‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 23 sur 455 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Suite du Journal de M. Arnauld jusqu'au [ ] de janvier. Il répond à la proposition faite à M. de Comminges par le P. Ferrier.

C'était se jouer de M Arnauld et des autres défenseurs de M. d'Ypres de remettre encore une fois sur le tapis l'éclaircissement du sens de cet évéque, après que l'on était convenu qu'il ne s'en parlerait point. Ce fut ce qui donna occasion à M. Arnauld d'employer le samedi 13 à combattre cette proposition par un écrit dont voici une copie transcrite sur son original :

Mémoire sur la proposition du P. Ferrier, de convenir avant toutes choses du sens de Jansénius,

[Voir l'imprimé]".

Voilà le mémoire judicieux que M. Arnauld donna sur ce projet d'accommodement pour répondre à l'écrit du P. Fer-

1. Hermant a raison de juger très important ce projet d'accommodement rédigé par Tévèque Choiseul; il n'y a peut-être pas de document qui fasse mieux counaître l'état de la question.

2. Voir les Œuvres dArniuld, Paris, Lausanne, 1778, t. XXI, p. 568- 569). Le P. Ferrier fit ce jour-là une étrange eoutre-proposition.

3. Ce Mémoire est imprimé sur le texte d'Hermant dans les Œuvres dCArnauld, t. XXI, p. 677-685. 11 porte la date du 13 janvier 1663»

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rier. On en fournit encore quelques autres plus abrégés qu'il n'est point inutile de faire entrer dans cette relation.

Sur la proposition du P. Ferrier.

« Ou ce que les Jésuites produiront sur le sens de Jansénius et qu'ils condamneront d'hérésie sera tel que nous croirons le devoir soutenir comme catholique, et alors il est fort inutile qu'ils exigent de nous que nous confessions qu'il est aussi de Jansénius, puisque le soutenant nous nous en rendons garants, et que si le pape le condamne, nous ne pourrons désavouer qu'il ait condamné notre sentiment. Ou il sera tel que nous le condamnerons au contraire avec eux, et alors condamnant ce qu'ils appellent le sens de Jansénius, il est fort inutile que l'on déclare de plus que ces sens hérétiques qu'on rejettera comme eux sont aussi de Jansénius, ce qui n'est qu'une pure question de fait dont on est convenu de ne point parler. En un mot, si nous l'avouons comme nôtre, ils n'ont que faire de savoir si nous croyons de plus qu'il est de Jansénius; et si nous le désavouons comme n'étant pas de nous, ils n'ont encore point besoin de savoir si nous croyons qu'il est de Jansénius. Nous dirons dans le premier cas: que ce soit ou ne soit pas là le sens de Jansénius, c'est notre sens et nous le soutenons. Nous dirons dans le second cas : que ce soit ou ne soit pas le sens de Jansénius, ce n'est pas le nôtre et nous le rejetons; ainsi nous ne pouvons être soupçonnés de le tenir. »

Autre mémoire sur cette matière.

« On dit qu'il s'agit de Jansénius, puisque le pape en a jugé, et qu'ainsi il faut en parler dans un accord. On répond qu'il est vrai que le pape a parlé de Jansénius, mais ce n'a été qu'en attribuant à Jansénius les propositions et le sens condamné des propositions, ce qui n'est qu'un fait. Ainsi il ne s'en agit que comme d'un fait. Or, ou nous dirons que ces propositions et ce sens ont été bien attribués à Jansénius, ou nous dirons qu'ils lui ont été mal attribués, ou nous ne dirons rien du tout.

« Que si nous disions le premier, nous n'aurions qu'à signer le formulaire sans avoir besoin de l'entremise de personne. Si nous disions le second, nous résisterions en face au pape. Or nous ne pouvons en conscience faire le

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