomènes dépendent du stimulus nerveux du trijumeau (cinquième paire) : ou bien que le resserrement pupillaire est occasionné par l’influence du moteur oculaire commun, et l’agrandissement par l’influence du nerf trijumeau.

On a encore invoqué, pour expliquer ce phénomène, la réflexion de la lumière.

Quoiqu’il en soit, les mouvements de la prunelle ne sont pas sous l’influence de la volonté chez l’homme; quelques personnes cependant jouissent de cette faculté; ceci a lieu surtout quand les deux yeux convergent l’un vers l’autre.

Quand on réfléchit aux vives contractions et à la grande sensibilité de l’iris et de la pupille en particulier, on est tenté de croire à l’existence de la rétine sur la face postérieure du diaphragme en question. D’un autre côté, dans l’amaurose rétinienne complète, la pupille est pour ainsi dire toujours immobile, ddatée et plus ou moins déformée. On remarque même parfois des tremblements très-prononcés de cet organe. Ces.phénomènes s’expliquent par les anastomoses nerveuses que nous verrons au chapitre qui traite du système nerveux.

Article XIII.

De la membrane pupillaire (de Waschendorfif).

Situation. Cette membrane bouche complètement^ pupille pendant les sept premiers mois de la vie utérine. Très-rarement elle persiste après la naissance.

Figure , La membrane de Waschendorff a la forme d’une rondelle unie, semi-transparente, mettant obstacle à la vision. Elleadeuxfaces : l’antérieure est en contact indirect avec l’humeur aqueuse; la postérieure regarde du côté du système cristallinien. Sa circonférence est unie à l’anneau pupillaire.

Organisation. Des dissidences nombreuses ont existé longtemps parmi les auteurs qui se sont occupés de cet obturateur pupillaire. Dans l'état actuel de la science, la membrane qui fait le sujet de cet article est envisagée comme de nature cellulo-vasculaire et composée de deux feuillets membraneux, adossés l’un à l’autre, munis de beaucoup de vaisseaux sanguins laissant entr’eux de grands intervalles

exempts de vascularisation. Elle est plus mince au centre qu’à sa circonférence.

Artères- Ce sont des prolongements de celles qui sillonnent l’iris.

Veines. Elles accompagnent les artères et portent les mêmes noms.

Vaisseaux lymphatiques. On n’est pas encore parvenu jusqu’ici à en démontrer l’existence.

Nerfs. Il est probable que ce sont les terminaisons de ceux qui se répandent dans le corps de l’iris.

Fonctions. La membrane pupillaire empêche la transfusion des humeurs de l’œil pendant la vie embryonaire et fœtale.

Elle maintient l’iris constamment tendu, jusqu’à ce que son grand bord soit assez bien assujetti, pour permettre à cet organe de fonctionner.

Généralités. L’expérience a constaté depuis sa découverte faite par Waschendorff qui date de 1738, que lorsque cette membrane persiste après la naissance, elle intercepte la vision ; si, dans cet état, les yeux sont, sous tous les autres rapports, dans de bonnes conditions, on peut avoir recours à une opération pour détruire cette cloison, en permettant alors à l’organe oculaire de distinguer les objets. D’autres fois la membrane pupillaire se déchire d’elle-même sans qu’on ait besoin de recourir à un instrument.

Les nombreuses recherches de J. Cloquet, ont prouvé chez le fœtus humain, l’existence constante de cette membrane. Elle devient visible du troisième au septième mois ; c’est vers cette époque que sa disparition a lieu à la suite de sa rupture produite par la rétraction de ses anses vasculaires ou par l’effet de l’évolution organique. Dès que la rupture s’est opérée, les anses susdites se retirent vers la petite circonférence de l’iris (pupille) , en s’éloignant les unes des autres, et, par conséquent, du centre de la prunelle. Plusieurs auteurs ont supposé que la membrane pupillaire était une continuation de l’iris, ou qu’elle provenait de la membrane de l’humeur aqueuse ; ceci est purement hypothétique, attendu qu’il est démontré que cette cloison existe par elle-même jusqu’au perfectionnement de l’organe visuel.

Article XIV.

De la cristalloïde.

Situation. La membrane cristalloïde envéloppe le cristallin de toute part. Donc elle siège dans la chambre postérieure de l’œil.

Forme. La tunique du cristallin a la forme d’une coque moulée sur ce dernier. Cette coque a une face interne concave et une face externe convexe.

Organisation. C’est une membrane séreuse particulière, diaphane, translucide, formée par deux parties capsuliformes soudées à leur circonférence au pourtour de la lentille cristalline ; elle est assez résistante, contenant outre le cristallin une petite quantité d’humeur portant le nom de celui qui l’a remarqué le premier (Morgagni).

