‹ Mémoires sur l'ancienne chevalerie avec une introduction et des notes historiques (volume 2)Chapitre 23 sur 57 · DE · texte numérisé non relu

DE

: (4) Dans le cas de séparation entre mari et femme, les enfants au-dessous de sept ans demeuroient sous la garde de leur mère, suivant la coutume de Beauvoisis en 1283, ch. Lvit, p. 294.

Eustache Deschamps confirme cet usage; il fait ainsi parler une mère qui se plaint des soins que lui donnent le ménage et l'éducation de ses enfans :

Il y a jusques à vit ans Et plus encore trop de peris ”, Mais il n'en chaut à nos maris.

La loi qui ordonne de laisser les enfants entre les mains des femmes jusqu’à l’âge de sept ans, remonte à l’empereur Julien. Ce prince nous apprend, dans son Misopogon , qu’on l’avoit mis à cet âge entre les mains d’un gouverneur. Cet usage s’observe communément à l'égard des enfants de nos rois et de nos princes. ( Poésies mss. du 14° siècle, fol. 510, col. 2.)

(2) La cour du chef seigneur (eh Seignor ) au * Périls.

royaume de Jérusalem ; étoit appelée haute cour. On y comptoit quatre baronies (ou cours de barons ) dont le caractère distinctif étoit d’avoir un connétable et un maréchal... Un grand nombre de seigneurs tenoient aussi des cours : quelques-uns avoient cour coins ( de monnoie et Justice; d’autres cour de bourgeoisie et justice. Assises de Jérusalem, publiées par la Thaumassière, ch. cecxxrv et suiv., p. 216 et suiv. :

(3) M. de Fleuri, dans son ouvrage sur les mœurs des chrétiens { p. 362, 388 jusqu’à 395 }), s’élève contre le faste qui régnoit, vers le 41° siècle, dans les maisons des grands seigneurs : il leur reproche d’avoir multiplié les chapelles domestiques. Cet abus continuoit encore dans le 14° siècle : on y voyoit de simples avocats avoir des chapelains. Eustache Deschamps, dans ses Poésies manuscrites, leur adresse ces vers :

Vous usez de toutes noblesses, \ Vous estes francs sans servitute

Plus que n’est le droit d’institute.

Vous avez votre chapelain

Pour chanter votre messe au main *, :

Au partir de votre maison. d Vous êtes toujours en saison,

Vous êtes comme saints en terre.

(4) Le passage suivant de D. Félibien justifie cette assertion. « Les abbés de Saint-Denys avoient nombre »* d'officiers religieux et laïcs. Lorsque l'abbé de Saint » Denys alloit en campagne, il étoit ordinairement ac- » compagné d’un chambelan et d’un maréchal, dont

* Matin.

» les offices étoient érigés en fief, comme l’on voit par » .jes actes de 1189 et de 1231. Ces offices et ces fiefs » ont été depuis réunis au domaine de l’abbaye , aussi » bien que l'office de bouteiller de l’abbé, .qui étoit pa- » reillement un office érigé en fief, et pussédé par un » séculier domestique de l'abbé de St.-Denys;, avant » l'an 1482. » (Hist. de St. à par D. Fe L v, p. 279, note A. ÿ- i

(5) On lit dans usa romans, et surtout dans celui de Lancelot du Lac, que des écuyers servoient à la table de quelques chevaliers dont ils étaient. frères ; mais ces exemples ont besoin de témoignages plus authentiques. (T. II, fol. 34, v°, col. 1.)

Dans la Chronique des chevaliers catalans, écrite vers l'an 1500 , on lit, à l’article Copons ( p. 150 ): « Le » premier de cette famille qui s'établit en Catalogne, » fut un serviteur de Pierre de Allamani, qui étoit aussi » son parent.» Et plus bas : Quand Rémon Bérenger I, » comte de Barcelone, fut revenu de ses conquêtes, » et qu’il eut donné les terres de Pontons et de Durbans » à Pierre de Allamani, celüi-ci les donna à ce servi- » teur, son parent, pour les tenir en fief du comte de » Barcelone de la même manière qu'il les tenoit. C’est » de ce Copons que sont issus les Copons, suivant Mon- » tener. » ( Manusc. en langue catalane, qui est proprement un nobiliaire de la Catalogne.)

(6) Ce mot, ainsi que celui d’écuyer et de valet, ont souvent été cifondus Le chevalier doit avoir écuy er et garçon ou paige qui le servent et prennent garde de ses chevaux. Dans le livre intitulé : Ordre de Chevalerie,

fol. 2.

Saintré Jouvencel, âgé de treize ans, étant passé de l'hôtel du seigneur de Preuilli à la cour du roi Jean, où il fut paige et enfant d'honneur, est appelé quelquefois valet ou valleton., et d’autres fois écuyer; lorsqu’on lui adresse la parole ou qu’on parle de lui, il est traité tantôt de mattre et tantôt de sire ou beausire.

