‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 53 sur 455 · V. Œuvres dC Arnauld^ t» XXI, p · texte numérisé non relu

V. Œuvres dC Arnauld^ t» XXI, p

^8 MÉMOIRES DE GODEFROI HERMaNÎ

dire à moins que de se rendre abominable devant Dieu et devant les hommes, les ennemis de la paix de l'Église sont venus à bout de l'empêcher. Leur cabale a été si puissante que nous avons sujet de croire que c'est ce qui a porté le P. Annat et le P. Ferrier à rompre le traité par des propositions entièrement contraires à celles dont ils étaient demeurés d'accord le jour précédent, et aux raisons qu'ils avaient de venir à bout d'un accommodement qu'ils avaient témoigné de fort désirer. Il faut le vouloir, puisque Dieu le veut, ou pour mieux dire le permet. Et nous avons cette consolation que ceux mêmes d'entre nos meilleurs amis qui nous blâmaient auparavant d'être un peu trop opiniâtres sont entièrement contents de nous, et que M de Comminges est très satisfait de notre procédé. A quoi ajoutant le point capital, qui est que notre foi est pleinement justifiée, nous ne saurions, quoi qui arrive, n'avoir pas beaucoup gagné dans cette négociation.

« Je crois qu'il sera bon que M. de Beauvais écrive à M. de Comminges pour lui témoigner le gré qu'il lui sait d'avoir agi avec tant d'affection dans cette affaire, et l'exhorter à faire connaître hautement la justice de notre cause ».

M. Hermant ayant reçu ces deux billets presque en même temps répondit ainsi le 19 à celui de M. Arnauld :

« Je ne suis pas tout à fait surpris de la nouvelle fourberie de ceux qui ne veulent point de paix : KprîTsç âel ^^eOccai. Aussi étaient-ils indignes de procurera l'Église un si grand bien, et de faire la fonction d'enfants de Dieu après avoir attaqué sa grâce et sa vérité par une conspiration qui dure depuis plus de soixante-dix ans. Ce qui reste à faire est de faire des protestations à la face de toute TÉglise, et particulièrement de celui qui en est le fils aîné, et de ménager l'arbitre dont la générosité ne se doit point taire en cette rencontre. Notre prélat m'a promis de lui en écrire, mais vous savez qu'il est naturâ et arte, cunctator; et l'affaire a tant de fois changé de face que la prudence obligerait tout le monde à attendre quelques jours avant que de prendre feu. Néanmoins une proposition aussi extravagante qu'est celle qu'on vous a faite paraît une rupture tout entière, et sans espérance de renouer. M. de Beauvais croit, ou que le traité s'est rompu par l'artifice de ceux qui se sont mis à

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la traverse pour en empêcher le succès, ou que nos parties sont les gens du monde les plus ridicules. Tenons-nous en paix, et ayons notre confiance tout entière en la miséricorde de Dieu. »

Ce jour-là même M. Hermant répondit parce billet à un autre de M. d'Andilly différent de ce dernier :

« Le soin que vous avez pris de m'envoyer la relation nouvelle avec un de vos billets m'est un surcroît d'obligation. Depuis ce temps-là j'apprends de M. Arnauld l'entière rupture de la grande affaire par la plus étrange proposition que les ennemis de la paix pouvaient faire pour découvrir ce qu'ils sont.

« C'est une grande bénédiction de Dieu de voir si clairement qu'ils agissent de mauvaise foi, et qu*ils se jouent des évêques après avoir reçu de notre part des preuves de toute la condescendance possible et de toute la soumission que des prêtres peuvent rendre à leurs supérieurs. Ce qui reste à faire de notre part est de faire entendre à toute l'Église de quelle manière les choses se sont passées, et d'en tirer un témoignage authentique de la part de M. de Comminges, qui sera assez sincère et assez généreux pour rendre témoignage à la vérité. Ceux qui pensent l'opprimer se verront confus tôt ou tard, et reconnaîtront quelle différence il y a entre la bonne foi et l'esprit d'intrigue. Ou nous a voulu tendre un piège, mais je ne sais si ceux qui nous l'ont préparé n'y tomberont pas eux-mêmes, et si celui qui résiste aux superbes n'écoutera pas enfin les gémissements de ses serviteurs et de ses servantes.

« Attendons celui qui éprouve notre fidélité en toutes manières, et ayant une si juste cause à soutenir, ne perdons jamais l'espérance. »

Mais dans le temps que Ton croyait toutes ces délibérations terminées par la rupture des Jésuites, il se fît encore de nouvelles ouvertures d'accommodement, dont M. Arnauld donna promptement avis à M. Hermant par ce billet du 20 :

« Il est vrai que notre affaire change à toute heure de face...' »

Le lendemain 21 février, M. Hermant répondit ainsi à ce billet de M. Arnauld :

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