‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 69 sur 455 · SIXIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

SIXIÈME CONFÉRENCE

— Lundi 26 de février, M. de Comminges nous ayant ordonné de nous rendre au logis de M. Vévêque de Laon où M. de Rodez, nommé à l'archevêché de Paris et M. de Laon devaient se trouver, nous nous y rendîmes sur les deux heures après midi.

M. de Laon y reçut lui-même celui de nous qui y arriva le premier, et l'ayant conduit dans une chambre le pria d'y attendre son collègue.

Cependant M. de Paris, M. de Comminges^ et les Pères Annat et Ferrier arrivèrent.

Avant qu'on parlât d'aucune affaire, nous souhaitâmes de parler à M. de Comminges pour savoir de lui ce que nous avions à répondre en cas qu'on nous demandât si nous ne nous soumettions pas à tout ce que les trois prélats qui se mêlaient de l'arbitrage ordonneraient; mais le laquais que nous avions prié de faire descendre M. de Comminges ayant fait descendre M. de Laon, nous expliquâmes nos peines à ce prélat avec moins d'ouverture que nous n'aurions fait à M. de Comminges. Sur les trois heures et trois quarts, un laquais de M. de Laon nous vint dire que les trois prélats voulaient parlera nous. Nous montâmes aussitôt et entrâmes dans la chambre où nous trouvâmes les trois prélats debout. L'un de nous fit compliment à M. de Paris, et s'excusa de ce qu'il le saluait la première fois en maison étrangère et dans une conjoncture d'affaires.

Après ces civilités, les prélats s*assirent dans des fauteuils au côté droit de la cheminée, et nous firent asseoir

1. On lit en marge du ms. cette note de l'abbé de Beaubrun : Elle a été imprimée en 1689. C'est probablement une erreur, Quesnel n'en a donné alors que quelques fragment?.

sur des fauteuils semblables aux leurs au côté gauche. Ils nous prièrent aussi de nous couvrir.

iM. de Paris commença le discours par des termes pleins de civilité et d'affection pour nos personnes, et nous protesta que si les choses étaient une fois accommodées, nous serions ceux dont il se servirait le plus volontiers dans l'administration du diocèse.

Ensuite il nous demanda en quel état étaient les choses, ajoutant qu'on lui avait fait entendre qu'il n'y avait plus de difficulté sur le droit; qu'au moins le bruit public était tel; qu'il venait d'entendre les Jésuites, qu'il était juste qu'il nous entendît' à notre tour.

L'un de nous répondit que la question de droit avait été éclaircie dans les conférences avec le P. -Ferrier. Qu'ayant expliqué nos sentiments dans des articles que nous avions dressés sur la matière des cinq propositions, le P. t'errier n'y avait trouvé qu'une seule difficulté, savoir qu'on peut dire en un sens : Sans la grâce efficace, on ne peut. Que ce Père ayant contesté cette expression, nous avions déclaré ne la pouvoir abandonner parce qu'elle était des Écritures, des Conciles et des Pères, et même que les Thomistes l'autorisaient. Que la contestation sur cette expression ayant duré deux conférences, M. de Comminges avait proposé un biais auquel on s'était rendu de part et d'autre, savoir que nous mettrions une explication au pied de l'article, par laquelle nous déclarerions que quand nous avons dit que sans la grâce efficace on ne peut, notre sens avait été : Sans la grâce efficace on n'a pas tout ce qui est nécessaire pour agir effectivement.

M. de Comminges prit la parole et confirma que la chose s'était passée ainsi, et M. de Paris s'en rapporta au dire de M. de Comminges. Il nous demanda ensuite quelle était notre difficulté sur le fait.

L'un de nous répondit que notre disposition sur la décision du fait était de rendre au Saint Siège toute sorte de soumission respectueuse, mais que l'Église n'ayant jamais obligé les fidèles à adhérer intérieurement à des faits non révélés, sur lesquels elle ne s'attribue aucune infaillibilité, nous ne pouvions pas dissimuler que nous n'étions pas

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