CHAPITRE VIII. Il
et XiUhuSf son mari, roi d^Athènes quoique Eolien de naissance, sont venus consulter Toracle de Delphes. Ils sont maries depuis quinze ans , et n\ayant pas dVnfans ils de'sirent connaître la volonté des dieux, pour régler la succession au trône. Creuse^ avant dVpouser Xuthus , avait été femme d^un jeune Athénien, nommé Nicandre ^ qui avait été condamné a un bannissement perpétuel par le roi Erichtee^ père de Creuse, Elle en avait eu un fils nommé Ion ^ et Tavait fait porter à son père avec le plus grand secret. Bientôt après, on lui avait annoncé la mort de Nicandre^ elle avait cru cette nouvelle, quoiquVlle fût fausse. Sous le nom supposé à^Alethesj il sVtait retiré dans une humble chaumière à peu de distance de Delphes; et donnant à son fils le nom àiîlyssuSy il en avait fait un ministre de la pythonisse, ou prétresse d^Apolîon. Creuse, en arrivant au temple, voit le jeune Ifyssus ; elle est frappée de son air noble et gracieux. Là se termine Texposition ou protasis. La seconde partie , que Scaliger nomme epitasis , c'est-à-dire le développement, commence au second acte. Alethes ^ qui cache encore son véritable nom , obtient
Il6 VIE DE GARRICK.
de la pythie qu'elle rendra un oracle portant quY/;^^^t^.ç^ de race ëolienne , est héritier de la couronne d'*Athènes. Phorbas , confîdent de Creuse , déteste les Eoliens , et déclare positivement qu'aucun étranger ne pourra succéder au trône. Creuse n'est pas plus favorablement disposée pour la race éolienne. Xuthus y au contraire , favorise le jeune Ifyssus y précisément parce qu'il le croit Eolien. Une violente querelle s'élève à ce sujet entre le roi et la reine. Elle arrête, de concert avec Phorbas f la perte à^IIjssus ^ il doit être empoisonné au banquet qui se prépare. Ici commence la troisième partie que Scaliger nomme catastasis , c'est-à-direle nœud. Des incidens imprévus s'élèvent, et l'embarras s'accroît à chaque scène. Alethes a une entrevue avec Creuse ; il se fait reconnaître pour Nicandre. Elle découvre un autre secret non moins important, en apprenant f\u^Ilfssus est son fils , et c'est ce fils qu'elle a chargé Phorbas de faire périr. Ainsi finit le quatrième acte : il ne reste donc plus que ce que Scaliger appelle lysis^ c'est-à-dire le dénoûment, ou la solution du nœud gordien. La mère court au banquet pour sauver le fils dont