‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 205 sur 455 · Pierre Petit, mathématidea et physicien · texte numérisé non relu

Pierre Petit, mathématidea et physicien

288 MÉMOIRES DE GODEFROÎ HBRMANt

Pères d'en venir faire une satisfaction publique, tête nue et avec une extrême confusion.

Le samedi 16 du même mois, M. Amyot curé de Saint- Merry, si célèbre par son zèle contre les disciples de saint Augustin, mourut sur les quatre heures du matin, et alla paraître devant le grand juge dont le tribunal terrible est capable de faire trembler les plus innocents. L'un des principaux soins qu'il prit pour se disposer à la mort fut d'assurer sa cure de Saint-Merry à quelqu'un de sa famille. Il avait un neveu, docteur de Sorbonne, qui portait son nom; mais un autre nommé Raulin, qui avait été officier de cavalerie, lui parut plus propre pour cet emploi, et il eut soin de Ten faire mettre en possession de son vivant, sur le certificat du banquier, avant que l'on eût nouvelle que la résignation de ce bénéfice eût été admise en cour de Rome. M. de la Porte*, chanoine de la cathédrale de Paris, qui était en tour de pourvoir à cette cure en cas de vacance, y nomma M. Hersent", bachelier en théologie, principal du collège des Grassins, qui tâcha aussi de se mettre en possession. Mais comme il se présentait pour s'y établir dans les formes ordinaires, on fut surpris de voir M"« Boyer, sœur de M. de Carcavy, et qui avait eu plus de liaison et d'obligation à M. Du Hamel qu'aucune autre de ses pénitentes, tant en sa personne qu'en toute sa famille, le venir accabler de toutes sortes d'injures dans l'église, et lui dire entres autres choses, qu'il fallait l'assommer, et qu'il était janséniste. M. Hersent reçut ces douleurs avec une tranquillité et une constance merveilleuses, se contentant de prendre à témoin ceux qui étaient autour de lui de ce que cette demoiselle avait dit qu'il le fallait assommer. C'est ainsi que la situation présente des affaires changeait les esprits et les cœurs, et faisait lever le masque aux dissimulés et aux hypocrites.

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