CHAPITRE IV
M. Arnaiild consulte M. Retard et M. Burlugay sur la formule de Louvain, et appreud la mort de ce curé de Magny. Les religieuses de [Port-Royal] ' obtiennent «on cœur et l'honorent d'un éloge.
On a vu la consolation que M. Arnauld avait reçue d'une lettre de M. Relard, docteur de la Faculté de théologie et curé de Magny-Lessart, sur la rupture des conférences. Ce fut le dernier service qu'il lui rendit, et la mort, qui l'enleva du monde au commencement du mois d'avril, ne lui permit pas de voir les suites de cette subdivision qui se formait insensiblement parmi les plus zélés défenseurs de la vérité. Ce fut ce que M. Burlugay, docteur de Navarre et curé de Saint-Jean des Trous», manda à M. Arnauld par cette lettre du 3 :
c< Monsieur, (• Aussitôt après que j'eus reçu la lettre que vous écriviez à M. Retard, et que vous jugeâtes à propos de m'adresser, je me transportai à Magny, pour savoir son sentiment et vous le mander ensuite avec le mien, comme vous me l'ordonniez. Mais l'état où je le trouvai, et la mort qui arriva le lendemain, avec la prise de possession qu'on m'a fait faire de sa cure, mont tellement accablé de tristesse, de soin et d'inquiétudes, que je n'ai eu ni le temps ni le moyen de penser à l'aifaire que vous avez pris la peine de me proposer. Et quoique je ne sois pas maintenant plus en repos, étant chargé de deux cures en un temps où je désirerais de tout mon cœur de n'en avoir aucune, je vous réponds néanmoins en un mot, selon le peu de liberté de penser à cet accommodement dans l'accablement où je suis, que le droit me semble tout à fait à couvert par le bref où le pape déclare par écrit que la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas est tutissima et inconcussa^ ce qu'on n'a pu obtenir d'Innocent X, et aussi en ce qu'il exhorte ces docteurs de Louvain à y persévérer. Car comme la doctrine de cette Faculté est la même que celle de M. d'Ypres, selon