‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 376 sur 455 · Sic · texte numérisé non relu

Sic

576 MÉMOIRES DE GODBFROl UERMANT

« Je ne satisferai assurément pas à l'altenle où vous êtes sur les miracles de ce bon prôtre irlandais, puisqu'il est certain qu'en trois semaines qu'il a été sous ma juridiction dans la chapelle de la reine, il n'a pas élé en mon pouvoir de remarquer aucune guérison qui ensuite n'ait été entièrement ou nulle, ou tellement diminuée, que les mêmes inûrmités ont paru à l'étonnemenl de ceux qui se croyaient auparavant entièrement guéris. Je sais bien qu'en France ou en a parlé tout autrement, il est venu ici des gens de qualité qui ont passé la mer pour être guéris par ce bonhomme. La foule a été si furieuse que dans le temps qu'il a été ici, j'ai été assiégé par des troupes entières de protestants qui voulaient à toute force que ce bonhomme les guérit. M. de Huvigny * était dans ma chambre lorsqu'un ministre protestant me fit appeler et me dit qu'il venait me remercier de la guérison qu'il venait d'obtenir par ce bonhomme de la surdité d'une de ses oreilles. 11 m'en assura d'un visage si enflammé, et sortit de chez moi dans un si grand enthousiasme, que n'en ayant point eu de nouvelles depuis, je ne sais ce que j'en dois penser.

« Il est certain que ce bouhomme a beaucoup de simplicité et d'innocence en toutes ses actions ; et quoiqu'il ne soit pas fort docte, on ne lui entend rien dire que l'on puisse accuser d'ignorance aux choses qui regardent son ministère. Il est très désintéressé, ne prenant aucun argent que pour la nécessité. Les évoques protestants de ce pays obligèrent le roi* de prier la reine de le faire absenter, ce que la reine jugea être à propos, ne trouvant rien d'assez convaincant pour soutenir la protection qu'elle lui donnait en qualité d'un de ses chapelains. Il est maintenant en Irlande, où les mêmes choses se disent de lui qu'auparavant, et comme il ne se fait aucune information juridique, ni selon les formes de l'Église, de tous ces prétendus miracles, il est impossible d'en être plus éclairci que par ce que je vous en mande.

c 11 est arrivé dans la maladie et dans la guérison de la

t. Henri Massues, marquis de Bouneval et de Ruvigny, beau-frère de Tallemaul des Réaux. Il se retira en Angleterre après la révocaliou de l'édit de Nantes et y mourut en 1692.

2. Cbarles II (1630-1685). Il avait épousé eu 1662 Catherine, infonte de Portugal, qui mourut en 1705.

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