‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 2)Chapitre 96 sur 455 · CHAPITRE XXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXX

Invectives de quelques prédicateurs de Paris contre les disciples de saint Augustin à l'occasion de la rupture des conférences. M. Arnauld continue à donner avis à ses amis de Beau vais de ce qui se passe, et ils approuvent ses sentiments.

La rupture de la conférence étant répandue dans le monde, les Jésuites et leurs partisans en prirent occasion de déchirer cruellement les [disciples] de saint Augustin comme des ennemis publics de la paix de l'Eglise, qu'ils prétendaient leur avoir été offerte à de bonnes conditions.

Le P. Grasset, jésuite célèbre par la sentence d'interdiction que M. l'évêque d'Orléans avait été obligé de publier contre lui trois ans auparavant, prêchait alors le carême dans l'église paroissiale de Saint-Barthélémy, et se distinguait des autres prédicateurs par l'aigreur de son esprit et l'animosité de son zèle.

Dom Cosme, Feuillant, qui prêchait à Saint-Gervais, ne lui cédait guère, et se faisait un mérite pour sa prétention à l'épiscopat de traiter d'obstinés et d'opiniâtres ces théologiens que la seule délicatesse de conscience empêchait de recevoir la loi que les Jésuites voulaient leur faire imposer au préjudice de la vérité.

Cette grêle tombait particulièrement sur la tète de M. Arnauld, dont la fermeté faisait tout le crime. Mais il ne s'ébranlait point pour cela, et on en peut voir de nouvelles preuves par ce billet qu'il écrivit à M. Hermant le 48 mars :

« Je ne vous puis écrire qu'un mot, étant au lit depuis huit jours...' »

M. Hermant ayant reçu ce billet y répondit ainsi le 19 du même mois :

« Je vous avais écrit hier sur le sujet de votre maladie, dont j'ai appris des nouvelles par votre paquet que j'ai reçu ce matin. L'occupation que nous avons eue tout aujourd'hui (fête de saint Joseph) m'a empêché de consulter tous nos amis sur cette grande lettre que vous avez

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