CHAPITRE XIII. l8l
el cela suffisait pour lui conserver la vie quelque temps (t).
L^attente du public fut bientôt vivement excitée par Fannonce d^une tragédie du docteur Franklin (2). Les critiques espéraient beaucoup d^un homme qui avait étudié à Fécole des Grecs, du traducteur de Sophocles. Mais le docteur oublia ses maîtres, pour se mettre sous la lisière de M. de La Harpe , jeune auteur français, qui était alors le favori de Voltaire. Ce fut de cet auteur qu'il emprunta son Comte de Warwick^ sans même daigner reconnaître Fobligation qu'ail lui avait (3). Dans un pays étranger, on peut accorder à
(i) On croirait d'après cela que la Jeune Villageoise ne survécut pas à la retraite de Garrick. Cette pièce se joue pourtant encore avec succès aujourd'hui, et c'était un des triomphes de mistriss Jordan. {Note du traducteur. )
(2) Qu'il ne faut pas confondre avec le célèbre docteur Franklin dés Etats-Unis. {Note du traducteur.)
(3) Il serait injuste de faire à l'auteur de cette pièce un reproche sérieux d'une réticence qui est d'un usage habituel en Angleterre. Tous les jours on y donne des comédies littéralement traduites du français , et il est bien rare qu'on en fasse Taveu,. C'est ainsi que tout récemment on a donné à Covent-Garden une traduction ai Adolphe et Clara , sans autre changement que celui des noms et le re-
iS'2 VIE DE GARRICK.
un poëte le droit de sVcarter de la vëritë historique. La Harpe se crut permis de faire d'étranges changemens à Fhistoire d'Angleterre; mais son traducteur n'avait pas le droit d'adopter de pareilles erreurs. Il aurait dû réfléchir qu'il travaillait pour des auditeurs connaissant parfaitement les annales de leur pays; et cependant, guidé par un Français , et quoique le fait de la mort du comte de Warwick sur le champ de bataille de Barnet , en combattantpour Henri VI contre Edouard IV, soit aussi notoire que celle de Richard III et de Bosworth-Field, il ne craignit pas de dénaturer entièrement cet événement. Les rôles à^ Edouard IV et du comte de TVarwick furent parfaitement joués par Powell et Holland ; mais mistriss Yates, dans celui de Marguerite (^r^/î/ow, fut le principal appui de cette tragédie qui ne put cependant aller au-delà de la dixième représentation.
En février suivant, M. Colman présenta au directeur de Drury-lane son Négociant an-
Irancliciiient des ariettes , et les journaux ont retenti d eioges donnes à V hnaginallon de l'auteur.
{Note (hi irarluciciir.)