‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 242 sur 455 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

M. l'abbé Le Roi se plaiut à M. d'Andilly du mépris que l'on fait de M. Aruauld. Sécurité de M. Girard. DispositioQ de M. Du HameL

Lorsque M. l'abbé Le Roi fut instruit par M. Arnauld, retiré incognito à Haute-Fontaine, de ce qui s'était passé dans cette négociation, il crut ne devoir pas demeurer dans le silence, et son zèle lui dicta cette lettre à M. d'Andilly le 20 de juillet : « Je prie Dieu de tout mon cœur qu'il vous fasse obtenir cette perfection que saint Paul recommande dans ces paroles : Estote perfecti in eodem sensu et in eadem sententia, et que nous ayons un extrême soin de pratiquer un autre avertissement du même Apôtre : Solliciti servare unitatem spiritus in vinculo pacis.

« Je vous nommerais un assez bon nombre de considérables amateurs de la vérité (sans y comprendre M. votre frère, qui mérite bien pourtant, comme vous savez, d'être toujours mis à la tête, avec qui que ce soit qu'on Tassocie), lesquels tiennent le même langage que celui dont je vous envoyai ces jours passés les propres paroles. Vous aurez le plaisir de voir encore, avec cette réponse que je fais à votre dernière lettre du 10, Texlrait de la lettre d'un autre que ce premier, qui contient des choses aussi importantes et assez essentielles. Et je m'assure qu'après tout cela, monsieur, vous me donnerez au moins la permission et la liberté de suspendre mes pensées et ma joie, jusqu'à ce que vous m'ayez fait la faveur de m'instruire pleinement sur l'affaire dont il s'agit,

« Vous ne me parlez que d'une manière extrêmement vague et générale, qui ne fait qu'exciter en moi le désir que j'ai d'être instruit des choses que vous me faites entendre avoir été terminées le plus à souhait et le plus heureusement du monde. Jusqu'à ce donc que vous m'ayez fait cette grâce de m'instruire du détail des choses dont vous êtes si par-

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faitement informé, et que vous m*ayez envoyé une copie des articles de Tacte de la pacification, vous trouverez sans doute bon que je me serve du fameux : Hivreo, fateor, dont vous savez qu'un grand évêque de ce siècle s*est servi dans la rencontre d'une contrariété qui lui faisait une extrême peine. Vous ne m'avez point fait la grâce, Monsieur, de répondre au principal point de ma lettre, en vous retenant de me dire quelle part a eue à ce grand accommodement celui qu'on appelle à si juste titre dans l'extrait que je vous envoie : l'illustre défenseur de la vérité. Mais quand les lettres que j'ai reçues ne m'assureraient pas qu'il s'est retiré et qu'il n'a point voulu participer à cette affaire, la manière avec laquelle vous passez sous silence cet article^là ne me ferait que trop voir la vérité de ce qu'on m*a écrit là-dessus. Car dans les occurrences de cette nature, c'est dire nettement qu'une chose n'est pas que de ne pas dire franchement et hautement qu'elle est. 11 y aurait sans doute trop d'avantage à la dire et à la publier par tout le monde pour en vouloir faire un secret pour la cacher à vos amis. Il ne m'est donc, Monsieur, que trop évident que celui qui jusqu'ici a souffert tout le poids et toute la chaleur du jour pendant que tant de personnes se reposaient sur sa vigilance, sur son courage incomparable et sur ses travaux infatigables; que celui qui jusqu'ici a soutenu quasi tout seul tout le faix et tous les efforts des adversaires de la vérité d'une manière si invincible, si glorieuse, si digne de l'élonnement et de la vénération de tous les siècles, ou n'a point été appelé à la discussion sur la résolution de ce traité de paix que l'on a fait avec les ennemis de la grâce qui s'en déclarent toujours les ennemis, ou n'a voulu y avoir aucune part. Ne me permettez-vous donc pas, Monsieur, de dire au moins sur cela présentement : « HœreOj faleor, jusqu'à ce que vous m'ayez donné l'instruction que je vous demande? • « Pourquoi, Monsieur, cacher une chose qui doit être si publique, à laquelle tant de personnes de diverses conditions et de divers royaumes sont intéressées? Pourquoi, Monsieur, faire un secret d'une chose qui doit être mise en toutes les langues si elle est aussi légitime el aussi bonne qu'on le dit? Ce secret affecté est certainement fâcheux et surprenant. N'avons-nous point sujet de dire sur cela ces paroles qu'on a dites tant de fois dans des rencontres peut-

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