‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 351 sur 455 · LIVRE xxxiv · texte numérisé non relu

LIVRE xxxiv

qui n'auraient fait nulle [réflexion] * sur l'indigne traitement que M. l'évêque de Commiages avait reçu; et que comme ils étaient en des pays très éloignés, il serait très difficile de les forcer par Tautorité du roi; qu'ainsi il fallait chercher les voies de remédier à cet inconvénient. Les autres disaient qu'il serait aisé de les forcer à se rendre à cette délibération, parce que l'autorité du roi serait soutenue par les troupes qui étaient dans leur province, et qui seraient prêtes de marcher au premier commandement du gouverneur, et que l'intendant de justice pourrait faire la saisie, et mettre des garnisons chez leurs fermiers et leurs receveurs. Les autres avaient peine d*entendre ainsi parler des évêques contre d'autres évéques irréprochables dans leurs moeurs, et auxquels on ne pouvait reprocher qu'un défaut d'uniformité extérieure avec leurs confrères sur un point de fait. Ils disaient qu'il fallait employer la douceur, et tâcher de les gagner en leur représentant les maux qu'ils s'attiraient s'ils refusaient plus longtemps de faire signer, après que le roi avait promis main-forte aux prélats assemblés pour soutenir leur délibération, et que le pape était résolu de faire exécuter son bref en la manière qu'il leur avait fait savoir par le R. P. Annat et par ses confrères, et par [les lettres] * du cardinal Rospigliosi qu'ils avaient vues. Les autres représentaient que comme on n'avait point d'autres voies que celle de la prière et de l'exhortation, il en fallait demeurer là, et ne se pas mêler de l'exécution, les évêques qu'on voulait pousser n'ayant à répondre qu'à Dieu de leur conduite; qu'il fallait seulement les exclure de leurs assemblées jusqu à ce qu'ils eussent exécuté leurs ordres pour la signature du formulaire. C'était ainsi que des évêques qui ne réïidaient ordinairement qu'à la cour pour en poursuivre les grâces traitaient leurs confrères qui étaient continuellement appliqués à la conduite de leurs troupeaux, et ne venaient jamais à la cour, ou n'y venaient que pour y soutenir les droits de Tépiseopat, ou pour y défendre leurs ouailles contre ceux qui les voulaient dévorer.

Les lettres étant donc toutes dressées, et le jour pris

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