‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 74 sur 455 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Retraite entière de M. Arnauld ensuite de cette dernière conférence.

Si plusieurs personnes furent trompées de cette dernière rupture, M. Arnauld le fut moins qu'un autre, n'en ayant jamais attendu rien de bon, et ayant le déplaisir d'avoir sur les bras M. de Barcos, abbé de Saint-Gyran, son ancien ami, qui avait porté MM. de La Lane et Girard à consentir à la plupart des termes affaiblissants que les trois évêques leur proposaient.

M. de La Lane écrivit au même M. Arnauld, le 27, que le P. Annat ne se relâchait en rien et les voulait obliger à condamner le sens de Jansénius. Ge fut ce qui porta ce docteur à exécuter la résolution qu'il avait prise de se dérober aux yeux de ses amis mêmes, de peur de trahir la vérité. Mais il ne le fit qu'après en avoir donné part à M. de Gomminges et lui avoir donné de nouvelles marques de sa reconnaissance et de son respect par cette lettre du 28 février :

« Monseigneur,

« Puisqu'il n'a pas plu à Dieu de donner à vos saintes intentions le succès qu'on aurait pu souhaiter.... *. »>

M. Arnauld prévoyait assez que cette conduite qu'il tenait pour n'être pas pressé par ses amis mêmes le jetterait dans un nouvel embarras. Mais la crainte de succomber à leurs continuelles sollicitations contre sa propre conscience l'emportait au dessus de toutes les autres considérations. Ge lui était une affiction sensible de ce que des personnes pour qui il avait tant de considération étaient disposées à la rupture de la paix". Mais sa fermeté n'était pas blâmée par tout le monde, et M. Retard, curé de Magny-Lessart et docteur de la Faculté, s'en était assez expliqué par cette lettre qu'il lui écrivit le 26 février :

« Monsieur, « Je prends cette occasion de ce que M. de Sainte-Marthe

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