CHAPITRE VI Seutiments de M. Arnauld touchaot ce projet de paix
Ces trois écrits de M. Arnauld pour répondre à un projet qui lui paraissait ruineux sont d'autant plus considérables que, prévoyant peu de succès de cette affaire, il s'y appliquait néanmoins avec autant de soin et d'activité que s'il en eût dû attendre raisonnablement son propre repos et la paix de toute l'Église. Car il est certain que pendant tous ces préliminaires, il était persuadé intérieurement qu'il y avait moins de bien à espérer que de mal à craindre de cette proposition du P. Ferrier ; et il s'en expliquait alors très nettement dans toutes les lettres qu'il écrivait à la sœur M. de Sainte-Gertrude*, religieuse de Port-Royal, dont la force paraissait trop grande à M. Singlin, supérieur de cette maison. Voici ce qu'il lui mandait le 21 septembre :
« L'autre point regarde la fin de ma lettre, qui vous a fait craindre que je voulusse vous préparer à quelque chose de nouveau. Mais assurez-vous que ce n'a point été ma pensée, et que si j'ai dit en général qu'on devait craindre d'agir par un courage humain, ce n'est point que je m'imagine qu'on ait agit de cette sorte dans cette affaire ; mais c'est seulement qu'on doit toujours avoir cette défiance de soi-même, lors même qu'on n'en a aucune de la justice de la cause que l'on soutient. Et ainsi, ma très chère sœur, demeurez en repos de ce côté là, et ne vous mettez point dans l'esprit que je vous veuille porter par la fin de ma lettre à signer autre chose que ce que vous avez fait. Je n'en ai aucune pensée, et ayant exclu tous les équivoques par le mémoire qui a été dressé et qui a été envoyé, il est hors d'apparence qu'on vous parle de nouvelles signatures, si ce n'est de celles qu'il n'y aura nul doute que vous ne deviez refuser. »
Le 1" octobre, lui parlant de ce projet qu'il avait recommandé à ses prières, il lui écrivait ainsi : « Vous devez sans doute prier plus Dieu que jamais, puisque l'affaire dont je vous ai écrit continue toujours à se traiter, et que celui