Ms. : Paris
220 MÉMOIRES DE GODKFROl HERMANT
quant à l'exemple des docteurs de Louvain, il disait que ce ne sont pas les chutes des saints qu*il faut imiter, mais leurs larmes et leur vertu. Que la résistance faite par ces Messieurs à la signature jusqu'aux dernières extrémités montrait la [résolution]' qu'ils avaient de ne la devoir pas faire pas force; que l'ayant fait, c'était un pitoyable exemple de Tinfirmité de notre nature abandonnée à ellemême. Qu'en le faisant, et se voyant dans l'inévitabilité de leur chute, ils eussent eu soin de tomber ou de se laisser choir sur de bons oreillers, et de protester qu'ils n'abandonnaient pas saint Augustin et saint Thomas dans les matières de la grâce, c'était une preuve du remords qu'ils en avaient eu alors, de celui qu'ils en avaient encore et de celui qu'ils en auraient toute leur vie, et de leur résolution secrète de s'en relever aux occasions par l'appui de ces deux grands maîtres. Il finissait cet écrit par ces paroles de l'Apôtre, 2. Tim., cap. 3 : Omnes qui pie volunt vivere in Christo Jesu persecutionem patientur. Mali autem homines et seductores proficient in pejus, errantes et in errorem mittentes. Tu vero permane in iis gua,' didicisli et crédita sunt tibi etc.
On a employé autant qu'il a été possible dans l'extrait de cette dissertation les propres termes de l'auteur, qui pour n'être pas dans toute la pureté possible, ne laissent pas d'avoir une force et une hardiesse surprenantes, et de faire voir qu'il y avait encore dans l'Église d'autres défenseurs de la vérité que ceux que l'on amusait et que l'on trompait à Paris.