‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 54 sur 455 · V. Œuvres d' Arnauld, t. XXI, p · texte numérisé non relu

V. Œuvres d' Arnauld, t. XXI, p

80 MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

« Il n'y a rien de moins connu que tout ce mystère. Puisque vous nV connaissez rien, vous qui voyez les choses de si près, nous ne saurions vous en rien dire de certain. J'ai vu M. de Beauvais et nos amis, et voici leurs sentiments :

« lo Ils croient qu'une déclaration de vive voix n*est nullement suffisante. Les paroles s'envolent et les écrits demeurent éternellement;

« 2* Une déclaration par écrit ne suffît pas si elle n'est aussi publique que la souscription que l'on demande, ce qui est presque impossible en cette rencontre, car nos connaissances et nos habitudes sont bornées, et les bons Pères en ont par toute la terre. De plus, je ne crois pas que l'on me puisse apporter aucun exemple dans toute l'histoire de l'Église de telles signatures séparées. Il faut que tout se fasse dans un même acte, ou la bonne foi est en grand danger.

« Enfin M. de Beauvais m'a représenté sur cet article qu'un évêque qui donnerait une telle déclaration à son diocésain le mettrait entièrement à couvert, mais que les trois évéques n'ayant pas de juridiction hors de leurs diocèses, cette déclaration ne serait pas fort considérable. Si le pape à qui on voulait écrire l'avait donnée, il n'y aurait point de difficulté.

« 3° Avant que de délibérer si la signature serait licite sans rapport à la déclaration, il faudrait voir ce que porteraient les choses que Ton propose à signer.

« 4° Il n'y a rien de si difficile que de résoudre si l'on doit se soumettre à ces trois évêques.

« En général c'est une chicanerie de la part de ceux qui donnent le change. Ils sont tous fort engagés. M. de Rodez a intérêt d'accommoder l'affaire, mais s'il ne la regarde qu'avec des yeux politiques, il se portera à l'accommodement selon les inclinations de la cour et des bons Pères. Il est fort dépendant de ceux qui lui ont fait du bien : Educatus in domo regnatrice.

« Quant aux Jésuites, ou ils veulent considérer Rome, ou ils tâchent de procurer les seuls intérêts de leur société.

« Le change qu'ils ont pris quand ils ont ouï parler d'écrire à Rome marque assez qu'ils se considèrent euxmêmes. Il faut donc se donner de garde de leurs souplesses

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