Les écuyers furent aussi appelés varlets, sergents et damoiseaux. ( Hist. de Saintré, p. 4, 43, 23. — Jbid., 15 et22.)

(7) C’est dans ce sens que Juvénal des Ursins dit : « Il y eut huit mille chevaliers et escuyers , et gens de » traits et gros varlets sans nombre. » ( Hist. de Ch. VI, p. 57, sous l'an 1386.) .

(8) Ce met est synonyme de celui de domestique inférieur, dans le passage suivant de Froissart (t. I, p.97): « Se ferit ès tentes et ès logis des seigneurs de » France, et y firent bouter le feu, et n'y trouvèrent » que garçons et valets qui tantôt s’enfuirent. .

(9) Sous les rois de la première race, la jeune noblesse étoit instruite dans les maisons des grands seigneurs, d’où elle étoit ensuite admise à la cour des rois. Cette coutume subsistoit encore du. temps de Montagne, et il en fait l'éloge en ces termes Ct. 3, p. 175) : « C’est un bel usage de notre nation, qu'aux bonnes » maisons nos enfants soient reçceus pour y être nourris » et élevés pages comme en une eschole de noblesse, et » est discourtoisie, dit-on, et injure d'en .refuser un » gentilhomme. »

La facilité d'entrer de bonne heure dans le service militaire a rendu ce secours mutuel moins nécessaire.

re

. pour mériter leurs bonnes grâces.

(10) Le jeune Bayard, au sortir de l’école , fat placé par ses parents dans la maison de l’évêque de Grenoble, son oncle, qui le mena avec lui à la cour de Savoie. Le prélat ayant été admis à la table du duc : « Durant » icelui ( diner ) estoit son nepveu le bon chevalier » (Bayard) qui le servoit de boire très-bien en ordre, » et très-mignonnement se contenoit. » Sue, du chev. Bayard, c. 3, p. 11.)

Qu'on lise les chapitres 3, 4 et 5 de la Wie du cheva-

lier Bayard, on y trouvera des détails capables de don-

ner une juste idée de la protection que les seigneurs accordoient'aux jeunes gens attachés à leur service, de l’émulation qu’ils leur inspiroient par leurs éloges, et des efforts que ces jeunes élèves faisoient continuellement

(14) L'un ne devoit point aller sans l’autre, et l’amant qui entendoit à loyaument servir une dame, étoit sauvé suivant la doctrine de /a Dame des belles cousines. Voyez sa logique et sa théologie dans les neuf PEIee chapitres de l'Histoire de Saintré,

(12) La galanterie françoise avoit introduit, dans le commerce épistolaire, cette formule dont se sert Olivier de la Marche, liv, IT de ses Mémoires, en finissant une lettre qu'il écrit au maître d'hôtel du duc de Bretagne : « Je price Dieu qu’il vous doint joye de votre dame et » ce que vous desirez. » C’est dans le même sens que la reine dit à Saintrét « Dieu vous doint joye de la » chose que plus desirez. » ( Petit Jehan de Saintré,

P. p- 195. ) in.

(13) L'habitude de vivre ensemble formoit souvent

entre les jeunes gens une amitié que rien n’étoit capable de rompre, comme on peut le voir par l'intimité qui régna, dès la plus tendre jeunesse, entre Saintré et Boucicaut, élevés ensemble aû service domestique. du roi. CSsintré, ch. XLVII, pe 303. )

(44) Où peut consulter, sur cet usage, le Traité de l'Épée frangoise , par Savaron (pages 34 et 35 y, comme aussi le Théâtre d'honneur de Favin (page 84 et suivantes ). Quelques auteurs, trompés par le rapport de cette cérémonie avec celle de la réception des chevaliers, Vauront prise pour la Chevalerie même dont ils ont fait remonter l'institution bien au-delà du onzième siècle auquel elle a commencé ; d’autres ont supposé, avec aussi peu de fondement, que les dames avoient pu conférer la Chevalerie. Cependant on lit dans l'Histoire de Duguesclin , publiée par Ménard, à la fin de l'avis aux lecteurs, que Jeanne de la Val, veuve de ce connestable, ceignit l'épée qu'il avoit portée , à André de la Val, depuis maréchal de France, lors fort jeune, et le fit hate Je ne trouve dans nos historiens aucun autre exemple qui puisse nous faire croire que les dames ayent jamais fait des chevaliers. | |

(45) Le chevalier de la Tour, dans ses Instructions à ses filles ( folio 5, v°), leur recommande la courtoisie autant, pour le moins, envers les personnes de petit état qu’envers les grands ; telles sont les raisons qu’il en apporte : « Ceux-là, dit-il, vous porteront plus »” grant louenge, et plus grant renommée, et plus grant » bien que les grans : car l’honneur et la courtoisie qui » est portée aux grans, n’est faite que de leur droit que » l’en leur doit faire; mais celle qui est portée aux pe-

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