CHAPITRE XIII. ig
une foule immense venue de tous les environs et même de Londres , arriva à Stratford. Le 7 , le service divin fut célébré avec la plus grande pompe , et quand il fut terminé , tous les étrangers s^empressèrent dVUer lire Fépitaphe de Shakespeare placée sur la porte du caveau , situé à Textrémité orientale de Féglise. A trois heures , un dîner splendide fut servi dans la rotonde ; il fut suivi d^un concert : on chanta des couplets de Garrick qui furent couverts d'applaudissemens , et il termina la cérémonie en récitant une ode de sa composition pour célébrer Tinauguration de la statue de Shakespeare dans sa ville natale. Un bal magnifique fut donné dans la rotonde : le lendemain une grande procession devait parcourir toutes les rues de la ville. On y aurait vu figurer tous les principaux personnages des pièces de Shakespeare ; mais une violente tempête mit obstacle à ce dernier acte de la fête.
En octobre suivant , le jubilé passa de la ville de Stratford sur le théâtre de Drury-lane. Garrick , pour donner à cette idée un caractère dramatique , avait inventé une fable comique , dans laquelle il mtroduisait les habi-
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tans de Stratford et les étrangers qui s^étaient rendus dans cette ville pour le jubile. Cette pièce n^ayant jamais été imprimée (i),nous ne pouvons en rendre un compte exact.
Nous nous rappelons seulement une scène qui se passait devant une auberge , à la porte de laquelle était une chaise de poste sans chevaux. Quand la foule qui était sur le théâtre se fut retirée , on entendit une voix sortir de la chaise ; cVtait Moody qui jouait le rôle d'^un Irlandais et qui se plaignait d^étre obligé de coucher dans sa voiture ; faute devoir pu trouver une chambre dans aucune auberge. Tout le dialogue était écrit avec une gaieté spirituelle , et la pièce finissait par la procession qui n^avait pu avoir lieu à Stratford. DifFérens groupes docteurs , vêtus d'habits de caractère , suivaient autant de bannières représentant une scène d'une des pièces de Shakespeare qu'ils jouaient en pantomime. A la fin du cortège , paraissait un char triomphal sur
(i) On assure que M. Kemble en possédait une copie manuscrite ; mais nous n'avons pu savoir ce qu'elle est devenue après la mort de cet acteur.
{Note du traducteur.)