LIVRE XXXIV
Le sixième traitait du Second dessein des Jésuites de se procurer des moyens pour attirer les prétentions de la cour romaine contre tes arrêts du Parlement et les conclusions de la Sorbonne. On commençait par la première preuve de ce dessein.
Le but du septième était de montrer que l'injure faite à révégue qui avait écrit au pape faisait voir le dessein qu'on avait de se servir de cette occasion pour rétablir en France les plus injustes prétentions de la cour de Rome.
Le huitième contenait d'autres preuves du même dessein^ et prouvait que Vhonnble excès des Jésuites contre la mémoire de Philippe le Bel était une image de ce qu'ils se préparaient de dire en ce temps.
Le neuvième établissait que le principal but de la cour de Rome dans l'affaire des cinq propositions avait été de ména^ ger une occasion favorable pour faire reconnaître Vinfaillibilité du pape.
Le dixième était une réponse à ceux qui prétendaient que la conduite que Von tenait n'engageait point à croire l'infaillibilité du pape, parce que les constitutions avaient été reçues par tous les évéques.
Dans la onzième, il était prouvé que tout ce qu'on faisait engageant à croire l'infaillibilité, engageait aussi par une conséquence nécessaire à croire que les papes avaient le pouvoir de déposer les rois.
Le douzième était une Réfutation de diverses couleurs qu'on apportait pour détourner le roi de veiller à ce qu'on ne fît aucun préjudice d ce qui avait été fait par le Parlement et par la [Sorbonne]'. Et on y trouvait entre autres choses la réponse à cette objection que l'on pouvait faire, que Sa Majesté n*avait besoin de personne que d'elle-même pour maintenir ses droits, qu'elle avait son épée pour les maintenir, et qui était plus forte que toutes les plumes, et qu'elle avait une voie assurée pour ruiner tout ce qui viendrait de Rome, qui était de le faire rejeter par les Parlements de son royaume. L'auteur de cet écrit faisait voir que ceux qui parlaient de cette sorte connaissaient mal l'esprit de rhomme, et ce que pouvait envers les peuples un faux prétexte de religion. Que ce n'était que parmi les barbares que
!. Ms. Rome.
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ce qui plaisait au plus fort était la règle de la justice; que la foi des chrétiens ne se conduisait pas par là. Que les Jésuites, qui étaient répandus dans tout le monde et qui y avaient partout des écoles^ inspiraient à tous ceux qui enseignaient\ comme une vérité, que le pape est infaillible, et ne craignaient pas de dire que, hors de la France, tous ceux qui ne croyaient pas l'infaillibilité étaient réputés manifestement hérétiques. On faisait voir les mauvaises suites de cette prétention du Père Théophile Raynaud, et ce que Ton en devait attendre quand ces Pères auraient persuadé que nulle acceptation des évéques n*était nécessaire.
Il concluait en découvrant que les desseins des Jésuites avaient été de regarder les arrêts du Parlement et la conclusion de la Faculté comme un torrent qu'il fallait laisser passer, et de commencer la ruine de leurs ennemis par la dissimulation et par l'artifice, aHn de l'achever parla force en les faisant traiter d'hérétiques par des évéques qui n^épargnaient pas même leurs propres confrères, puisque leurs exhortations étaient des menaces.
Cet écrit fut lu avec beaucoup d'estime et d'approbation par les personnes équitables, et M. de Stain, fils de M. de Harlay, procureur général au Parlement, dit sur son sujet à M. Le Nain, maître des requêtes, qu'il eût voulu avoir deux choses des jansénistes : leurs mœurs et leur éloquence. Et M. Brousse, écrivant à M. Taignier. lui mandait que les choses en auraient mieux été si l'on eût toujours écrit de la sorte. Et M. l'abbé de PontchAleau, se trouvant vers ce temps-là avec M. de I^ Rochelle, sur ce que cet évêque lui demanda ce que prétendaient les jansénistes par leurs écrits, il lui répartit qu'ils prétendaient rendre ridicule tout ce qu'on faisait contre eux, et qu'ils y réussissaient assez bien.