CHAPITRE X
Enlèvement de M. Richard, curé de Triel, daus les prisons de rarchevêciié de Ronen.
M. rarchevéque de Rouen était Tun des évéques de cour qui se signalaient le plus dans Toccasion de ce nouveau bref. Et comme il avait toujours aiïecté, depuis qu'il s*éiail déclaré pour les Jésuites contre les disciples de saint Augustin, de faire des choses extraordinaires et éclatantes, il n'attendit pas ce que le roi ordonnerait sur la délibération de l'assemblée, ni comment la lettre des évéques qui la composaient serait reçue à Rome, et il voulut faire un coup d'autorité, afin que le bruit qui en devait être la suite naturelle servit à hâter la déclaration du roi.
Il y avait quelques années que M. Richard, curé de Triel, avait eu un dilTérend assez public, ainsi que l'on a vu ci-dessus*, avec M. Magnet, docteur de Sorbonne, vicaire général de Rouen et archidiacre, pour n'avoir pas voulu quitter Tétole dans une visite que cet archidiacre avait faite de sa paroisse 11 avait aussi été poussé sur la signature du formulaire, et avait embarrassé les officiers du grand-vicariat de Pontoise par une justification de sa foi. M. de Rouen jeta les yeux sur lui en ce temps-là comme sur un digne sujet pour lui faire ressentir les effets de son indignation, en donnant des ordres secrets de le transférer dans les prisons de son ofOcialité de Rouen avec toutes les solennités qui accompagnent ordinairement les actions violentes où Ton ne se met nullement en peine d'observer les lois et les formes de justice. Ses ordres furent si fidèlement exécutés que le sieur Magnet parut tout d'un coup en plein midi à la tête d'une troupe de satellites qu'il avait ramassés, et s'étant emparé de toutes les avenues et du presbytère de ce curé, se rendit maître de sa maison, et ensuite de sa personne.
M. Richard, qui passait pour l'un des plus sages et des plus charitables pasteurs de tout le diocèse de Rouen, ayant demandé à ces archers ce qu ils désiraient de lui, et quelle