‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 375 sur 455 · LIVRE xxxiv · texte numérisé non relu

LIVRE xxxiv

ayant fait imprimer pendant cette année une seconde fois le livre de ce défunt archevêque de Toulouse intitulé De concordia regni et sacerdotii, avec la rétractation de la rétractation de ce prélat, cet ouvrage, augmenté d'une seconde partie et de plusieurs nouvelles preuves dans les quatre premiers livres, irrita extraordinairement la cour de Rome, dont les partisans prétendirent pour se flatter qu'il n'était point de cet archevêque, qu'il était [du seul (?)] Baluze* et qu'ils feraient imprimer la pahnodie de ce bonhomme, qui était trop honnête homme pour avoir écrit le contraire. Ce discours, qui était fort peu plausible, ne laissa pas de toucher M. l'archevêque d'Auch à un tel point que, pour ne pas se commettre avec cette cour ultramonlaine dont toutes les prétentions lui étaient des lois inviolables, il fit sortir de chez lui ce bibliothécaire, qui étant dans tous ses sentiments contre les disciples de saint Augustin, lui était fort opposé sur le fait de l'infaillibité du pape et des maximes de l'Inquisition. Mais il fit sa fortune en rhumiliant, et M. Colbert, ministre d'État, n'a point fait de difficulté de l'attachera sa personne en celte même qualité de bibliothécaire, qui lui a donné le moyen de mettre au jour plusieurs collections de canons, de capitulaires et de plusieurs autres ouvrages de l'antiquité, quoique les privilèges du roi lui aient manqué depuis ce temps dans tous les temps auxquels M. Séguier, chancelier de France, a tenu les sceaux.

Comme on avait parlé en France de plusieurs miracles faits en Angleterre par un prêtre hibernois, M. Taignier avait pris la liberté de tâcher de s'en éclaircir par lettres avec M. d'Aubigny, qui lui fit cette réponse de Londres datée du 20 de novembre, vieux style :

« Je vois bien par la lettre que vous m'avez écrite qu'il ne faut pas moins que des miracles pour vous obliger à m'écrire. Je vous aurais fait réponse bien plus tôt, n'eût été quej'ai reçu votre lettre fort éloigné de Londres ; et que depuis que la cour y est de retour, l'extrémité de la maladie que la reine, ma maltresse, a eue ne m'a pas laissé un moment de loisir. Car, pour ma paresse que vous connaissez, je n'en suis en cette occasion point coupable.

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