‹ Mémoires sur GarrickChapitre 123 sur 148 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Ce fut ainsi que Garrick cultiva toutes les branches. Elles produisirent dVxcellens fruits sous sa main habile , et nos bons auteurs anciens redevinrent Fidole du public. Il ne se borna pourtant pas à remettre au théâtre les ouvrages du siècle précédent; il excita au contraire , par sa conduite , un esprit dVmulation parmi les meilleurs auteurs de son temps. JusquVn 17 62, la salle deDrury-lane ne pouvait rapporter que 220 livres, et Ton retenait 60 guinées sur le produit de chacune des représentations au bénéfice des auteurs ; cette année , elle fut agrandie de manière à pouvoir faire une recette de 335 livres , et cependant la retenue ne fut portée qu^à 70 guinées, et le directeur ne voulut pas, pour la porter plus haut , faire valoir les dépenses constatées par le mémoire de Parchitecte. Il avait pour principe que les auteurs doivent recevoir une juste indemnité de leurs travaux; et par cette libéralité de sentimens, il encourageait les hommes de génie à travailler pour le théâtre. Il n'est peut-être pas hors de propos de demander ici pourquoi , aujourd'hui que toutes les salles de spectacles ont été considérablement agrandies, et que le public ,

avec Ti ne générosité qui lui fait houneur, a consenti à une augmentation des prix cFen- Irée , les auteurs dramatiques ne peuvent se flatter dWoir le même encouragement.

Ce nVtait pas seulement à Tégard des auteurs qui lui fournissaient des nouveautés, que Garrick se montrait libéral; il se conduisait de même à Tégard des acteurs qu'ail employait. Son désir constant était de les voir recueillir les fruits de leur industrie. Pour attirer du monde, les jours de représentation à leur bénéfice (i), il ne manquait jamais, en pareille occasion, déjouer un de ses principaux rôles ; il donnait même quelquefois , ces jours-là, une nouvelle comédie de sa composition. Cétait par ce moyen qu''il avait le plaisir de voir ses acteurs satisfaits de leur état. Des jeunes gens sortant des universités d'Oxford et de Cambridge s'*adressaient avec empressement à un directeur qui était toujours prêt à leur faire Faccueil dû à des hommes

(i) Dans tous les spectacles en Angleterre, les chefs d'emploi , et même quelques-uns des principaux doubles , ont, indépendamment de leurs appointemens, une représentation à leur profita la fin de chaque année théâtrale.

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