LIVRE XXXIV
ces propositions en elles-mêmes, aux termes qu'elles étaient conçues, et que la doctrine de Jansénius n'étant pas marquée ni déterminée, cela n'emportait autre chose qu'une idée générale d'une condamnation qui ne tombait que sur une doctrine, laquelle avait pu être représentée au pape et que Sa Sainteté avait pu avoir dans l'esprit sous le nom et le titre de doctrine de Jansénius, et qu'ainsi il fallait avant toutes choses que les évéques et les papes déclarassent quelle était cette doctrine hérétique, étant impossible que des hommes qui ont des yeux et de la lumière, et qui entendent la théologie, voient une autre doctrine dans un livre que celle qu'ils y lisent et qui se découvre à leurs yeux. Qu'en cette rencontre tout ce que pouvaient faire ceux que l'on pressait de signer était de ne rien dire, de se tenir dans le repos et ne pas contredire positivement le pape et les évoques, puisqu'ils étaient résolus de ne pas agir autrement. Cette conférence se finit ainsi avec peu de satisfaction de part et d'autre, M. de Toulouse eu étant demeuré à la décision des papes et des évèques, et à l'obéissance aveugle qu'ils exigeaient, et M. de La Lane soutenant que ni le pape ni les évéques ne devaient pas exiger davantage de lui et des autres qu'une soumission extérieure sur les laits, et non une soumission de créance. La prévention des prélats sur une cause dont ils n'avaient jamais examiné le mérite était trop grande pour être désabusés si promptement par les plus fortes raisons, et ils voulaient à quelque prix que ce fût que leur seule autorité fût une souveraine loi, même en matière de fait, et que l'on ne pût sans révolte ne pas recevoir toutes leurs décisions.