V. Œuvres d' Arnauld, t. XXI, p
voudra obliger de sigoer ce qui a été résolu par l'Assemblée touchant la condamnation de Jansénius, surtout si le pape le confirme, ou en s'adressant aux personnes qu'il croira suspectes comme à nous, ou ne donnant point d'approbation pour confesser ou pour prêcher qu'en signant cela.
Si l'on juge que Ton ne le peut faire eu conscience, suffirait-il de dire que c'est un fait dont on n'est pas assez imformé, et qu'ainsi on ne peut pas assurer en conscience qu'une chose est, n'étant pas assuré qu'elle soit? Que si l'on est plus instruit, peut-on dire nettement qu'on ne peut pas assurer une chose étant assuré du contraire?
Réponse de M, de Barcos.
Il faut dire que celte affaire ne regarde ni la foi ni la discipline de l'Église, mais le fait d'un particulier. Que c'est dans ces deux points seuls, de la foi et de la discipline, que l'Église exige des fidèles d'être conformes et de confesser leur uniformité et leur union, comme dans deux points nécessaires au salut. Mais qu'en ceux qui regardent les particuliers et les faits des particuliers elle n'oblige personne de se déclarer ni même d'en être informé, parce que cela n'est pas nécessaire pour être sauvé. Et tout ce qu'elle demande dans les décisions qu'elle fait sur ces points, c'est qu'on lui témoigne respect et soumission en ne s'y opposant point et se tenant dans la paix et le silence. Ce qu'on est résolu de faire dans cette rencontre. Qu'on reconnaît et confesse la vérité de la constiution du pape contre les cinq propositions, et qu'on la reçoit absolument sans restriction ni explication. Mais de savoir si Jansénius est contraire ou non à cette constitution, que c'est une pure question de fait, dans laquelle les particuliers peuvent bien errer sans danger du salut, puisque tout le monde demeure d'accord que l'Eglise même se peut tromper dans cette sorte de questions, et qu'elle n'est infaillible que dans celles de la foi et de la discipline ou des mœurs. Qu'on n'a jamais vu que lorsque les rois ou les parlements ont prononcé un arrêt touchant les affaires des particuliers, ils obligent chacun de leurs sujets à le signer et à déclarer s'ils l'approuvent ou non, se contentant qu'ils n'y contreviennent point et ne les combattent point en troublant la paix publique; et que ce serait au contraire la troubler et