PRÉFACE. Y
dont il est le principal acteur dans le Vœu du Héron. Il est juste toutefois de remarquer que plusieurs des seigneurs qui se trouvèrent présents, furent révoltés de ses emportements , et qu'ils ne purent s’'empécher de lui en faire des reproches.
Dans le nombre de ceux que le comte d'Artois fit jurer sur le héron, il n’en est point qui malheureusement ait été plus fidèle à son vœu que Gautier de Mauny. Ce héros, l’honneur de Pancienne Chevalerie, n’a pas l'avantage d’être aussi connu qu'il le méritoit; c’est ce qui m’a engagé à consacrer à sa gloire un'article particulier, dans lequel je me suis contenté de rassembler, d’après Froissart, ses principales actions , sans chercher à les embellir par des phrases élégantes, ni par des réflexions fines et recherchées. Quant aux autres personnages qui figurent dans le poëme du Héron, il m’a semblé suffisant de les faire connaitre dans des notes que Jai placées à la suite. du Mémoire sur. le Vœu du Héron. .., . . ——
v] PRÉFACE.
.: Ges notes sont suivies d’un morceau inütulé /a;:Chanise, où La Camuse. Rien d'aussi bizarre que cetie pièce; elle péone si fort contre toute vraisemblance, qu'on pe peut se dispenser de la regarder comme une pure fiction. Il n’est pas possible. de croire qu’une femme ait jamais été assez intrépide pour paroitre au milieu d’un grand festin , et.en présence de son époux, couverte d’une chemise qui étoit teinte du sang’ de 5on: amant, et toute déchiquetée des coups qu’il avoit reçus dans les combats singuliers auxquels il s’étoit exposé par ses ordres. Maloré l’excessive complaisance à laquelle les anciens chevaliers avoient accoutumeé les maris, il est inconcevable cependant qu'il se soit trouvé un époux assez débonnaire pour souffrir un perl affront. Jeserois donc tenté de croire que v’est ici une de ces extravagänces litiéraites qui. prouvent cs Penthousiasme chevaleresque. n'avoit pas moins d'influence sur la. tête des écrivains qua sur celle des preux chevaliers ,: c’est-à-
PRÉFACE. vi dire qu'il les rendoit tous un. pen fous, La Chasse étoit aussi un des plaisirs aux+ quels les anciens. chevaliers se livroient avec le plus d’ardeur. Ils y trouvoient loc:
casion de faire briller. leur adresse ,. leur bonne grâce et leur courage aux yeux: des dames qui souvent honordient cet exercice de leur présence, et même y prenoient part; ce qui m’a fait croire qu’un Tableau hustorique de la Chasse, depuis les premiers temps de notre monarchie jusqu’à nos jours, pourroit être placé à la suite de mes Mémoires sur l’ancienne Chevalerie, sans qu'il y parût comme un ornement étranger et- superfha. | On sent que j’aurois aisément fait plusieurs volumes, si j’avois voulu épuiser la matière, et si J'étois entré dans tous les détails où mon sujet pouvoit m’engager; mais jai cru devoir me renfermer dans des bornes plus resserrées. En ménageant moins l’érudition, j'aurois sans doute satisfait davantage la curiosité des amateurs de l’antiquité; mais aurois-je également
vii] PRÉFACE.
plu à cette portion aimable de la société à laquelle cet ouvrage est principalement consacré ? Puissent les dames accueillir avec biénveillance ce dernier fruit d’une plume qui s’est toujours exercée de préférence dans un genre de littérature dont elles font leur plus cher amusement!
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