Le segment capsulaire antérieur est plus résistant que le postérieur; celui-ci adhère légèrement à l’hyaloïde dans la cuvette du corps vitré. Ces deux parties réunies sont de même nature et n’adhèrent nulle part au corps quelles renferment ; mais elles sont unies à la base du canal de Petit, avec les deux feuillets de la tunique de l’humeur hyaloïde ou vitrée.

Fonctions. Cette membrane maintient le cristallin dans sa place et le met en contact direct avec l’humeur de Morgagni. Des auteurs affirment que l’humeur susdite est secrétée par elle, et qu’elle sert aussi indubitablement à la vision.

Artères. Elles naissent de la centrale de la rétine ; une branche s’anastomose avec les artères ciliaires.

Veines. Celles-ci proviennent de la veine centrale de la rétine.

Vaisseaux lymphatiques. On n’en connait pas.

Nerfs. Ils émanent de la branche nasale.

Généralités. Le segment antérieur de la cristalloïde ne touche pas à l’humeur aqueuse, et quand il est opaque, il peut se séparer entièrement du postérieur, ce qui prouve que ces deux parties sont réunies par une suture circulaire à l’instar d’une gousse de fruit bivalve.

L’opacité de cette membrane constitue la cataracte capsulaire. Plusieurs médecins ont trouvé son ossification partielle et même générale; Wenzel, Wardrop, Morgagni, Gibson, Middlemore, Sichel, etc.

Article XV.

De lr humeur de Morgagni.

Situation. On trouve cette humeur entre le cristallin et sa capsule. Elle porte le nom de celui qui l’a observée le premier.

Organisation. Son organisation est celle d’un fluide mucoso-séreux, peu abondant, translucide dans son état normal, devenant lactescent, nuageux ou uniformément opaque dans son état pathologique. (Cataracte laiteuse, interstitielle, Morgagnienne.)

Fonctions . On peut supposer cette humeur utile à la luhréfaction du cristallin, et non à sa nutrition. Quoiqu’il en soit, c’est un fluide réfringent.

Généralités. Généralement parlant, on ne connaît pas grand’ chose des propriétés de la liqueur de Morgagni, ni même de son origine. Pour les uns elle serait un liquide essentiel ; pour d’autres, le produit de la sécrétion de la capsule du cristallin. Travers nie son existence ; Velpeau la révoque en doute.

Quelques auteurs font dériver le fluide de Morgagni, du cristallin altéré et ramolli. Quoiqu’il en soit de ces diverses hypothèses, nous dirons que ce liquide existe positivement à l’état physiologique, car son altération isolée a été remarquée par plusieurs observateurs, sans coexistence de maladie soit du cristallin, soit de sa capsule.

L’humeur en question n’est pas absolument nécessaire à la vision, attendu qu’elle peut manquer totalement sans entraver cet acte. Lorsque l’humeur de Morgagni est altérée, elle nuit à l'accomplissement de la fonction visuelle.

Article XVI.

Du cristallin.

Situation . Le cristallin entouré de sa capsule est situé entre l’humeur vitrée et la pupille, dans la chambre postérieure de l’œil : autrement dit, il corrrespond au centre de la pupille, placé entre les deux tiers postérieurs de l’œil avec son tiers antérieur.

Selon Zinn, le cristallin se trouverait précisément au milieu de l’œil, c’est-à-dire à égale distance de la rétine et de la cornée.

Faces et rapports. Sa face antérieure correspond par son axe visuel au centre de la prunelle; il est bon de noter en passant que le cristallin ne touche pas à l’iris ni à l’humeur aqueuse ; (il est éloigné de l’iris d’un cinquième de ligne) et qu’il est entièrement libre dans son enveloppe. La face postérieure est nichée dans la dépression expresse de l’humeur vitrée, et sa capsule correspondante est adhérente à Thyaloïde.

Figure. Chez le fœtus, le cristallin est presque sphérique, et chez l’adulte, il a la forme d’une lentille achromatique bi-convexe, mais à courbure plus forte en arrière qu’en avant.

Diamètres. Le corps cristallinien a quatre lignes de diamètre ; deux lignes d’épaisseur ; deux lignes et demie de largeur.

Pesanteur. Il a quatre grains de pesanteur. La circonférence da cristallin est entourée par le canal de Fontana.

Organisation. L’organisation du cristallin n’est pas la même aux différentes époques de la vie.

4° Pendant la vie utérine, le cristallin est formé de trois fragments triangulaires, mous, caséeux, albumineux, blanchâtres, et juxtaposés de manière à faire apercevoir les rudiments de ce corps ; ils laissent entre eux des sillons résultant de leur union incomplète.

