‹ Mémoires sur GarrickChapitre 69 sur 148 · CHAPITRE VIII. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. i

En janvier suivant on joua V Apprenti (i). Nous nous bornerons à dire que tous les rôles en furent parfaitement remplis, mais Tanec- (lote suivante amusera peut-être un instant nos lecteurs.

Le lendemain de la première représentation de cette pièce , Garrick alla faire une visite à Fauteur , accompagne' du célèbre docteur Munsey qui ne Tavait jamais vu. Arrivé au premier étage , Garrick entra dans le salon, et se retournant tout-à-coup , vit le docteur qui continuait à monter: « Docteur » Munsey , lui cria-t-il , où allez-vous donc ? ,, — Là haut , pour voir Tauteur. — Des- » cendez ; il est ici. — Comment diable ! )) dit le docteur en entrant , je montais au » grenier. Qui se serait attendu à trouver un )> auteur au premier étage ? » Il s^assit , causa avec beaucoup dVsprit, pendant environ

(i) Comédie en deux actes , par M. Arthur Murphy , auteur dss Mémoires que nous présentons au public. Ce fut son premier ouvrage dramatique ; il obtint un succès complet : il a pour but de tourner en ridicule la manie qu'avaient alors les commis marchands de Londres de massacrer les pièces des meilleurs auteurs , en les jouant en société. {Note du traducteur.)

une heure ; après quoi se levant tout-àcoup : (( Eh bien ! Garrick , dit-il , jVn ai » assez ; à présent , je vais aller voir la géanne » à Charing-Cross. )>

Vers la fin du même mois , Garrick donna son Florizel et Perdita ^ qui n'^est autre chose que le Conte dlwer de Shakespeare , réduit en trois actes. Cette pièce est la production la plus irréguiière de ce grand poëte. Uunité de temps y est complètement violée, car Faction , qui commence avant la naissance de Perdita , se termine par son mariage. L'unité de lieu nVst pas plus respectée , Faction se passant tantôt en Sicile , tantôt en Bohême , dont Fauteur parle comme si cVtait un pays bordé par la mer. Quant à Faction , elle est si compliquée , que cVst un labyrinthe dans lequel Fattention la plus suivie ne peut se retrouver. Malgré tous ces défauts, cette pièce offre des beautés sans nombre , et Fon reconnaît la touche d'un maître dans la manière dont la plupart des caractères sont tracés. Garrick jugea que le public lui saurait peu de gré de remettre cette comédie au théâtre , telle qu'on la trouve dans les œuvres de Shakespeare , et il eut assez, de talent

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