TROISIÈME DOUTE
Si la fourbe faite au pape du faux semblant de soumission à sa bulle peut être excusée de péché mortel, vu les mauvaises suites qui s'en doivent craindre.
1 . Il s'établit sur cette parole de TEcriture : Non Deus volens iniquitatem tu es, et posant pour fondement que comme il ne peut se démentir dans l'amour qu'il a pour la droiture, il a établi pour cela en ce monde des puissances souveraines, des papes, des empereurs et des rois dont il nous a commandé l'obéissance, en se déclarant rigoureux vengeur du mépris que l'on en ferait, il n'en a pas pourtant établi une qui puisse justifier ce qu'il défend, et dontle commandement ou le respect soit capable de permettre ou d'exempter de péché le moindre mensonge officieux ou autre faute semblable en quelque [manière] que ce soit. Et de là il conclut que le déguisement ou la fourbe dont, en cette occasion, on prétend jouer le pape sous un faux titre de nécessité, regardant un fait très important et d'une suite très pernicieuse à la vérité et la religion des principaux dogmes de la foi, ce déguisement est tout à fait criminel, et ne peut être excusé de péché mortel par aucune couleur ou ombre de respect.
Il considère que par l'aveu même des Jésuites au sujet de ces conférences, le pape s'étant mépris au sens de Jansénius, et d'ailleurs étant constant au jugement de ceux dont on exige la signature que le vrai sens de Jansénius n'est autre que celui de la grâce efficace, il est impossible de feindre qu'on croit à la bulle et à la définition des faits qu'elle établit, savoir : que les propositions sont dans Jansénius, et qu'elles sont condamnées au sens de Jansénius, qu'à même