2° Un peu avant la naissance, la couleur du cristallin et sa structure changent, il acquiert une légère teinte rosacée ; sa substance se transforme en lamelles muqueuses concentriques, fort minces, superposées et aplaties.

5e Après la naissance, la lentille cristalline est formée de feuillets concentriques fibreux d’après Stricker et Hannover, feuillets plaeés comme dans- l’oignon. Au fur et à mesure qu’on avance en âge, le cristallin devient plus dense à son centre; cependant il reste diaphane jusque vers trente, quarante ou cinquante ans ; alors il se rapetisse et prend une teinte ambrée en conservant son état physiolologique. On peut dire que le cristallin est composé : 1° d’une couche corticale épaisse et molle; 2° d’une couche centrale ou noyau solide.

Artères. Ce sont des subdivisions des coronaires provenant de l’artère centrale de la rétine après s’être irradiées au corps vitré et aux cristalloïdes.

Veines. Elles accompagnent la distribution des artères; et proviennent des veines qui portent les mêmes noms.

Vaisseaux lymphatiques. Jusqu’à présent on n’est point autorisé à en admettre.

Nerfs. On prétend que quelques filets nerveux de la branche nasale parviennent jusqu’au cristallin.

Fonctions. Le savant astronome Kepler est le premier qui a démontré que le cristallin n’était qu’un corps réfringent, destiné à rassembler les rayons lumineux sur la rétine. En vertu de sa structure individuelle, il est appelé à perfectionner la vision ; c’est un véritable correcteur des rayons lumineux, il les réunit en un foyer, et les rapproche de l’axe visuel, de manière à représenter au fond de l’œil l’objet qu’on regarde.

M. Clay-Wallace, prétend que le cristallin est porté en avant pendant l’acte d’ajustement des yeux, pour les objets rapprochés, et poussé en arrière pour la vision d’objets éloignés.

Enfin l’absence du cristallin n’empêche point l'ail de s’ajuster lui* même aux diverses distances (E. Home).

Généralités. Ce corps réfracteur achromatique n’est pas indispensable à la vision, puisqu’on peut l’enlever sans que celle-ci cesse. 11 arrive parfois qu’il manque congénitalement, ou qu’il est plus volumineux dans un œil que dans l’autre; d’autres fois il naît opaque ou il est colobomateux, ou bien encore il est double dans le même organe. Cette dernière anomalie se rencontre chez les monstres cyclopes non viables.

Wallisnari, Fritsch, Jaeninus, Schwarz, Vrolik, et Ammon ont vu deux cristallins dans le même œil.

La tache jaunâtre de Sœmmering, que l’on remarque sur la rétine, vers l’âge de trente à cinquante ans, est un phénomène dû au reflet <lu cristallin sur cette membrane, qui, à cette époque, a acquis une teinte jaunâtre légèrement brillante et ambrée.

Le cristallin n’est pas nourri par l’humeur de Morgagni ; aujourd’hui sa nutrition n’est plus un mystère, puis qu’on connaît ses vaisseaux nourriciers.

L’humeur de Morgagni n’existe pas non plus entre ses lamelles constituantes, elle est en rapport direct avec la lentille cristalline. On a dit que le cristallin pouvait se reproduire quand sa capsule était restée intacte; la science au point où elle est arrivée, nous permet de douter d’un fait semblable.

Le cristallin se dissout entièrement dans l’eau ordinaire.

Enfin, la lentille cristalline est un des organes de l’œil qui s’opacifie et s’ossifie le plus fréquemment. Wenzel, Middlemore, Forlenze, Sichel, etc. Il est encore susceptible de s’hypertrophier.

Article XVII.

De la membrane hyaloïde.

Situation. Elle est située dans la chambre postérieure de l’œil. Cette tunique siège au pourtour du corps hyaloïdien, et fournit des prolongements qui sillonnent dans mille sens la substance vitrée.

Faces On peut chez elle admettre trois faces : une convexe postérieure en rapport avec toute l’étendue de la rétine ; une antérieure concave logeant le cristallin; et une interne tapissant toute la superficie de l’humeur qu’elle renferme.

Organisation. Cette membrane est séreuse, assez résistante, excessivement fine et translucide, adhérente dans quelques points à la capsule du cristallin.

L’hyaloïde se divise vers le pourtour du corps lenticulaire en deux feuillets très-distincts, dont un se rend sur la cristalloïde antérieure et l’autre sur la cristalloïde postérieure, de manière à laisser entre eux un écartement triangulaire dont la base repose sur la circonférence du cristallin et dont le sommet correspond au point de départ de leur division. Cet écartement a été trouvé par Petit ; de là le nom de canal de Petit.

