Mémoires sur l'électro-puncture, considérée comme moyen nouveau de traiter efficacement la goutte, les rhumatismes et les affections nerveuses, et sur l'emploi du moxa japonais en France, suivis d'un traité de l'acumpuncture et du moxa... par le chevalier Sarlandière
Contient un "Traité inédit de l’Acupuncture et du moxa chez les Japonais avec la démonstration de la pratique sur le Tsoe-Bosi en 110 aphorismes, traduit d’un manuscrit chinois par un savant hollandais M. TITSING"•
Ce traité est la traduction française du manuscrit hollandais de la Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Paris [Ms. -§0), mais les figures du manuscrit ne s’y trouvent pas. Par contre, 2 lithographies en couleurs de Langlumé représentent le mannequin japonais "Tsoe-Bosi" que Sarlandière cite comme étant à cette époque (1825) entre les mains de M. Nepveu, libraire, *6, passage des Panoramas; ce mannequin semble bien être le mannequin japonais en carton laqué indiquant les points d’acupuncture qui se trouve actuellement dans le Musée d’histoire de la médecine.
PRÉFACE
En publiant les mémoires etletraité qui sont contenus dans ce livre, je me suis proposé de faire connaître un moyen curatif qui a l’avantage de s’adresser directement aux organes malades, à quelque profondeur qu’ils soient placés; prérogative qu’il ne partage avec nul autre, à l’exception des opérations <^e chirurgie. Tout le monde connaît l’étonnant effet de l’électricité sur nos organes ; chacun sait aussi que les premiers médecins qui s’en sont occupés avaient cru trouver, en l’employant, le véritable agent qui pût remédier à toutes les affections nerveuses, mêmeles plus graves, et à toutes les maladies, de quelque nature qu’elles fussent; mais,n’ayant jamais eul’idée d’opérer la décharge du fluide, la secousse électrique, dans l’intérieur même de nos organes, et s’étant bornés à agir à l’extérieur, ils ont dû être nécessairement déçus de leurs hautes espérances. Mon moyen consiste à introduire le fluide électrique à l’aide d’une tige métallique jusque dans le tissu souffrant. G’est en ce lieu même que j’opère le choc, l’ébranlement ou la secousse qui doit modifier la douleur, le mouvement ou la circulation capillaire.
Je me suis aussi proposé de réclamer l’antériorité
PRÉFACE
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del’etnploi que j’ai faitde l’acupuncture sur celui qui se fait en ce moment de cette opération. Je fais voir en même temps la différence qui existe entre l’acupuncture simple et Félectro r puncture, puisque par l’une on prétend soutirer l’électricité, et que, par l’autre au contraire je sature de fluide électrique. Je laisse aux praticiens à décider de la prééminence qu’ils doivent accorder à l’un ou à l’autre de ces moyens, qui sembleraient produire un effet opposé (i) et qui cependant concourent au même but : sauf que l’un d’eux opère (selon moi) beaucoup plus efficacement que l’autre , et que son action sera facilement comprise de tout le monde , les effets de l’électricité étant connus ; tandis que l’autre, entouré d’un prestige merveilleux et consistant dans la simple présence d’une aiguille dans nos tissus sans autre action, trouvera souvent des incré-
(i) Je n’ignore pas que M. Jules Cloquet a beaucoup vanté là pratique de l’acupuncture, et qu’il a rapporté un assez grand nombre d’observations de cures merveilleuses par ce procédé; mais j’observérai en passant que M. Cloquet n’aurait pas nui à l’acupuncture, ni déparé son cahier d’observations, s’il avait cité en tête celle du cataleptique de Montaigu, acupuncture par moi en i8i5, et qui au moyen de cette opération a pu recouvrer là faculté d’ingérer les aliments, et de vivre pendant l’espace dé six mois jusqu’à guérison. M. Cloquet n’a pu ignorer cette curieuse et importante observation, puisqu’elle est consignée dans les bulletins de la société médicale d’émulation (1816) dont Sf. Cloquet et moi sommes membres.
PREFACE
dules. Cependant, loin de ternir l’acupuncture, dont j’ai fait usage avec succès depuis plus de neuf ans, je contribuerai ici à en relever l’éclat par la publication du précieux traité japonais qui termine cet ouvrage. Ce traité est pour les peuples de la Chine et du Japon, ce que sont pour nous les Aphorismes d’Hippocrate, c’est assez dire de quelle importance il peut être (1).
J’ai joint à ces deux pièces un mémoire ou plutôt une notice sur la préparation du moxa japonais , d’après le procédé que j’emploie pour le confectionner, suivie de quelques considérations sur son emploi, et les avantages qu’il a sur le moxa de coton généralement usité en france.
(1) En i8i5, M. Klaproth, orientaliste très distingué et fils du célèbre chimiste de ce nom, sachant que je m’occupais de recherches sur le moxa des Chinois, m’envoya une figure japonaise que les Chinois nomment Tsoë-bosi et sur laquelle sont indiqués tous les points où il leur est prescrit d’appliquer le moxa, et de pratiquer l’acupunture; je fis, d’après cette figure, plusieurs dessins pour M.le baron Larrey, qui, vers ce temps-là, préparait déjà son article Moxa du dictionnaire des sciences médicales. Cette figure avait été rapportée du Japon par un savant hollandais, qui avait résidé dans ce pays pendant dix-huit ans et qui s’était beaucoup occupé dé la médecine chez ces peuples. Plus tard'M. Klaproth eut la bonté de me mettre en rapport avec des personnes qui avaient acquis différents objets ét des manuscrits provenants de la succession de ce savant, qui mourut au moment où il allait les publier en Europe : je fis alors l’acquisition du manuscrit qui renferme les préceptes fondamentaux de la médecine des?; Chinois et des Japonais, et sur lesquels ils ont basé la pratiqué i;
PRÉFACE
Quoique mon moxa soit déjà assez répandu, je n’avais encore rien écrit pour le faire connaître, si ce n’est le petit article ustion du Dictionnaire des sciences médicales, et je devais au public et surtout aux médecins d’en faire connaître les avantages.
Ce petit puvrage ayant été écrit à la hâte, je n’ai pas eu le temps ni la précaution d’en soigner le style, et il sera sous ce rapport sans doute rempli d’incorrections; mais ce qui me semblait être le plus important, je l’ai fait : c’est la précision de l’impression du traité japonais, et la fidélité à le reproduire, laconiquement et correctement : dans le reste j’ai cherché seulement à être courtet clair; heureux si j’ai employé assez de temps pour y parvenir.
de lear acupuncture et de leur moxa depuis tant de siècles. J’avais aussi copié avec la plus scrupuleuse exactitude le Tsoë-bosi en trois dessins. Deux décès dessins ayantétéégarés, j’ai dû naturellement différer la publication du traité dont ces figures étaient la démonstration. M. Rehmann, médecin de l’empereur de Russie, m’avait dit en 1817 ou 1818 avoir vu mes dessins égarés, chez l’un des médecins du roi de Prusse ; j’ignore comment ils lui sont parvenus, et j’attendais l’occasion de pouvoir les recouvrer, lorsque la vogue récente de l’acupuncture m’a fait faire des recherches , et j’ai eu le bonheur de retrouver le moyen de prendre une nouvelle copie du Tsoë-bosi: c’est ce dessin représenté sous trois faces que je joins à la fin de ce volume, et sans lequel le traité chinois perdait toute sa valeur.