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parlant du jeune BHoucicaut , il s’essayoit à
…Saillir sur un coursier tout armé : puis au
trefois couroit et alloit longuement à pied
‘pour s’accoutumer à avoir longue haleine, et souffrir longuement travail; autrefois fé-
rissoit d'une coignée ou d’un, mail grande piece et grandement: Pour bien se duir au
harnois ; et endurcir ses bras et ses mains à
longuément férir, et pbur quil s’accôu-
tumast à légèrement lever ses bras, il faisoit le soubresaut armé de toutes pièces, fors
le bacinet, et en dansant le faisoit armé d'une cotte d'acier; sailloit, sans mettre le pied à l’étrier, sur un coursier, armé de
toutes pieces. À un grand homme monté
sur un grand cheval, sailloit de derrière à chevauchon sur ses épaules, en prenant ledit homme par la manche à uñe main, sans autre avantage... én mettant une main sur l'arçon de k'selle d'un grand coursier , et l'autre emprés les oreilles ,le prenoit par les creins en pleine terre, et sailloit par entre ses bras de l’autre part du coursier.. Si deux
parois de plastre fussent à une brasse l’une
prés de Pautre qui fussent de la hauteur d'une tour, à force de bras et de jambes, sansautreaide,montoit tout au plushautsans
» cheoir au monter ne au devaloir. Item; il » montoit au revers d'une grande échelle » dressée contre un mur,.tout au plus haut » sans toucher des pieds, mais seulement sau- » tant des deux mains ensemble d'échelon en » échelon armé d’une cotte d'acier, et ôté la » cotte, à une main sans plus, montoit plu- » sieurs échelons. Quant il estoit au logis, » Sessayoit avec les autres écuyers à jeter la - » lance on autres essais de guerre, ne > ja ne » cessoit 4, » : |
Il falloit, comme on le voit par ce récit, que l'aspirant à la chevalerie réunît en lui seul toute la force nécessaire pour les plus rudes métiers, et l'adresse des arts les plus difficiles. aveclestalents d’un excellent homme de cheval. Nous serons donc moins surpris de voir que le seul titre nes ait eté tellement en honneur, qu on n’a point hésité de le donner au fils aîné d’un.de nos rois *. | |
Ce n'étoit pas non plus sans raison que é lon se défioit de la tendresse paternelle, qui peutêtre auroit adouci, par une éducation domestique, la rigueur de ces épreuves. Un chevalier devoit placer son fils dans la maison d’un autre chevalier pour y apprendre l'office d'écuyer; pour l'exercer et acquérir la cheva-
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lerie #7. Un auteur qui avoit long-temps suivi la cour et le métier des armes, et qui sous le règne de Charles V ayant vu fleurir la Chevalerie, gémissoit d’en voir la décadence sous celui de Charles VI, achèvera de nous apprendre par quels degrés différents on y parvenoit dans le temps de sa splendeur. « Les » jeunes gens #, dit-il, passoient d’abord par » l’état de poursuivants, portant la lance et le » bacinet des chevaliers, apprenant à monter » à cheval, et voyant les trois métiers des » armes. »' C'est-à-dire; qu'ils fréquentoient les cours des princes de leur nation; qu'ils suivoient*les armées en temps de guerre, d’où leur venoit le nom de poursuivants d'armes ; et qu'ils alloient, en temps de paix, faire des. voyages ou des. messages dans les pays éloi- ‘gnés, pour acquérir de plus en plus l'expérience. des armes et des tournois, et pour connoitre les mœurs étrangeres. Ensuite ils devenoient archers, puis écuyers, servant à la cuisine et à Ja table, et portant derrière eux à cheval les malles de leur maître ; enfin admis à étre gendarmes, ils faisoient encore pendant huit ou dix ans l'apprentissage de la Chevalerie avant que de la recevoir : ils employoient de nouveau tout-ce temps à suivre les tournois, à
SUR L'ANCIENNE CHEVALERIE. 25 faire la guerre, et à visiter les pays lointains où l'honneur, les armes et les dames étoient. le plus en recommandation. Le but de ces voyages étoit de s’instruire à la vue des tournois, des gages de batailles et des autres exereices qui se faisoient dans les cours, d’apprendre de nouveaux moyens pour se défendre ; et des tours d'escrime particuliers. On ne les étudioit point légèrement et superficiellement : on les observoit avec une attention scrupuleusé ; et afin de n’en point perdre la mémoire; on y portoit des tablettes ‘pour enregistrer les faits et les circonstances les plus remarquables. On ne peut guère douter que les dames spectatrices, comme nous l'avons dit, des jeux de la jeune noblesse, n'assistassent aussi avec plaisir aux exercices des écuyers; mais il paroit qu'elles s'étoient abstenues, dans les premiers temps, d'assister aux tournois. L’horreur de voir répandre le sahg céda enfin, dans le cœur de ce sexe né sensible, à linclination encore plus naturelle et plus puissante qui les porte vers tout ce qui appartient au sentiment de la gloire : les dames accoururent en foule aux tournois; et cette époque dut étre celle de la plus grande célébrité de ces exercices.
La veille des tournois °° étoit, pour ‘ainsi
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dire, solemnisée par des espèces de joutes àppelées tantôt essais 5’ ou éprouves, épreuves; tantôt les vépres du tournoi *, et quelquefois escremie %, c'est-à-dire, escrimes; où les écuyers les plus adroits. s’essayoient les uns contre les autres avec des armes ‘* plus légères à porter , et plus aisées à manier que celles des chevaliers, plus faciles à rompre, et moins dangereuses pour ceux qu’elles blessoient.
C’étoit le prélude du spectacle nommé le grand tournoi, la haute ou la forte journée du tournoi , le maître tournoi, la maître éprouve, que les plus braves et. les plus adroits chevaliers devoient. donner le lendemain, à une multitude innombrable d’assistants de toute espèce. Ceux d’entre les écuyers qui s’étoient le plus signalés dans ces premiers tournois, et qui en avoient remporté le prix, acquéroient quelquefois le droit de figurer dans les seconds, parmi l'ordre illustre descheyaliers ; en.obtenant euxmêmes la Chevalerie : car c'étoit un des degrés, entre: beaucoup d'autres #, par lesquels les écuyers montoient en:ce temple d'honneur, pour parler le langage figuré de ces temps-là. C’étoit le prix le plus insigne que l’on püt proposer -dans les occasions importantes et périlleuses de la guerre , pour redoubler le courage
des guerriers ; elle se donnoit d'avance comme ‘un caractere qui imprimoit des sentiments élevés au-dessus de l'humanité. Elle se donnoit pareillement après les combats, ainsi que nous le dirons, comme une récompense Ccapable de payer les plus longs travaux et les ac tions les plus éclatantes, et d'acquitter en même temps les plus grands services rendus au souverain et à la patrie.
L'âge de vingt-un ‘ans “* étoit celui auquel les jeunes gens, après tant d'épreuves, pau voient être admis à la Chevalerie : mais cette règle ne fut pas toujours constamment observée. La naissance donnoiït à nos princes du sang °’, et à tous les souverains, des privilèges qui marquoient leur supériorité; et les autres aspirants à la Chevalerie l’obtinrent avant l’âge prescrit par les anciennes lois, lorsque leur mérite les avoit rendus vieux et meurs eñ cela ; ainsi que Brantôme s'exprime au sujet du vidame de Chartres qui recut fort jeune l'ordre du roi. … - |