‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 303 sur 455 · V. Œuvres d' Amauld, t. I, p · texte numérisé non relu

V. Œuvres d' Amauld, t. I, p

474 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

des disciples de saint AugusllD, les Jésuites firent une nouvelle tentative pour les engager dans une troisième négociation ; mais pour cette fois ils n'y voulurent point entendre, ils étaient devenus plus sages à leurs dépens. Aussi ces Pères témoignèrent dans ce temps-là môme qu'ils n'avaient rien moins dans le cœur que Tesprit de paix, et on va voir une preuve toute nouvelle de leur fourberie par un incident considérable dont ils avaient formé le dessein pendant ces fameuses délibérations. M"" la marquise de Crèvecœur étant sortie Port-Royal par l'intrigue des Jésuites, de la communauté de Saint-Sulpice et de plusieurs docteurs du parti de Molina, avait réglé les différends temporels qu'elle avait avec les religieuses de ce monastère par une transaction qui avait édifié le public, et fait voir de plus en plus jusqu'où allait le désintéressement de cette maison. Car ayant soumis la décision de leur affaire à l'arbitrage de MM. Le Nain, inattre des requêtes, nommé par les religieuses, et Palluau, conseiller de la grand'chambre, choisi par cette marquise, la chose s'était terminée par une transaction, en vertu de laquelle la maison de Port-Royal lui avait rendu une somme de i^O.OOO fr. et, ce qui était assez extraordinaire, cette contestation s'était terminée au consentement de toutes les parties, ce qui ne [se] voit guère dans le monde quand Tune a tout ce qu'elle demande et que l'autre est condamnée à tout ce qu'elle veut, ainsi que la sœur Angélique de Saint-Jean le mandait à M. ArnaiiUl le 14* jour d'août précédent. M. Palluau, qui était pour M""* de Crèvecœur, ne pouvait s'empêcher d'admirer le détachement de ces filles, et de leur donner des éloges en toutes sortes d'occasions. Il ne restait plus qu'un article pour une cassette de cette dame, qu'on avait brûlée parce qu'elle était pleine de papiers de la maison, qui ne regardaient que la conduite spirituelle, et qu'elle avait ramassés de toutes parts avec une curiosité insatiable avant qu'elle eût donné des marques de sa profonde dissimulation. Elle en prit occasion de dire qu'on lui avait retenu des titres et des papiers de grande conséquence pour sa famille, et ce point demeura alors sans décision.

Le 10 de septembre, M. le comte de Brienne le fils, étant allé chez le sieur Martin, son imprimeur, logé en la rue gaint-Jacques, au Soleil d'or, pour un ouvrage de sa façon

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