‹ Mémoires sur GarrickChapitre 100 sur 148 · CHAPITRE XIII. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. l

glaisj imitation de V Ecossaise ^^ Voltaire qui avait publie' cette pièce comme une traduction de John Home , auteur de Douglas. Le principal but de Voltaire était d^attaquer Fréron , journaliste de Paris, qui avait souvent épanche sa bile sur le plus grand génie de la France. 11 y avait introduit Frëron sous le nom de Frelon^ espèce de guêpe. Il voulait avoir Pair d^un homme qui regarde son ennemi comme au-dessous de son ressentiment, et qui le laisse châtier par un écrivain ètran ger (i). Colman changea le nom de Frelon en celui de Spatter , mais on ignore s'il avait dessein de faire une satire personnelle. Il dédia sa pièce à Voltaire; il devait cet hommage i\ Fècrivain du travail duquel il avait profite'.

Avant la représentation du Négociant an-

(i) Voltaire tic pensa point à raffiner sa vengeance, comme M. Murpliy le suppose, en faisant châtier Fréron par un écrivain étranger. Il aimait à se masquer sous des noiiis empruntés , et se laissait reconnaître à la première ligne.

Et fitgit. ■ et se cnpit nnie videri.

(Note lies rdifevrfi.)

l84 VIE DE GARRICK.

glais y Garrick dit à Fauteur qu"*!! allait établir deux nouveaux réglemens à son spectacle. Le premier abolirait Fusage de ne pas jouer de petite pièce pendant les premières représentations d'une tragédie , ou d'une comédie en cinq actes, usage, dit-il, qui était aussi préjudiciable à fauteur qu'au directeur. Car si la pièce était assez goûtée du public pour attirer du monde sans aucun secours étranger, on la ferait suivre d'une petite comédie prise au dernier rang du répertoire ; si au contraire elle avait besoin de soutien, on la renforcerait d'une bonne pièce en deux actes. Il ajouta que ce nouveau règlement serait utile à Colman lui-même en cette occasion ; car il croyait que le Négociant anglais plairait au parterre et aux loges , mais qu'il n'aurait pas le même succès avec les habitués des galeries. La seconde innovation était de porter 370 guinées au lieu de 60 , la retenue à faire au profit de la direction sur les représentations au bénéfice de l'auteur. Garrick la motivait sur ce que , d'après les changemens faits à la salle , la recette pouvait monter à 337 livres, au lieu de 220. Colman, comptant sur un succès complet, demanda le maintien

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