Artères. Elles partent des anastomoses des branches de l’artère centrale de la rétine (artères coronaires), lesquelles se rendent à l’humeur vitrée, au cristallin et au bord externe de la zône de Zinn.

Veines. En tout point elles sont conformes aux artères, sous le rapport de leur origine et de leur distribution.

Vaisseaux lymphatiques. Aucun auteur n’en a fait mention.

Nerfs. Ce sont des prolongements de ceux qui appartiennent au corps vitré et à la lentille,

Fondions. Cette tunique contient le fluide transparent et lui fournit une quantité de cellules pour le loger convenablement. Elle forme en se repliant sur elle-même le canal hyaloïdien ; tient en place !e système cristallinien à l’aide de sa division. Peut-être est-ce l’hyaloïde qui sécrète l’humeur qu’elle protège et enveloppe.

Généralités. On démontre l’existence de cette membrane transparente, en soulevant le corps hyaloïdien sur un stylet aigu; l’humeur s’en écoule alors goutte à goutte le long de l’instrument. Ou mieux encore : en comprimant méthodiquement ce corps dans un linge fin, il filtrera à travers ce tissu, ne laissant pour résidu que des portions de flocons blanchâtres qui ne sont rien autre que la tunique débarrassée de l’humeur hyaloïde. Plusieurs praticiens ont trouvé cette membrane plus ou moins ossifiée.

Article XVIII.

De l'humeur vitrée ; corps hyaloïdien.

Situation. Cette humeur occupe la plus grande partie de la coque oculaire, que nous nommons chambre postérieure, (à peu près les quatre cinquièmes de l’organe), depuis l’épanouissement du nerf optique, jusqu’à la face postérieure du cristallin.

Faces. La face antérieure est adhérente à la capsule et au cristallin par l’intermédiaire de l’artère et de la veine centrale ; elle est recouverte par l’anneau et les procès ciliaires, et en dehors de ces organes

k circonférence de l’iris y adhère aussi. Sa surface ou face postérieure convexe est en rapport avec la rétine, mais n’y adhère point.

Forme. Sa forme est celle des quatre cinquièmes d’une sphère concave en avant; mais complétée, pour ainsi dire, par la lentille cristalline. La concavité de ce corps renferme une capsule pour recevoir la lentille achromatique.

Organisation. C’est une espèce d’éponge, limpide, gluante, expansible, formée par une multitude de petites cellules cunéiformes remplies d’une humeur vitrée et maintenue par une membrane séreuse très-fine.

Le corps vitré est soluble dans l’eau et se condense par l’ébullition.

Artères. Ce sont des anastomoses des artères qui se rendent à la rétine et au cristallin (nommées coronaires).

Veines. Elles naissent des coronaires.

Vaisseaux lymphatiques. Jusqu’ici on ne lui en connaît pas.

Nerfs. On prétend que cette substance reçoit sa sensibilité de la branche nasale qui fournit les filets ciliaires-indépendants.

Fonctions. Le corps hyaloïdien sert avec les autres parties transparentes destinées à la fonction visuelle proprement dite, à faire converger les rayons lumineux qui doivent impressionner convenablement l’organe immédiat de la vision, sans les altérer. Il sert encore, secondairement, à remplacer la lentille, après son extraction ou son absence congénitale; à maintenir celle-ci dans sa position voulue; enfin à conserver au globe oculaire une certaine forme propre à l’exécution de ses fonctions, et à faciliter par sa mollesse l’extension insensible de la rétine.

Généralités. Le corps vitré joue, dans son état normal, un certain rôle dans le mécanisme de la vision ; c'est ainsi que lorsqu’il est trop abondant et très-dense il peut engendrer la myopie congénitale ; s’il manque de consistance et de quantité, il engendre la presbytie. Il arrive aussi qu’il présente une division en forme de Y, anomalie nommée colobôme de l’humeur vitrée.

Le corps hyaloïdien peut encore se régénérer quand une plus ou moins grande partie a été évacuée. Sa pesanteur spécifique est de quatre-vingts à quatre-vingt-dix grains. Il se liquéfie avec l’âge chez certains individus. L’humeur vitrée est traversée, comme H a déjà été dit, par un canal qui livre passage à l’artère centrale et àtses accessoires ou accolites. Brewster pense que les mouches volantes qui flot-

tent devant Ie champ visuel ont leur siège dans ce liquide. Romer dit avoir observé des concrétions dans cette humeur, sans que celle-ci ait changé de couleur. Sprie et Walter ont fait la même observation. Carron du Villards y a vu des corps étrangers séjourner pendant plusieurs années. Enfin la blessure de l’artère centrale de la rétine détermine une hémorrhagie dans le corps hyaloïdien.

Article XIX.

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