‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 304 sur 455 · LIVRE XXX III · texte numérisé non relu

LIVRE XXX III

qu'il avait mis sous la presse, tomba par hasard sur une épreuve d'une lettre que l'on imprimait contre les religieuses de Port-Koyal. L'imprimeur se voyant surpris voulut éluder la découverte de ce petit mystère qu'il était fâché qu'on eût découvert, et répondit que ce n'était rien de nouveau que l'on eût fait pour être publié. Mais M. de Brienne, prenant cette réponse pour une défaite, continua la lecture de cet imprimé, et reconnut que c'était une lettre de Mm» la marquise de Crèvecœur, par laquelle elle voulait rendre raison au public de sa sortie hors du monastère de Port-Royal, et justifier toutes lesplaintes qu'elle avait faites contre ces religieuses et leurs supérieurs, et qu'elle ne cessait encore de faire en toutes rencontres. M. de Brienne ayant prié Martin de lui donner un exemplaire de cette lettre, cet imprimeur s'en défendit d'abord le mieux qu'il put, mais enfin il s'accorda à cette demande, parce que le comte lui dit que c'était uniquement pour la montrer à M. son père qui la tiendrait fort secrète.

Au sortir de cette imprimerie, M. de Brienne étant allé aux Jésuites s'adressa directement au P. Labbé, pour lui demander un exemplaire de cette lettre, pour la faire voir à M. son père comme étant un ouvrage d'une de ses parentes. Le bon Père voulut feindre d*abord que celte pièce lui fût inconnue ; mais M. de Brienne lui ayant fait le récit de ce qui venait de se passer sur ce sujet entre le sieur Martin et lui, non seulement il en reçut un exemplaire, mais il sut même de lui que Muguet, libraire, en serait le distributeur. M. le comte de Brienne, ne perdant pas un moment de temps, alla chez Muguet, luiditque P. Labbé l'avait envoyé vers lui pour avoir des exemplaires de cette lettre, et sur cette parole, il en obtint autant qu'il en voulut, et en laissa un le jour même au libraire Savreux, après lui avoirraconté toute celte petite histoire.

Le lendemain 15, Savreux trouva le moyen de faire tomber cet exemplaire entre les mains de M. de Sacy par le moyen de M. Fontaine*; mais après avoir lu cet écrit, ils reconnurent que c'était une lettre que M-^*» la marquise de Crèvecœur avait déjà fait courir contre le monastère de Port-Royal aussitôt après qu'elle en fut sortie, et crurent

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