LIVRE XXXII
congrégation de choisir entre eux un sujet digne de remplir celte place et de la soutenir avec courage selon les règles de l'Évangile et dans la seule vue des intérêts de J. C. Le P. Amelotte n'assista pointa cette exhortation, carie dépit qu'il avait eu de ce que ceux de la maison Saint- Honoré dont il était supérieur lui avaient refusé leur voix pour cette assemblée l'avait contraint de se retirer en leur maison de Montmorency pour délibérer à loisir de ce qu'il deviendrait dans la suite et quel parti il prendrait pour le reste de ses jours.
l^nfin, le lendemain 17, Télection se termina en faveur du P. Senault, et les brigues que Ton avait faites contre lui n'empêchèrent pas que de quarante -quatre suffrages qui furent portés pour cette nomination, il n'en eût trente-quatre pour lui. La joie de l'assemblée fut universelle de ce que le mauvais exemple dont on avait craint [les suites] dans la précédente élection du P. Bourgoing n'avait point eu les suites que Ton en avait appréhendées, la cour les ayant laissés agir sans y prendre part; et le roi en fut lui-même tellement satisfait que dès qu'il en eut appris la nouvelle, il l'alla porter lui-même à la reine-mère pour lui causer cette joie dans son lit où la fièvre l'arrêtait encore.
Le mercredi 18, M. de Péréfixe, nommé archevêque [de Paris], alla lui-même saluer le P. Senault en qualité de général de l'Oratoire, et lui témoigner combien [son élection] était agréable au roi^ à la reine et à toute la cour.
Ce jour-là même, les Pères Séguenol, du Juannet et du Breuil, qui avaient été exilés sans aucun sujet l'année précédente par des lettres de cachet que quelques-uns de leurs confrères avaient sollicitées contre eux, se présentèrent à l'assemblée pour demander justice et réparation de l'injure qui leur avait été faite sans que de leur part ils en eussent donné aucun sujeL Et celle affaire étant mise en délibéralion, [on] leur rendit le droit de suffrage dont ils avaient été privés si injustement et les rétablit dans tous les droits et les privilèges de la compagnie. Le Père général fut même prié d'en avertir Sa Majesté, et d'obtenir la confirmation du résultat de cette assemblée par son autorité royale. Mais M. l'archevêque de Paris fut d'avis qu'il ne fît pas cette proposition au roi dans la première audience qu'il aurait de lui, et qu'il attendît à la lui faire à un autre jour.
20S MÉMOIRES DE GODEPROl HERMANf