LIVRE XXXII
les auteurs, si pour leur bonne fortune, le gretfe de Tofficialité d'Amiens ne leur eût fourni des preuves de leur innocence et sincérité'. » Je me suis donc pensé * de vous en faire Je conte, et vous prier, si vous le jugez à propos, de me répondre trois mots sur ce chef à en pouvoir affermir la titubation de ce vieux père, quasi cessante par la seule mention du greffe d'Amiens. »
On a rapporté cette lettre dans les propres termes du P. Du Four, dont le style est extraordinaire en notre langue. Mais ce qu'il disait de M. Joysel était seul capable de détruire tout le reste de cette prétention de feu M. de Montpellier, car ce grand ouvrage de M. Joysel, dont on menaçait M. de Saint-Amour pour le couvrir de confusion, s'est réduit à rien. Il y a près de vingl ans' qu'on l'attend inutilement, ou plutôt il y a préside vingt ans qu'on ne Tattend plus. Car il n'a point été eu son pouvoir de marquer la moindre infidélité dans le Journal, et il l'aurait perdu de réputation s'il eût renfermé dans un écrit de trois pages le moindre petit recueil des prétendues faussetés de ce docteur deSorbonne. Ni lui, ni aucun autre docteur, ni jésuite, ni qui que ce soit, ne lui a jamais objecté le moindre fait rapporté de mauvaise foi. Et l'été même que ce Journal parut, un ami de M. de La Lane lui demandant si M. Joysel n'y remarquait rien qui fût contraire à la vérité, M. l'abbé de Valcroissant lui répondit en riaut que tout ce qu'il avait pu lui reprocher était d'avoir donné à un estatier de M. le cardinal Antoine une autre livrée que celle qu'il portait effectivement. Outre un caractère de vérité qui règne dans toutes les pages de M. de Saint- Amour, le silence des Jésuites est sa justitication, et plus les menaces de le réfuter ont été publiques, plus la confusion est retombée sur les auteurs de ces bruits vagues et confus*.
1. Ceci fait allusioQ k l'uu des écrits composés au ieiidemaia des Provinciales contre la morale des Casuistes.