‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 77 sur 455 · LIVRE XXXI m · texte numérisé non relu

LIVRE XXXI m

laquelle VOUS êtes sorti de cette conférence. Je le supplie de tout mon cœur de vous fortifier toujours de plus en plus dans l'état où il vous a mis. Ce qui était vrai il y a dix ans n*est point changé. Il est de la vérité la même chose que de Jésus-Christ, Çhrislus heri et hodie. Il me souvient d'avoir ouï dire que lorsque vous écrivîtes votre seconde lettre que Ton a censurée, puisque vous ne pouviez garder le silence sans exposer la vérité aux injures de ses ennemis, ni le rompre sans exposer les personnes qui étaient à la vérité à quelque persécution, qu'il valait mieux exposer les personnes en parlant que d'abandonner la vérité en se taisant. Nous voilà maintenant dans le succès de cet avis. Dieu nous garde, s'il lui plaît, de faire quelque chose pour garantir les personnes de quelque persécution qui puisse être un jour au préjudice de la vérité.

« Voilà une partie des pensées que j'ai eues depuis près d'un mois; je vous les expose avec la simplicité de mon cœur. Ce n'est pas que je ne me trouve très faible et dans l'appréhension de ma faiblesse, s'il arrive quelque occasion où il faille plus de force qu'à parler, mais ma confiance est en Dieu qui soutient les roseaux. Il me fera par sa miséricorde la grâce de me rendre inébranlable dans la résolution qu'il me donne de tout perdre et de m'exposer à tout plutôt que de lui être infidèle. Je ne désire point m'obscurcir l'esprit et me disposer moi-même à des fautes en les justifiant par de fausses lumières. Je ne veux point faillir; mais si je fais des fautes, je ne désire point les excuser et me fermer la porte pour rentrer dans le sein de la vérité, si j'étais assez malheureux que de m'en éloigner. Obligez-moi de me faire la charité de vos prières pour m'aider à obtenir de la miséricorde de Dieu [ce] que je lui demande pour son service. Je vous regarderai toujours comme mon maître et comnie mon père en lui. Regardez-moi, s'il vous plaît, par rapport à ces deux qualités qui me font être avec toute Téffusion de mon cœur et pour jamais, Votre, etc. »

M. Lancelot*, quelque attaché qu'il fût à M. l'abbé de Saint-Gyran, dans l'abbaye duquel il se fit enfin religieux plusieurs années après cette conférence, ne laissa pas de

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