‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 157 sur 455 · LIVRE XXXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXXII

Louvain, à Paris, à Rome, et que, pour éviter ce mauvais pas, ils se sont fait honneur d'éviter une épreuve si fâcheuse et si désolante, et ont fait voir que c'était l'entendre de tromper le monde en l'édifiant {sic).

Mais il faisait voir que ces promesses des Jésuites devaient être fort suspectes, et pour le prouver, il renvoyait son ami à la lecture de la 9** lettre provinciale, où Louis de Montalte faisait voir que ni paroles, ni promesses, ni jurements, n'embarrassent jamais la conscience des Jésuites, et que les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards de l'agréable Père Escobar leur ayant montré toutes les routes d'ambigu, leur avaient enseigné, quand ils se voyaient pressés par un chemin, de s'échapper par quatre.

6. Il ajoutait que cet aveu lui était suspect et lui faisait craindre que les attraits dont ils les flattaient et les menaces dont ils les effrayaient ne fussent autant de leurres ou d'épouvanlails et de battements de buisson pour les faire donner dans le piège et les tirer à une action solennelle dont, en qualité de bons traftqueurs, ils avaient déjà étudié l'usage qu'ils en devaient faire, et avaient compté, calculé et supputé tous les avantages qu'ils en pouvaient espérer, ut fiant novissima Ecclesiœ priora pejoribus.

Il priait cet ami de lui dire s'il croyait que les Ethiopiens pussent blanchir leur peau, les léopards perdre leur variété et leur moucheture, et les Jésuites aller de bonne foi en une affaire où ils s'étaient si fort engagés, et où ils ne se pouvaient maintenir que par des fourberies, biaisements et manquements de [parole].

7. Et quant aux exemples qu'on alléguait aux disciples de saint Augustin, d'imiter la prudence et la sagesse du Parlement de Paris, qui cède avec respect aux volontés absolues de Sa Majesté quoiqu'il soit fondé en raison, et la piété des professeurs de Louvain *, qui après s'être longtemps défendus avaient enfin ployé à la signature, il répondait à cela que le Parlement ne pouvait résister aux volontés absolues du prince sans causer par cette conduite le renversement de l'État, ou bien que les Jansénistes étaient obligés en cette rencontre de s'excuser envers le Saint Siège pour ne pas voir le renversement de la religion. Et

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