‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 78 sur 455 · Claude Lancelot · texte numérisé non relu

Claude Lancelot

témoigner par une lettre qu'il en écrivit à M. Arnauld la joie qu'il ressentait de la rupture de cette négociation ; après lui avoir mandé que M. deComminges l'attribuait àla délicatesse des uns et à l'opiniâtreté des autres, voici comment il finissait sa lettre :

« Après tout, je vous estime heureux, monsieur, de ce que Dieu par sa bonté vous a délivré de ce piège, qui sans doute était doublement dangereux, et de la part de ceux qui le présentaient, et de la part de ceux qui ne résistaient point avec une force égale à celle que Dieu vous a donnée. Que s'il est vrai que vous avez même eu quelque peine de quelques choses qui ont été proposées, mais qui grâces à Dieu n'ont pas passé; que nous restet-il, monsieur, sinon de prier Dieu qu'il vous fortifie toujours de plus en plus, et que cette peine même que son amour a formée en vous vous serve pour vous tenir plus ferme dans les semblables rencontres à l'avenir. Car pour moi je crains encore des choses plus fâcheuses que peut avoir tout ceci. C'est que, quand on s'est une fois relâché d'un pas, on n'en sort presque jamais, parce qu'il semble que si jamais on vient à renouer dans la suite, on a toujours droit de demander que les choses soient remises au même état qu'on les avait laissées, et qu'on accorde ce qui avait déjà été accordé ou même proposé comme une voie d'accommodement aux adversaires. Cependant, Monsieur, si vous avez vous-même trouvé plusieurs de ces propositions trop faibles, quelle misère serait-ce de se voir obligé d'y revenir dans la suite, si jamais on renouait quelque chose? C'est pourquoi il me semble que si on faisait quelque écrit, on devrait bien marquer qu'on s'était même trop rabaissé pour tâcher de venir à une paix, afin de couper la suite de ces rabaissements dans les autres rencontres.

« Mais quoi qu'il en soit, je vous estime heureux de ce que Dieu vous a délivré de toutes ces rencontres fâcheuses, et que par votre fermeté les pièges de vos adversaires sont retournés contre eux-mêmes, ^< mentita est iniguitas sibi; sibi, dit saint Augustin, non mihi. Si enim consentant voluntates eorum, ajoute-t-il, jam non sibi mentita est iniguitas, sed mihi Si autem sœviant guantum voluerint, et conentur impedire cuj^sus meos, non tamen tu me des in animas eorum, remanebo ego et permanebo in veritate tua, et mentiatur

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