‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 49 sur 455 · LIVRE XXXI · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI

ulla unquam specie tuebimur. Eas quippe post summos Pontifices cum tota Eccitisia blasphémas, haereiicas pronuntiamus. Neque etiam Janseniani Augustin! partes suscipimus, ejusve sensiim seu verbo, seu scripto ab errore vindicare tenlabimus, cum hoc sine debitœ sanclissimis Christi Domini vicariis eorumque decrelis observanliae dispendio fieri non posse libenlissime fateamur. Quare ne quid a nobis fides, pietas, aut religiosum ad quod erga sedem apostolicam tenemur obsequium, detrimenli patianlup, constitutiones ab iisdem Innocenlio X et Alexandre VII éditas reverenter excipimus et amplectimnr, eorumque sanctionibus eâ quâ par est animi snbmissione, et qnae calholicos theologos, obedientissim j Sanctae Koraanse Ecclesiae fiiios, apostoiicaeque Sedi arclissimâ communions conjunctos decet, spondemus nos ad extremum usque spiritum obtemperaturos.

Ce projet ayant été rebuté par les disciples de saint Augustin parce qu'il enfermait sans nulle distinction du droit et du fait une entière et égale sounnission aux deux constitutions du pape, les Jésuites leur proposèrent encore celle qui suit :

Quinque propositiones ab Innocentio X et Alexandro VII proscriptas aique damnatas, sensusqueac errores omnes quos in illis proposiliouibus rejicere et anathematizare intenderunt summi duo ilJi Pontifices rejicimus plane, et analhematizamus Jansenii librum, ex quo excerptas ejusmodi propositiones, et in cujus sensu iilas damnatas fuisse definivit Alexander VII nunquam voce, vel scripto defendemus, vel non continere damnatam in quinque propositionibus doctrinam contendemus, atque ad haec prœstanda sincerà ac humili constitutionum Innocentii X et Alexandri VII receptione nos astringimus et obligamus; iisdemque constitutionibus eam observantiam ac venerationem quam a catholicis theologis apostolicaî Sedis majestas, ac summa vicariorum Christi in fidèles auctoritas exigit, inipensuros nos ex animo spondemus e pollicemur.

Les disciples de saint Augustin ne jugèrent pas que ce projet fût plus recevable que le précédent, et ils en dressèrent un autre qui fut présenté aux Jésuites^ quoique M. Arnauld n'y consentît qu'avec beaucoup de scrupule. Il était couché en latin et en français, et divisé en deux colonnes :

Quinque propositiones ab Innocentio X proscriptas, quas Alexander VII ex Jansenio excerptas, et in sensu Jansenii damnatas esse definivit,damnamus ex animo. Neque easdem propositiones sub ulla unquam specie tuebimur : quippe iilas post eosdem summos Pontifices atque adeo cum tota Ecclesia impias, blasphémas, haereticas pronuntiamus. Neque etiam Janseniani Augustini partes suscipiemus, ejusve sensum seu verbo, seu scriptis ab errore vindicare tentabimus, cum hoc nisi Ecclesise pacem, debitamque sanctissimis Ghristi vicariis eorumve decretis observantiam violando fieri non posse Hbentissime fateamur.Quare, ne quid pietas, fides, aut religiosum quod apostolicae Sedi exhibere tenemur obsequium detrimenti patiantur, atque ut base omnia intacta et illabata servari a nobis intelligant universi, constitutiones ab iisdem pontificibus Innocentio X et Alexandro VII super hoc negotio éditas reverenter excipimus et amplectimur, eorumque sanctionibus eâ quâ par est animi submissione et quae catholicos theologos obedientissimos sanctee Romanae Ecclesiae filios, apostolicaeque Sedi arctissimâ communione conjunctos decet, spondemus nos ad extremum usque spiritum^obtemperaturos «.

Avant que M. Hermant eût répondu à deux autres que

Nous condamnons de tout notre cœur les cinq propositions qu'Innocent X a condamnées et qu'Alexandre VII a déclarées avoir été tirées du livre de Jansénius et condamnées dans le sens de cet auteur. Et nous ne soutiendrons jamais, sous quelque prétexte que ce soit, ces mêmes propositions, que nous reconnaissons après ces deux papes et avec toute l'Église être impies, blasphèmes et hérétiques. Nous protestons aussi de ne vouloir jamais défendre le livre de Jansénius, ni entreprendre de justifier son sens, parce que nous avouons que nous ne pourrions le faire sans blesser le respect que nous devons aux vicaires de Jésus-Christ et à leurs décrets. C'est pourquoi, de peur de faire tort à la foi, à la piété et au devoir auquel nous sommes obligés envers le Saint Siège, et afin que tout le monde connaisse que nous ne voulons violer aucune de ces choses, nous déclarons que nous recevons en toute humilité les constitutions des mêmes papes Innocent et Alexandre, et que nous obéirons toute notre vie à leurs ordonnances avec la soumission que nous leur devons, et à laquelle sont obligés des théologiens catholiques, des enfants très obéissants de l'Église romaine, et qui sont attachés au Saint Siège par les liens d'une très

étroite communion.

reçu cette lettre, il avait déjà M. Arnauld lui avait écrites

1. Ce projet se trouve en latin seulement dans les Œuvres cf Arnauld t. XXI, p. 584.

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