‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 253 sur 455 · LIVRE xxxiîi · texte numérisé non relu

LIVRE xxxiîi

lité de l'Église. Il en était tellement persuadé qu'ayant appris que Promé,parl'espéranced'ungaincertainquiestle charme de tons les libraires, pensait à faire imprimer les dernières lettres que M. d'Angers avait écrites au roi et au nonce, il en écrivit en diligence à M. d'Andilly pour le prier de détourner ce coup, qui ne pourrait être justifié d'une très grande indiscrétion : « L'affaire, disait-il, va le mieux du monde, et c'est un miracle tout visible qu'un succès si inespéré. De sorte que je suis persuadé que celui qui troublera ce grand chef-d'œuvre de la Providence sera très coupable devant Dieu. Les ennemis de la paix sont déchaînés, et le soulèvement des évêques, des Jésuites qui ne sont pas de l'affaire, et des dévots du temps est très violent, et il ne faudrait qu'un présent tel que serait la publication de ces lettres pour tout perdre. »

Mais l'autorité du pape intervint pour montrera M. Girard que les Jésuites, qui l'avaient endormi dans un songe si agréable, se jouaient de lui et de l'Église, et qu'il ne s'était donné tant de peines depuis le commencement de cette année que pour attirer sur lui un nouveau bref fort contraire à toutes ses intentions. H sufût de le lire pour en être persuadé.

Bref du pape sur le dernier accommodement :

Ve.nerabilibus fratribtts archiepiscopi$ et episcopis regni Gall'iœ

Alexander Papa VU, Venerabiles fratres, salutem et apostolicam benedictionem. Ut nulli nostrum incompertum est^.,.

Voilà le fruit de ces conférences si fameuses qui tenaient toute la terre en suspens depuis le mois de janvier; à quoi se termina cette soumission surabondante que l'on avait exigée avec tant d'empressement. Mais on ne savait pas encore en France ce qui se passait à Rome, et ceux qui croyaient tenir la paix dans leurs mains se donnaient encore de nouvelles inquiétudes pour l'obtenir.

Il n'était pas juste que M. de Comminges perdît la récompense de ses travaux. Les Jésuites furent assez reconnais-

1. Suit au ma. la citation du bref, latin et français. Le texte latin est imprimé dans les Œuvres cTAmauldt t. XXll, p. 635.

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sanls des bons offlces qu*il avait rendus à toute leur sociétt^ pour lui procurer celle lettre du cardinal Hospigliosi :

lUuslristime ac Reverendùsime Domine^ Non mihi nunc primum innoluit ardentissimus Dominatio" nis vestne Uluslritsimw zetus in propaganda cathoUcx »«ligionis causa, atque ApostoUcarum contra Jansenium constitulionum extecutione promovenda» Et licet pro vobis res adhuc non successerintf id tamen non obstitit guin Dominationis vêtiras impensum eo super negotio studium S'"» Domino nostro valde fuent acceptum. In prœsenti meliora nobis poU licemur^ cum minime duhitandum videatur iUos in quorum graiiam scripsit Dominalio vestra illustrissima quod tune fir^ miter promiserunt intègre servaturos^ et apostolicis mandatit quw ex Hrevi ad universot Galluv epitcopos dato prœscrihuntur^ sincero animo parituros esse. Cieterum ex eodem Ihevi reliqua oninia inteiliget Dominatio vestra, eui ingens laus (rtbuitur et gloria, quod non exiguam sanê partem in tanto opère perficiendo iaboris,zelo et industrid constantissitfui impenderit. Illud intérim pro certo habeat nihil mihi unquam antiquius fore quam ut operam omnem, nunquam tamen desideria mea exasquaturam, ubicumque lllust» Dominationi vestrœ inservire valeam, paratissimam exhibeam, re ipsa testât uru$ quanti eximia ejus mérita faciam ; cui cuncta a Deo enixe precor,

D. Vestrœ lUutt"

Servitor, J» Cardinalis Hospigliosius.

Honrn, 30 julii 1663.

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