‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 329 sur 455 · LIVRE XXXIV 5Q · texte numérisé non relu

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ancien que lui^ il avait droit de parler, et que ce n*était pas de lui qu'il devait apprendre ce qu'il aurait à faire. Mais quand il eut repris sa place, il prit une nouvelle vigueur et opina sur les trois points. Il dit sur le premier qu'on ne pouvait rien ajouter à la conclusion qui venait d'être lue ni la corriger en rien sans la défigurer et sans déshonorer le tribunal de l'Inquisition. Il soutint que n'ayant point été changée, il la confirmait dans toutes les parties. Sur le second, il dit que pour reconnaître les grands et signalés services que la Faculté avait reçus des réguliers depuis plusieurs années, il était d'avis qu'elle fît son affaire delà leur, et qu'elle députât vers le roi pour le supplier de révoquer l'arrêt de son Conseil, et casser ceux du Parlement comme ayant été rendus par attentat. Sur le troisième, il loua M. Grandin de son zèle, de sa vigilance, de sa sagesse, et des soins qu'il avait pris dans le temps de l'administration de sa charge de maintenir la discipline et la bonne et saine doctrine dans la Faculté. Il le pria instamment de vouloir encore accepter pour deux ans cette pénible administration, et d'entreprendre ce nouveau travail pour Ihonneur de la Faculté. Qu'à la vérité il estimait beaucoup M. de Bréda pour cette charge, mais que comme il était infirme et dans l'emploi d'une grande cure, il croirait le charger trop que de lui imposer encore les peines et les soins que le syndicat demandait pour son administration. Que néanmoins, si la Faculté ne jugeait point à propos de faire cette prière à M. Grandin pour faire cette fonction, il nommait M. de Bréda, et pour conscripteurs ceux qui l'étaient auparavant.

M. de Paris dit que M. de Mince Avait eu raison de s'opposer à la conclusion qui venait d'être lue, parce qu'elle était contraire à celle qui avait été prononcée dans l'assemblée du premier jour de septembre. Il remontra qu'il n'y avait rien qui eût jamais favorisé le tribunal de l'Inquisition dans la Faculté, n'y ayant rien en effet de si contraire à ses maximes et à l'usage de sa discipline; que ce tribunal ne s'accommodait nullement avec les mœurs de la France; qu'il n'y avait jamais eu de pouvoir et d'autorité; qu'il était de l'honneur de la Faculté de se maintenir dans ses droits et de soutenir sa conduite à l'égard de cette juridiction étrangère. Il blâma ceux qui avaient altéré la con-

clusion en ce point, et déclara qu'il fallait ajouter que la Faculté ne reconnaissait l'Inquisition en nulle manière. Il remercia M. Grandin du soin qu'il avait pris d'exercer la charge de syndic; il nomma M. de Bréda en sa place, et s'étendit en peu de mots sur ses bonnes qualités, donna sa voix à MM. de Mince et Guignard, principal des Grammairiens de Navarre, pour faire la fonction des conscripteurs, et passa sous silence toute l'affaire des réguliers.

M. de Luçon loua aussi le zèle de M. de Mince d'avoir averti la Faculté de ce changement qu'on avait fait dans la conclusion : il parla fortement contre Tlnquisition comme contre un tribunal dont les excès avaient été fort préjudiciables à notre France, qui avait troublé son repos et exposé la sacrée personne de nos rois. 11 parla avec éloges de ravis de M. de Paris sur cette matière, et réfuta en peu de paroles ce que M. d'Auch avait dit en faveur de ce tribunal. Il nomma M. de Bréda pour syndic, et parla de lui comme de celui de tous les docteurs de la Faculté qu'il jugeait des plus capables pour exercer cette charge. Il nomma pour conscripteurs ceux sur lesquels M. de Paris avait jeté les yeux, et s'abstint comme lui de parler de l'afTairè des réguliers.

M. Coppin parla ensuite en sa manière, qui était de ne rien faire qui pût former un avis juste et raisonnable. Il loua M. Grandin et le remercia d'avoir exercé honorablement sa charge de syndic. 11 dit qu'il ne pouvait pas nommer M. de Bréda, parce qu'il n'avait pas une santé assez forte, et que d'ailleurs les fonctions de sa cure l'occupaient assez et demandaient un homme tout entier; mais qu'il donnait sa voix à M. Guyard, qui s'était déjà signalé dans la charge de syndic, et qui avait beaucoup mérité de la Faculté; que c'était un homme qui pouvait se donner tout entier à cet emploi, n'en ayant point d'autre dans l'Église qui le partageât. Comme il ne jugeait des obligations et des devoirs de cette charge que par la considération des intérêts de la maison de Navarre, dont il était l'ancien, et M. Guyard l'un des docteurs de celte maison, ne considérant ni le mérite personnel, ni les règles de l'honneur, de la charité et de la justice chrétienne que M. Guyard avait violées si outrageusement durant son syndicat^ cette rai-

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