CHAPITRE Xlir. igi
Mistriss Piitchard se retira du théâtre le '24 avril, après en avoir ëtë 38 ans rornenient. Elle mourut à Batli en août suivant.
11,^ Ecole des libertins , par mistriss Grilfiths , pièce imitée di^Eugenie de Beaumarchais, eut quelque succès en janvier 17^9; mais ce ne fut qu^un mètëore qui disparut sans laisser aucune trace de son passage.
Dans le cours de Fètè suivant , Garrick s^occupa d^exècuter un projet forme depuis long-temps, et qu'il avait fort à cœur. C'était de cele'brer, par un jubilé solennel, la mémoire de Shakespeare à Stratford-sur-PAvon , lieu de la naissance de ce grand poëte (1).
moires de Garrick. Ses comédies et tragédies, au nombre de vingt-deux, ont presque toutes réussi, et plusieurs sont restées au théâtre. Il est aussi auteur d'une traduction de Tacite fort estimée , et de différentes poésies. Ses ouvrages ont été imprimés en 1786 , en 7 vol. in-S**.
{Note du traducteur.)
(1) Voici une anecdote rapportée par M. Davies , dans la Yie de Garrick, et qui donna au Roscius anglais la première idée de ce jubilé.
« Quelques années auparavant , un riche ecclésiastique avait acheté la maison et le jardin de Shakespeare , à Strat ford-sur-Avon. Un mûrier, que le grand poète avait plan té de ses propres mains, eut le malheiu' de lui déplaire; il
i^'2 VIE DE GARKICK.
11 mit à Tœ livre tous les Q,uvriers de cette ville. Une rotonde ; imitant celle du Rànelagh , sVleva sur les bords de la rivière , et toute la ville offrit bientôt une scène de décoration générale. Les 5 et 6 septembre ,
prétendait qu'il était placé trop près de la maison , qu'il la rendait obscure et humide ; enfin , il ordonna qu'il fût abattu. Les habltans de Stratford, habitués dès l'enfance à un sentiment de vénération pour tout ce qui avait appartenu à l'immortel Shakespeare , furent consternés quand ils apprirent ce sacrilège. A la surprise succéda la fureur, et , dans le premier transport de leur indignation , ils jurèrent la mort du coupable. Le malheureux ecclésiastique ne put s'y dérober qu'en se cachant ; mais il fut obligé de quitter la ville, et n'osa jamais s\ remontrer, la populace étant'déterminée à lui faire un mauvais parti , s'il osait y revenir.
)) Le mûrier abattu fut acheté par un charpentier, qui, sachant la valeur que le souvenir de Shakespeare y attachait , conçut et exécuta le projet ingénieux d'en faire des boîtes , des tabatières , des boîtes à thé , etc. , qu'il vendit avec un grand bénéfice. Le corps municipal de Stratford acheta plusieurs de ces objets , et envoya à Garrick les libertés et franchises de leur ville dans une boîte faite de ce bois sacré , en le priant de procurer à la ville une statue , un buste ou un portrait de ce grand poète , pour le mettre dans la salle oii ils tenaient leurs séances , et d'y joindre aussi son propre portrait , pour le placer à côté de l'auteur dont il avait été le digne interprète. »
{Note du traducteur.)