LIVRE XXXII
n'en reçût du scandale, ou par la créance que le molinisme contînt une doctrine sainte, puisque ceux qui l'avaient combattu s'y étaient enfin rendus, ou par la créance qu'il soit permis de se feindre {sic) en matière de religion : puisque des personnes d'une si haute estime, pour le seul désir de leur repos inquiété et troublé par les violences et menaces des molinistes, avaient...*
Il représentait ensuite que les jugements que l'on ferait d'eux seraient équivoq.ues, que l'on douterait s'ils avaient agi tout de bon en abandonnant une cause qu'ils avaient toujours assurée être catholique, ou si c'était par déguisement et par fiction qu'ils avaient donné les mains à celle qu'ils avaient toujours chargée d'anathèmes. Que de quelque côté qu'ils se tinssent, le péril était également grand, ou en concevant de bonnes pensées pour un dogme d'erreur et de fausseté, ou en se persuadant que notre foi ne soit pas si importante qu'il s'en faille faire casser la tête; que de là s'ensuivraient l'abandonnement de la vérité et le triomphe du mensonge.
Et sur cela, il demandait à son ami s'il croyait qu'on ne fût pas obligé de périr plutôt que de causer ces scandales, et si quand il s'agit de confesser Dieu devant les hommes et faire solennement la profession de notre foi que l'on exige de nous par autorité publique, il est permis de déguiser et laisser le monde en équivoque.
Il prouve ensuite par plusieurs raisons que le formulaire des Jésuites est pire que celui des évêques : 1° parce que le leur est détestable en ce qu'il se joue du pape ; 2° parce qu'il oblige à des actes intérieurs de créance et de soumission pour le fait par ces paroles : ex animo damnamus ac reprobamus ; 3^* en ce que dans le leur on ne peut pas dire qu'on signe sur la bonne foi du pape et des évêques, qui n'expliquent point en quoi consiste le sens de Jansénius; de sorte que ceux qui le souscriraient ne feraient qu'une empaquetée, au lieu que dans la formule qu'ils présentent on ne souscrit plus seulement à des mystères cachés, mais ces professions de foi qu'ils ont dressées sont une chose qu'on voit, qu'on lit et qu'on entend, et qui sur chacune des cinq propositions ne porte que des expressions pure*
1, Phrase inachevée au ms.
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ment moliniennes, et par conséquent connues périlleuses ou tout à fait erronées.
Après ces raisonnements, il finit ainsi ce chapitre : « Je conclus donc que selon mon sentiment, lequel je soumets au vôtre, si le formulaire de Messieurs les évêques est, comme avouent les Jésuites, injuste et insupportable pour un chef, le leur Test en tous ses chefs; que l'avantage chimérique qu'ils y ont voulu feindre en faveur de leurs adversaires n*est qu'une pipée à prQndre les dupes s'il peut réussir; et qu'il est aussi absolument faux qu'ils fassent grâce aux gens de les délivrer du vieux formulaire par la substitution de ce nouveau, qu'il est faux qu'on gagne beaucoup à tomber de fièvre en chaud mal, et à se tirer d'un bourbier pour se jeter dans un puits et s'y noyer sous pré • texte de s'y bien laver. »