‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 165 sur 455 · CHAPITRE XVÏl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVÏl

Assemblée de la Faculté au commencemeut du mois de mai, et ce qui s'y passa entre le doyeu et le syndic. Les docteurs députés dressent six articles en forme de déclaration qu'ils présentent au Parlement et au roi.

Dans l'Assemblée de la Faculté qui se tint pour le prima mensis du mois de mai, M. Grandin, interdit du syndicat par arrêt du Parlement, ayant voulu proposer à l'ordinaire comme si l'autorité de la cour n'eût donné aucune atteinte à la sienne, M. Messier, doyen de la même Faculté, l'interrompit pour lui dire qu'il lui était défendu par arrêt de faire la fonction de syndic, et qu'il fallait obéir, et parce qu'il insista à parler sans avoir égard à ce qu'il lui remontrait touchant cette interdiction, M. iMessier [sortit] sans que personne le suivît, ce qui fit croire à quelques- uns que cette résistance du doyen ne se faisait de sa part que de concert et par intelligence avec lui, dans le seul dessein de lui donner par sa sortie le moyen de remédier aux maux qu'il s'était attirés lui-même par sa mauvaise conduite..

M. Grandin, continuant à parler, dit que la Faculté était

en mauvaise odeur auprès du roi, à cause qu'on lui persuadait qu'elle avait de mauvais sentiments contre son autorité, et qu'il serait à propos de députer vers Sa Majesté pour lui faire des déclarations contraires, dont il fit quelques ouvertures, et la chose fut ainsi conclue par M. Coppin, que la sortie de M. Messier avait rendu président de l'assemblée. On nomma pour députés MM. de Mince, Morel, Bétille, deBréda, Grandin, Guyard, Guischard,Gobillon,Cocquelin* et Montgaillard, pour enfermer dans quelques propositions qu'ils devaient porter au Parlement et au roi les véritables sentiments de la Faculté touchant l'autorité royale.

Ces députés s'assemblèrent le lendemain, jour de l'Ascension, et dressèrent six articles.

Le lendemain, vendredi, M. le Procureur général entra dans la Grand'chambre et demanda le rétablissement des condamnés, attendu la réparation qu'ils en avaient /aite par ces proposions. Il fut dit que Ton en délibérerait.

Le 8^ la Faculté eut audience du roi sur les dix heures do matin. M. l'archevêque de Paris, portant la parole, dit à S. M. que la Faculté avait toujours été fortement attachée à la défense des droits de la couronne ; qu'elle ne changerait jamais de dessein, et que pour en assurer encore davantage S. M. et fermer la bouche à ceux qui voulaient l'assurer du contraire, elle lui portait sa déclaration sur quelques propositions qui comprenaient tout ce qui regardait l'autorité du roi, lesquelles il lut l'une après l'autre en français, ayant été traduites sur le latin; et après il ajouta qu*[ellej avait grande douleur de se voir par le dernier arrêt de la cour retranchée (sic) de son syndic, qui s'était toujours dignement acquitté de cette charge, et suppliait S. M. d'ordonner qu'il fût rétabli. Voici les propositions :

Declarationes FacuUatis Parisiensis factae apud regem super quibusdam propositionibus quas nonnulli voluerunt ascribere eidem Facultati.

IVon esse doctrinam FacuUatis quod Summus Pontifex aliquam in temporalia régis christianissimi auctoritatem habel;

1. Nicolas Cocquelin, docteur en Sorbonne, succéda à Duhamel comme curé de Saint-Merry, puis comme chanoine. Il mourut en

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