LIVRE xxxm
qu'elles n'eussent été auparavant visitées par le syndic et les adjoints des libraires au collège royal dit de Cambrai, et il était enjoint à ces ofticiers de la librairie de faire une description de tous les livres qu'ils y trouveraient. La publication de celte nouvelle ordonnance se fit à l'occasion du Journal de M. de Saint-Amour, sur l'avis que les Jésuites avaient eu qu'il en était venu plusieurs exemplaires dans des balles, et qu'on les avait sauvés adroitement par le moyen d'un billet que l'on avait pris du syndic ou d'un adjoint des libraires, sur lequel jusqu'alors on enlevait les balles des livres pour les porter où l'on voulait et les ouvrir sans la participation de ceux qui auraient pu les confisquer ou les déférer au magistrat.
Toutes ces précautions politiques étaient suggérées par les Jésuites, qui se donnant par leur crédit toute liberté d'imprimer ce qui leur plaisait contre l'innocence et la réputation de leurs adversaires, voulaient lier les mains à tout le monde pour les empêcher de répondre à leurs calomnies et de soutenir la vérilé. Mais tous leurs efforts n'ont jamais eu sur cela le succès dont il s'étaient voulu flatter, et cette vérité qu'ils voulaient tenir captive dans les ténèbres en est toujours sortie glorieusement.